Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
MUCHACHA PUNCK
FOGWILL/
PASSAGE DU NO
16,00 €
Épuisé
EAN :9782914834209
On dit volontiers de l'Argentin Rodolfo E. Fogwill (Buenos Aires, 1941) qu'il est excentrique ou simplement fou, un peu comme ces hommes Chants de matelots dans les pampas qui ont " tout quitté recommencer ", déroutants et insaisissables dans leur mobilité perpétuelle. Escorté par les rumeurs d'une vie sulfureuse, c'est en fait ses premiers pas dans l'écriture, sorte de pampa littéraire où les grands aînés (Borges, Bioy Casares, Cortàzar) avaient traqué la piste d'un réel incertain. Dynamiteur devant l'Eternel, proche de César Aira et d'Osvaldo Lamborghini, Fogwill creuse un sillon très personnel en affrontant la réalité de l'Argentine contemporaine. Dans sa besace, une riche variété d'armes explosives centrée sur les jeux de l'écriture, dont le présent recueil de nouvelles offre un éventail : il s'empare avec audace de monuments littéraires tels que l'Aleph Orlando et les réinterprète sur fond de drogue, de sexe et de corruption pour le premier, de conflits mondiaux pour le second ; il bobine le lecteur dans Le Long Rire de toutes ces années, le fait participer à la construction d'un récit dans Muchacha Punk ou l'invite à revisiter les stéréotypes du polar ou du scénario politique dans Libération de femmes. Autant de manières d'amener le lecteur au cœur de la violence et de la barbarie, celles d'une Argentine taraudée par les guerres et les dictatures successives. Ecrites entre 1979 et 2002, ces nouvelles portent la marque d'un passé qui ne s'oublie pas et déborde dans les marges du présent.
Résumé : En 1982, la dictature argentine agonisante décide d'envahir les Malouines, territoire anglais que l'Argentine revendique depuis toujours, afin d'en reprendre possession. Ce sera le déclenchement d'une guerre éclair incroyablement meurtrière. Face à la puissance de frappe sans faille de l'Angleterre thatchérienne, les troupes argentines font pâle figure et capitulent au bout de trois mois. Les soldats Pipo et Quiquito ont à peine vingt ans. Terrifiés, frigorifiés, inexpérimentés, ils se terrent avec leurs compagnons d'infortune dans les tunnels d'une île inhospitalière des Malouines. La nuit, ils s'aventurent à la surface pour se ravitailler tant bien que mal. Puis ils regagnent leurs tanières au lever du jour, où ils attendent, au son de la radio anglaise, des bombes assourdissantes et des histoires qu'ils se racontent inlassablement, la fin de la guerre. Une guerre absurde et perdue d'avance. Fogwill tire de ce conflit violent et méconnu un court récit d'une force inouïe. Il nous parle de la guerre, dépouillée de tout héroïsme ou patriotisme, de ces êtres sommés d'y risquer leur peau, pour une cause clairement futile aux yeux du monde. Le froid, les odeurs, le bruit, l'entraide et les coups durs sont restitués avec un réalisme bouleversant.
A présent, nous avons atteint le septième stade de l'emprise narcotique. De retour à l'Abbaye du Cauchemar, nous célébrons la victoire de notre ami Engelbrecht à grand renfort d'opiacés. Ectoplasmes, sorcières et entités affreuses venues des confins de l'espace-temps abusent des fumées en l'honneur du boxeur nain. Si aucune de ces créatures ne peut affirmer avec certitude qu'Engelbrecht tire des amphétamines son inépuisable courage, toutes - à l'exception peut-être de Chippy de Zoète, l'éthernél poison - vous diront qu'il a définitivement marqué de son empreinte minuscule la légende du sport surréaliste. Lizard Bayliss, le pessimiste manager du teigneux homoncule, se lance alors dans la lecture des Exploits d'Engelbrecht entre deux lampées de liquide d'embaumement, et nos invités des outre-mondes ne peuvent réfréner un râle de plaisir au récit du combat titanesque livré par l'avorton contre'le Kraken. Les histoires s'enchaînent et la lycanthropie nous gagne - à l'exception de Salvador Dali, toujours coincé dans son cabinet anthropomorphique. Ce soir, bien des rires hideux s'envoleront dans la nuit des temps.
