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Montaigne en politique
Fontana Biancamaria ; Stonborough Françoise
AGONE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782748901740
L'image de Montaigne en sage impassible et souriant dissimule la révolte et l'indignation qui animent les Essais : le genre humain est tragiquement divisé entre les riches à l'excès et ceux qui sont démunis de tout, entre les victimes de persécutions et leurs oppresseurs. La réalité de l'injustice et de la domination n'est pas un état de nature : ce n'est qu'au sein de dispositifs sociaux complexes qu'on laisse des gens mourir de faim au seuil des maisons gorgées de nourriture, qu'on les sacrifie à l'ambition des puissants ou qu'on les torture au nom de quelque point de doctrine obscur. La cible principale de la révulsion de Montaigne sont ceux qui osent de leur pouvoir pour écraser les moins privilégiés : fonctionnaires cupides, aristocrates vindicatifs, meneurs religieux fanatiques, gouvernants sans foi ni loi et colonisateurs sans merci.
Ignorée ou méconnue par la majorité des Suisses, la République helvétique (1798-1803) a souvent été vue comme un épisode marginal dans l'histoire nationale. Elle a pourtant joué un rôle décisif dans la mise en place des institutions de la Confédération moderne. Son héritage politique continue à vivre dans les affrontements contemporains autour de la crise de la représentation démocratique, de la place de la Suisse en Europe et de la mondialisation. Dans son essai, Biancamaria Fontana propose une nouvelle lecture de cette expérience en replaçant la République helvétique dans le contexte des grands débats européens de l'époque. Elle explore les relations entre la Suisse et la France révolutionnaire et met en lumière l'originalité de la contribution des acteurs politiques et des intellectuels suisses ? de La Harpe à Benjamin Constant et Germaine de Staël ? à la réflexion post-révolutionnaire sur le fédéralisme et sur la démocratie représentative.
Comment la Révolution française a-t-elle pu déraper du libéralisme vers la Terreur ? De la proclamation de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen à la répression violente mise en oeuvre par le Comité de salut public ? Pour le comprendre, Bernard Manin offre dans ce livre inédit une analyse magistrale des actes et des discours révolutionnaires. Le virage autoritaire a été souvent expliqué par l'emprise de l'idée de volonté générale et la toute-puissance supposée du législateur. S'opposant à cette lecture, l'auteur montre que les révolutionnaires, influencés par Montesquieu bien plus que par Rousseau, entendaient séparer les pouvoirs afin de mieux les limiter. Mais la balance des pouvoirs établie par la Constitution de 1791 s'est révélée inadaptée aux situations de crise. Ils ont alors cru pouvoir, suivant la formule de l'Esprit des lois, "mettre, pour un moment, un voile sur la liberté" . La Terreur est née, non de la suprématie des lois, mais de leur suspension au nom de l'urgence. Cette enquête historique et philosophique sur la Révolution livre une réflexion profonde sur la fragilité des institutions libérales, menacées à la fois par le déséquilibre des pouvoirs et la tentation du recours au gouvernement d'exception.
« En août 1988, à la suite d'un concours de circonstances, je me suis inscrit dans un club de boxe d'un quartier du ghetto noir de Chicago. Je n'avais jamais pratiqué ce sport, ni même envisagé de le faire. Hormis les images stéréotypées que chacun peut s'en former à travers les médias, le cinéma ou la littérature, je n'avais eu aucun contact avec le monde pugilistique. Je me trouvais donc dans la situation du parfait novice. Trois ans durant, j'ai participé aux entraînements aux côtés des boxeurs du cru, amateurs et professionnels, à raison de trois à six séances par semaine. À ma propre surprise, je me suis pris au jeu, au point de passer mes après-midi au gym avant de passer entre les cordes disputer un combat officiel. Les notes consignées au jour le jour dans mon carnet de terrain (initialement pour m'aider à surmonter un profond sentiment de maladresse et de gêne physique, sans nul doute redoublé par le fait d'être le seul Blanc de la salle), ainsi que les observations, photos et enregistrements réalisés lors des tournois et "réunions" où se produisaient des membres de mon club ont fourni la matière des textes qu'on va lire. »
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.