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La Remise à bateaux
Fosse Jon
CIRCE
17,50 €
Épuisé
EAN :9782842422325
Deux amis d'enfance se retrouvent après une longue séparation. L'un - le narrateur - est resté au village, n'a pas fait d'études, habite toujours chez sa mère et vivote en jouant de la guitare dans les bals du samedi soir. L'autre - Knut - est parti en ville, a fondé une famille et est devenu professeur de musique. Il revient maintenant pour les vacances avec sa femme et ses enfants. Pendant trois jours d'été un drame va se nouer entre le narrateur, Knut et sa femme - drame où se mêle le désir et la jalousie et qui prend sa source dans l'enfance des deux hommes.. D'une rare intensité, portée par une langue rythmée et obsédante, La Remise à bateaux (Naustet, 1989) a imposé Jon Fosse comme un des auteurs les plus importants des pays nordiques. Je cherche une écriture simple et concrète et j'espère toucher en même temps aux grandes questions de la vie . La langue de Jon Fosse sape les habitudes et le confort du lecteur. Toute son oeuvre se développe en tension entre l'intimité du foyer scandinave, et l'inquiétante immensité du fjord au bord duquel il a grandi.Jon Fosse, né en 1959, est aujourd'hui considéré comme un des plus grands écrivains européens. Romancier, poète et dramaturge, il est traduit dans de nombreuses langues, et son théâtre est joué dans tous les pays européens, au Canada et au Japon. La Remise à bateaux est son quatrième roman à être traduit en français, après Melancholia I (P.O.L., 1998) et Melancholia II (Circé, 2000) et Matin et Soir (Circé, 2003).
A l'approche de Noël, Asle se rend dans une ville côtière de la Norvège pour préparer sa prochaine exposition. La veille, il a retrouvé son homonyme - son sosie, son double -, qui a échappé de peu à la mort. Sous la neige qui ne cesse de tomber, Asle prend le volant et se souvient de leur rencontre à l'Ecole des beauxarts. Ils partagent alors une ressemblance troublante, s'habillent à l'identique, boivent beaucoup, et ont les mêmes aspirations artistiques. Mais bientôt leurs chemins bifurquent : tandis que l'un fait la connaissance de sa future compagne, l'autre sombre irréversiblement dans la boisson après une déception amoureuse. Dans ce deuxième volet de Septologie, son chef-d'oeuvre romanesque, Jon Fosse explore les doutes et les tremblements qui nous animent à la fleur de l'âge et façonnent à jamais notre existence.
Avant de se mettre au travail, il s'était fixé comme objectif d'écrire une pièce avec peu de personnages réunis en un seul endroit. L'histoire devait se dérouler sans rupture dans le temps : un programme dramaturgique donc des plus classiques. Malgré la présence de cette unité d'action, de temps et de lieu, Et jamais nous ne serons séparés - comme ses autres pièces - ne ressemble nullement à une pièce classique. Les "mouvements" des personnages sont réduits au minimum. Les phrases clés sont, comme un leitmotiv dans une oeuvre musicale, souvent répétées. Ainsi Fosse crée au théâtre ce qu'on appelle au cinéma des gros plans et des ralentis. Sauf que Fosse n'utilise pas ces moyens d'une façon ponctuelle. Il en fait son style et l'angoisse, l'isolement, cet état entre vie et mort dans lequel ses personnages courent le monde, y trouvent parfaitement leur expression.
Résumé : Nous sommes sur la côte sud-ouest de la Norvège, quelques jours avant Noël. Asle, un peintre veuf, mène une vie recluse ; ses deux amis sont un voisin, Asleik, un pêcheur traditionnel, et Beyer, son galeriste. A Bjorgvin, la grande ville d'à côté, habite un autre homme du nom de Asle. Lui aussi est peintre, mais vit dans la solitude la plus complète et est alcoolique au point d'y perdre la santé. Pour une raison ou pour une autre, Asle entend ramener son homonyme du côté des vivants. L'Autre Nom se déroule sur quelques heures de la vie d'un homme confronté aux grandes questions de l'existence : le deuil, la mort, les silences qui nous lient ou nous éloignent les uns des autres. Ecrit dans une langue hypnotique et musicale capable d'exprimer les fluctuations les plus subtiles de la conscience, c'est un grand roman qui explore la façon dont nous luttons tous pour garder l'espoir et la foi dans un monde sans transcendance.
Un cimetière à la fin de l'automne. Un homme et une femme se croisent sur un banc. On devine une relation amoureuse passée - ou à venir ? Autour d'eux tout le monde s'affaire, s'agite, le temps semble s'accélérer, toujours en suspens. Que s'est-il passé ? Des fantômes ou flottements de présences nichés dans les souvenirs, qui évoquent ces "voix des limbes" dont parlait Jacques Lassalle.
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour , et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé". (Rilke à Merline, le 28 septembre 1920). Rainer Maria Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien-Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la figure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
Anna Akhmatova (1889-1966) eut très tôt conscience d'avoir donné la voix aux femmes dans la poésie russe en leur " apprenant à parler de l'amour ". Dès ses deux premiers recueils Le Soir et Le Rosaire, parus en 1912 et 1914, elle devient une star avant la lettre, étant imitée par les jeunes femmes dans sa façon de s'habiller et de se coiffer, suscitant surtout une multitude de vocations poétiques et d'épigones durant des décennies, en dépit même de l'ostracisme officiel, de l'interdiction de publier qui la frappera en 1926-1939, puis de 1946 à 1958. Aujourd'hui encore, les jeunes mariées se voient offrir un livre de celle qui pour les russophones restera à jamais le chant même de l'amour. La nouveauté radicale d'Akhmatova, qui représentait aux côtés de Goumiliov et Mandelstam le mouvement acméiste appelé à rompre avec le flou métaphysique et formel du symbolisme, résidait moins dans la " déferlante amoureuse " de sa poésie que dans une poétique inédite. Ayant " puisé dans la prose russe du dix-neuvième siècle sa sensibilité morale, la vérité des motivations psychologiques ", elle fait de chaque poème un fragment de nouvelle ou de roman, une page arrachée à un journal intime, retraçant toutes les phases et situations de l'aventure amoureuse. " L'héroine lyrique, comme le notait dès 1923 le grand critique russe Boris Eichenbaum, est un oxymore incarné, tressant l'émouvant et le sublime au terrestre et à l'effrayant, la simplicité à la complexité, la sincérité à la malice et la coquetterie, la bonté à la colère, l'humilité monastique à la passion et la jalousie ".
Pour qui chercherait ici des définitions de la modernité, la lecture sera décevante. L'histoire du siècle passé, celle que pour l'instant nous vivons (mais savons-nous ce que nous vivons ? avons-nous la moindre idée de ce qui se fomente ?), ont donné d'autres significations à ce qui, par exemple, pour Rimbaud précisément, se jouait dans l'ordre de l'" inouï, du fulgurant, de l'illuminant ". D'autres idées sur ce qui peut être appelé " commencement " se sont frayé, se frayent leur chemin. Elles les discernent, ces commencements, comme plus dispersés, plus dissimulés, moins spectaculaires, et surtout, tributaires de la répétition, du ressassement, parfois de l'après-coup de mornes rabâchage. Tout dans ce numéro, sans en faire systématiquement la critique, est à côté des idées qui ont cours sur la modernité et la post-modernité. L'inattendu se révèle véritablement inattendu, sans tambours ni trompettes, la plupart du temps en marge du champ officiel de la pensée, et parfois du champ social de l'innovation. C'est, pour nous, de ce côté que sont les surprises.