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Design & Crime
Foster Hal ; Lahache Florent
AMSTERDAM
15,00 €
Épuisé
EAN :9782354801861
Attention à vos désirs, ils pourraient bien se réaliser sous une forme cauchemardesque - telle est selon Hal Foster la morale qui domine notre époque. Design et crime, reprenant un siècle après le titre de la célèbre diatribe de l'architecte Adolf Loos ("Ornement et crime"), part de ce constat : que la postmodernité a bien accompli le rêve moderne d'une dissolution de l'art dans la vie, mais sous la forme aliénée d'une "indistinction" entre l'art et le design - entendons, entre l'oeuvre et la forme-marchandise. Ce qu'il advient alors de la culture quand elle se trouve ainsi placée sous le signe du marketing et du spectaculaire est précisément l'objet de ce livre. Interrogeant tour à tour l'architecture, le musée, l'histoire de l'art, la critique et l'esthétique contemporaine, Hal Foster procède par repérages des antinomies propres à la culture postmoderne (art noble et culture populaire, provocation et compromission, exposition et réification, spectralité et traumatisme). La force de son livre est moins de prétendre les résoudre que de montrer qu'elles conditionnent les modalités du discours critique, les catégories par lesquelles nous pensons le présent. Il ne s'agit pas de "réanimer le cadavre" (celui de la modernité), mais de diagnostiquer le vivant, fût-il mal en point...
Pop est le septième ouvrage de la collection « Thèmes et mouvements » traduit en français. Il propose une étude complète de la Beat Generation dans les années 1950 à la période psychédélique de la fin des années1960. Dans la préface, Mark Francis souligne le paradoxe d'un mouvement qui devait être éphémère et insignifiant et qui, en réalité, n'a jamais disparu. Puis, Hal Foster propose une étude typologique de l'image Pop plutôt qu'une histoire du Pop Art. En s'appuyant sur les oeuvres de plus de 200 artistes internationaux, l'auteur révèle dans quelle mesure le Pop Art est une fusion entre peinture, sculpture et photographie, et entre produit artisanal et produit manufacturé. Les thèmes récurrents couvrent l'ensemble des images liées à notre environnement : voiture, cinéma, autoroute, enseigne, etc. Mark Francis, commissaire d'expositions et écrivain, est basé à Londres. Il a été conservateur en chef au Andy Warhol Museum de Pittsburgh et son directeur fondateur. Il est l'auteur du catalogue publié lors de l'exposition, « Les années Pop », au centre Georges-Pompidou à Paris en 2001. Hal Foster enseigne l'art et l'archéologie à Princeton University. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont The Anti-Aestetic: Essays on Postmodern Culture (1983) et Recoding : Art, Spectacle, Culture Politics (1985), Compulsive Beauty (1993) et Le Retour du réel : Situation actuelle de l'avant-garde(1996).
Compte-rendu polémique des rapports incestueux qu'entretiennent la culture et le capitalisme contemporains, cet ouvrage s'intéresse plus particulièrement aux évolutions récentes du statut culturel du design et de l'architecture, ainsi que de l'art et de la critique, en Occident. Avec l'avènement de l'économie post-fordiste, de ses produits ciblés et de ses marchés de niche, nous vivons dans un circuit sans fin de production et de consommation. Dans ce nouvel ordre des choses, l'étalage ou l'exposition (display) joue un rôle essentiel, ainsi que le design et l'architecture. Certaines des idées de la culture critique ont en revanche perdu de leur force et de leur substance. A tel point qu'on peut se demander si le "sujet construit" du postmodernisme n'est pas devenu le "sujet design" du consumérisme. Et si le champ étendu de l'art de l'après-guerre ne s'est pas transformé en espace administré du design contemporain. S'attacher à montrer le lien entre les formes culturelles et discursives, d'une part, et les forces sociales et technologiques, de l'autre - et les périodiser afin de souligner les singularités d'ordre politique propres au monde d'aujourd'hui - est la principale ambition de ce livre. Mais au-delà des possibilités critiques du temps présent, c'est bien "une insatiable prédilection pour l'alternative", qu'il s'agit de promouvoir. Biographie de l'auteur Célèbre critique et théoricien d'art, éditeur de la revue October, Hal Foster enseigne l'histoire de l'art moderne à l'université de Princeton. Son livre Le Retour du réel. Situation actuelle de l'avant-garde, a été traduit en français aux éditions La Lettre volée.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.