Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Dieu Vivant (1945-1955). Christianisme et eschatologie
Fouilloux Etienne
CLD
18,00 €
Épuisé
EAN :9782854435696
Cette monographie vient reconstituer l'histoire d'une revue prestigieuse, Dieu vivant (1945-1955), animée par Marcel Moré, Jean Daniélou et Louis Massignon, mûrie sous l'Occupation et dans la résistance, et qui accompagna par sa dominante théologique et sa spiritualité "eschatologique" les angoisses de la Guerre froide, la vogue de "l'existentialisme", les approfondissements du dialogue oecuménique et interreligieux et les renouvellements de la pensée catholique dans le moment préconciliaire. Entre Esprit (Mounier), Critique (Bataille) et Les Temps modernes (Sartre), très liée à l'itinéraire spirituel de son principal animateur Marcel Moré (1887-1969), la revue marqua l'un des principaux carrefours intellectuels du moment, laissant ensuite une trace profonde par la qualité et la variété de ses collaborations, le tranchant dialectique de ses positionnements et l'intensité de ses sommaires. Sartre, Bataille, Queneau ou Klossowski, Michel Leiris, Brice Parain ou Jean Hyppolite, mais aussi les Pères de Lubac, Fessard, Bouyer, Urs von Balthasar, Monchanin, Claudel, Maurice de Gandillac ou Gabriel Marcel ont croisé son histoire, à des titres divers, faisant ainsi de Dieu vivant le principal organe de la "nouvelle théologie" d'après-guerre.
Avec des ouvrages à grand succès, comme La souffrance de Dieu, L'humilité de Dieu ou Joie de croire, joie de vivre, le père François Varillon a été l'une des figures marquantes du catholicisme français au XXe siècle. Par ses écrits, ses conférences, son rayonnement, il a marqué plusieurs générations de chrétiens dans son souci de présenter autrement le visage de Dieu et celui du christianisme. D'une plume claire et alerte, Étienne Fouilloux fait le portrait de ce pédagogue et spirituel hors pair. Rompant avec l'Action française dans sa jeunesse, le père Varillon a accompagné durant quelques décennies ce catholicisme engagé, imprégné des valeurs de l'Action catholique, qui prépara l'évolution conciliaire. Une belle évocation d'un homme attentif d'un même mouvement à la " beauté du monde " et à la " souffrance des hommes "
Résumé : Les compromissions de l'Eglise catholique au temps de la Seconde Guerre mondiale, les silences de Pie XI, le soutien apporté par les évêques français au régime de Vichy, ont provoqué une abondante littérature. L'entreprise d'Etienne Fouilloux est de replacer ces épisodes brûlants dans une plus longue séquence chronologique de 1937 à 1947 -, pour mieux saisir l'évolution profonde du monde catholique dans ses aspects religieux, culturels et sociopolitiques. Vingt années de travaux et de recherche permettent à l'auteur de faire l'état d'une question dont l'actualité est sans cesse réactivée ; d'éclairer des paradoxes ; de restituer le cas français dans la comparaison avec la situation romaine et avec d'autres contextes confessionnels ou nationaux.
Tous deux spécialistes des évolutions du christianisme contemporain, et très attentifs à son inscription dans la culture, Etienne Fouilloux et Michel Fourcade croisent ici les orientations de leurs recherches, leur ligne de vie autobiographique et leur propre parcours spirituel. L'histoire de la pensée et de la culture chrétiennes, dont ils refusent l'un et l'autre l'étude en vase clos, est ici rendue à l'histoire générale, dont les mutations religieuses constituent, à travers même la sécularisation ou la postmodernité, une clé d'intelligence essentielle. Leur ancrage générationnel et ecclésial différent donne aussi à ces deux témoignages, "au coeur du XXe siècle religieux", une large surface de contact avec les transformations, les crises et les défis du catholicisme postconciliaire.
En 1907, le pape Pie X condamne, sous le nom de "modernisme", une série de thèses et d'auteurs qui soumettaient la foi catholique au défi de sciences humaines en plein essor, histoire et philosophie surtout. Le danger est jugé si grave que le Saint-Siège entoure alors la recherche théologique d'un redoutable barrage défensif, dont l'outil majeur n'est autre qu'un thomisme d'école, et les principaux agents des thomistes intransigeants qui peuplent les universités et les congrégations romaines, le tribunal du Saint-Office au premier chef. Le concile Vatican II a ouvert, de façon notoire, des brèches irréparables dans un tel barrage, tant sur l'autodéfinition de l'Eglise que sur ses rapports avec la pensée ambiante. Mais comment est-on passé, en un demi-siècle, de la forteresse battue par les vagues de l'hérésie au peuple de Dieu en dialogue avec ses contemporains, fussent-ils les "maîtres du soupçon" ou leurs émules? Sur le cas français, exemplaire mais pas unique, ce livre s'efforce de retrouver les choix intellectuels qui, non sans risques, ont permis la percée des années 1960: le recours à l'histoire pour lire le thomisme, un retour aux sources du christianisme et des emprunts aux philosophies de l'intériorité, principalement. De Gardeil à Chenu, sans oublier Maritain, et de Blondel à de Lubac, sans oublier Laberthonnière ni de Montcheuil, il restitue ainsi cinquante ans d'histoire de la pensée catholique française à son contexte, ecclésial et général. Biographie de l'auteur Etienne Fouilloux est agrégé d'histoire et docteur ès-lettres. Il enseigne l'histoire contemporaine à l'université Lumière-Lyon 2. Il consacre depuis trente ans ses recherches à l'histoire de la pensée chrétienne au XXe siècle: genèse du mouvement oecuménique; rôle des chrétiens dans les deux guerres mondiales; rapports entre initiatives périphériques et autorité romaine au sein du catholicisme.