Résumé : Lorsque le 13 avril 1861 les troupes confédérées du général Beauregard s'emparent de Fort Sumter, depuis six ans déjà la frontière entre le Kansas et le Missouri est à feu et à sang. Maquisards abolitionnistes venus du Nord et guérilleros sudistes s'affrontent en une vendetta faite de granges brûlées et d'exécutions sommaires. Un jour de printemps 1858, la femme et le fils de Josey Wales sont assassinés par une bande de ruffians à la solde de l'Union. Commencent alors pour le jeune fermier des Ozark Mountains des années de combat aux côtés des plus célèbres rebelles de l'époque. Bloody Bill Anderson, William Quantrill et Jesse James. Mais une fois signée la paix d'Appomattox, bon nombre d'irréguliers refusent de faire allégeance et de déposer les armes. Ces réprouvés deviennent alors des hors la loi dont l'unique salut est la fuite vers le Texas. De cet épisode méconnu de la guerre de Sécession. Forrest Carter fait un roman de la quête identitaire, un hymne aux grands espaces où la survie dépend d'une paire de colts 44. Mais The Rebel Outlaw Joser Wales c'est aussi l'histoire d'un homme qui, à l'instar d'un pays, veut se reconstruire. Pour cela, quoi de mieux que l'amitié d'un vieux Cherokee, d'une Cheyenne à moitié folle et d'un chien galeux sur lequel on peut cracher sa haine ?
Dans la continuité de Mouvement perpétuel, Le Mot magique est un sésame qui ouvre grand les portes de l'univers poétique d'Augusto Monterroso. Le maître de la forme brève et plurielle récidive avec toujours plus de mordant et d'humour, toujours plus de liberté dans ses considérations sur la littérature et les écrivains. Essais, micro-récits, anecdotes, aphorismes ou réflexions sont autant d'éclats d'une ?uvre ouverte modelée par l'amour de la langue. Qui se fait corrosive lorsqu'elle dénonce l'ethnocentrisme des pays développés - la fascination stupide pour l'exotisme dans Poésie quechua ou la façon dont le Vieux Monde considère les dictatures latino-américaines en oubliant les siennes -, et satirique lorsqu'elle brocarde la critique littéraire et ses Jeux érudits sur Gongora, par exemple, ou les délires des traducteurs. Mais rien n'égale l'éloge des écrivains, Shakespeare, Horacio Quiroga, Charles Lamb, Kafka, de véritables "maladies" selon les mots de Monterroso, qui témoignent de sa passion indéfectible pour la littérature: "Il existe [des] maladies que l'on connaît sous le nom de Proust,Joyce ou Kafka [...]. Ils nous envahissent, s'emparent de nous et pendant très longtemps nous pensons et nous agissons de manière joycienne ou kafkaïenne, comme il arrive que le tuberculeux finisse par n'être plus que l'expression de ses propres bacilles."
C'est dans une station de métro désaffectée, aux côtés des insurgés du capitalisme totalitaire, que l'ex-directeur du Fonds monétaire international se terre, et attend son heure. En surface, ses ennemis savourent leur victoire. Les charmes d'une modeste femme de chambre auront suffi à briser ce social-démocrate décadent hostile aux desseins de l'Empereur. Dès lors, nul ne pourra s'opposer au plus fabuleux hold-up de l'histoire. Mais c'est sans compter sur les pouvoirs démoniaques du dieu K, sur ses troupes misérables tapies dans les souterrains de Manhattan. Entre deux massages très spéciaux, prodigués par la sublime Wendy, DK prépare le Grand Soir. D'un fait divers, Juan Francisco Ferré tisse un artéfact fictionnel où convergent les maux de notre société. L'analyse psychologique d'un homme de pouvoir permet à Ferré de s'introduire dans les égouts du système capitaliste actuel. Karnaval devient alors un roman foncièrement politique, une satire exubérante qui pose une fois encore la question du rôle de la fiction.