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L'épreuve des frontières sociales
Fontaine Marion ; Pedler Emmanuel
EHESS
24,80 €
Épuisé
EAN :9782713229114
Les frontières sociales et culturelles qui séparent les milieux, les mondes, les catégories ont fait l'objet ces dernières années d'un intérêt renouvelé. Ces frontières sont cependant souvent vues comme de purs actes de pouvoir, s'imposant de l'extérieur aux actrices et aux acteurs. L'objectif de ce volume est, en croisant les apports des sciences sociales, de proposer une perspective un peu différente. Il s'agira ici de décrire les dynamiques qui conduisent à l'édification de frontières, à leurs consolidations ou à leurs transformations. Si les classes et les milieux semblent vivre une vie séparée, ces catégories ne deviennent réalité qu'en étant mises en oeuvre et expérimentées par les acteurs. Ces mises à l'épreuve doivent permettre de saisir les frontières moins comme des barrières définies une fois pour toutes, que comme des processus en permanence réaménagés par les individus et les collectifs qui leur prêtent vie.
L'analyse du parcours du club ébauche les traits d'une histoire sociale renouvelée, questionnant les termes à la fois éculés, et toujours problématiques, d'appartenance, de communauté, de mémoire. Elle montre comment nos différentes appartenances (sociales, territoriales, nationales, sexuées, politiques) s'emboîtent ou se déboîtent, de façon toujours provisoire. En confrontant le plus classique, des mineurs érigés en statue figée du prolétariat, et le plus ludique, le ballon et le stade, ce livre donne ainsi un autre aperçu du processus chaotique à travers lequel s'est fait, puis s'est défait, un monde industriel et ouvrier, déjà si éloigné, et pourtant encore si proche de notre présent.
Jaurès Jean ; Fontaine Marion ; Chatriot Alain ; C
La période du 1er juin 1910 au 30 septembre 1912 met le Jaurès de la maturité aux prises avec son siècle. Sur le plan international, le danger de la guerre se précise avec l'ouverture de conflits dans les Balkans. Les possibilités d'affrontements sanglants entre nationalités prennent corps, ainsi que les rivalités et les ambitions des grandes puissances. La recherche de solutions alternatives pour la paix laisse simultanément entrevoir une voie vers la coopération européenne. Autant d'éléments qui nourrissent les discours et écrits de Jean Jaurès dont la stratégie internationale dépasse le cadre européen : nationalisme hindou et propositions américaines d'arbitrage, par exemple. En politique intérieure, Jaurès s'attelle à la grande bataille pour la Représentation proportionnelle (RP) qui soulève la question des alliances et, en filigrane, de la conception de la République et de la démocratie. Un combat de plus, en ces années de luttes, marquées par la grève des cheminots ou la poursuite des débats sur les retraites, qui mettent en jeu droits des travailleurs et prémices de l'Etat social. Dans les congrès nationaux et internationaux se forgent également les contours de l'identité socialiste au gré des controverses, sur le rapport à entretenir avec la franc-maçonnerie, le syndicalisme, ou sur la position de L'Humanité, journal du parti ou journal socialiste. A l'heure où les menaces s'accumulent, où se pose la question des chemins à suivre pour le mouvement ouvrier, Jaurès incarne plus que jamais la voix du socialisme. Edition préparée sous la direction de Marion Fontaine, professeure des universités à Sciences Po, en collaboration avec Alain Chatriot, professeur des universités à Sciences Po, Fabien Conord, professeur des universités à Clermont-Ferrand, et Emmanuel Jousse, maître de conférences à Sciences Po Lyon.
La figure de Pierre Mauroy apparaît aujourd'hui nimbée de nostalgie, souvenir d'un socialisme sépia, militant, populaire, fidèle à l'héritage du parti de Jaurès et de Blum. Mais la légende ou l'idéalisation ne sont qu'un reflet très imparfait de la richesse de son parcours. Maire et élu local, militant puis acteur-clef du Parti socialiste et de l'Internationale socialiste, premier chef de gouvernement, enfin, de la gauche au pouvoir en 1981, P. Mauroy atteste, par sa trajectoire et ses expériences, la pluralité et la dynamique des engagements et de la vie du socialisme français et européen au second XXe siècle. Fruit d'un colloque rassemblant chercheurs nationaux et internationaux, sociologues, politistes et historiens, ce livre entend revenir sur les différents aspects de l'acteur politique et en restituer toute la portée et la fécondité : des conditions de l'ascension dans un socialisme en reconfiguration jusqu'à l'expérience du pouvoir, de la conception du parti et de l'idée socialistes jusqu'à l'action de l'élu et aux débats sur l'avenir du projet socialiste au XXIe siècle. Il s'agit par-là de démontrer tout ce que la figure de P. Mauroy peut apporter à la compréhension du passé de la gauche, et, peut-être, à une meilleure appréhension de ses crises et de ses interrogations au présent.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?