Cette étude décrit le fonctionnement de la justice pénale, en prenant comme champ d'observation privilégié, la R.D. Congo qui, comme la plupart des Etats francophones africains, a adopté le système d'origine romano-germanique. Sont analysées les déficiences majeures de cette justice se résumant à la double distorsion : d'une part, entre certaines normes et les réalités socioculturelles et géographico-économiques ; d'autre part, entre la réponse pénale aux infractions et la mentalité des justiciables. D'où la défiance de ces derniers et leur recours aux modes de régulation des conflits qui s'inscrivent dans la "zone de persistance" des traditions. Ce constat conduit l'auteur à préconiser, pour le traitement de la délinquance ordinaire, une "politique criminelle participative à dominante victimocentrée (PCPDV)" visant à encourager la résolution du litige victime/auteur de l'infraction par la reconnaissance des droits de chacun, la promotion du dialogue-conciliation entre les deux parties, le replacement de la "réparation" au coeur de la justice et l'organisation de la prévention autour de la protection et de l'éducation des victimes potentielles. Politique qui se recentre ainsi sur la personne humaine, rétablit l'équilibre de la balance et réalise une symbiose de la tradition africaine avec la modernité universelle. Cette même "zone de persistance" se retrouve ailleurs en Afrique mais également, sous d'autres aspects, en Occident (USA, Canada, France, Italie), comme le démontrent les études criminologiques rapportées par l'auteur. Dès lors, questionne la préfacière, "cette zone de persistance n'est-elle pas simplement humaine ? "
Fofé Djofia Malewa Jean-Pierre ; Akele Adau Pierre
La question cruciale dominant le traitement du dossier du génocide rwandais est celle de la preuve. L'analyse de l'affaire S.I. dans le procès Cyangugu permet de l'observer. Le débat fondamental ne se déroule pas, en effet, autour de la nécessité de sanctionner sévèrement les auteurs de ce drame sur laquelle tout le monde est d'accord, mais plutôt sur le point de savoir qui a perpétré ces crimes abominables unanimement déplorés et réprouvés. Afin que justice passe, il faut que, dans chaque cas, soit faite la démonstration de la réalité de la commission des faits criminels clairement et exhaustivement décrits dans l'acte d'accusation ; de l'imputabilité de ces faits à telle ou telles personnes bien déterminées et nommément citées ; de la confrontation de ces faits aux textes d'incrimination pour établir les qualifications légales applicables, les liens existant entre elles et les sanctions à infliger à l'accusé ou aux accusés. Il appartient au procureur de présenter ces démonstrations probantes en les soumettant aux débats contradictoires devant les juges. L'examen de l'espèce S.I. montre malheureusement que le ministère public ne s'est pas acquitté honorablement de ce devoir, probablement parce qu'il n'a pas eu une correcte perception du principe gouvernant la charge de la preuve en matière pénale. Cette vision erronée a entraîné un manque de rigueur dans la recherche des preuves convaincantes. Ce qui a débouché sur un résultat peu satisfaisant, caractérisé par l'insuffisance voire l'absence de preuve de l'existence de certains crimes.
Les populations des pays des Grands Lacs Africains - Rwanda, Burundi, Ouganda, R.D. Congo (partie orientale) - subissent depuis longtemps des crimes pouvant être qualifiés de crimes de guerre, crimes contre l'humanité, voire génocides, tous jusqu'ici largement impunis. Pour parvenir à la paix des cœurs, la paix durable, et à la stabilité, il faut que justice soit faite. La réconciliation pourra suivre. Mais il doit s'agir d'une autre justice que celle des vainqueurs, d'une justice indépendante du pouvoir politique en place, capable de rechercher et d'établir toutes les responsabilités - des premiers et seconds couteaux, y compris des pressions étrangères -, apte à poursuivre et juger tous les acteurs et à assurer l'indemnisation des victimes. La Cour Pénale Internationale, entrée en vigueur le 1er juillet 2002, semble l'instance juridique internationale appropriée. Les dispositions qui la fondent et la régissent répondent en effet aux conditions requises pour l'exercice d'une justice égale pour tous, supranationale, neutre, disposant des moyens matériels nécessaires, et favorable à la participation active des victimes aux procès. Son action doit évidemment être complétée par d'autres instances et mécanismes conçus pour connaître des crimes antérieurs à la date de sa mise en œuvre, et incluant dans leurs objectifs l'éducation et l'information des populations.
Quels sont les principes et règles prévus dans la législation régissant les infractions et les sanctions en RDC ? Cet ouvrage analyse les textes légaux nationaux et les instruments internationaux ratifiés par la RDC. Pour compléter l'étude, l'auteur a également examiné la jurisprudence des cours et tribunaux de ce pays, la doctrine nationale et étrangère, les travaux et rapports des commissions et colloques. Il ouvre ainsi suffisamment le faisceau du phare pour mettre en lumière à la fois l'appartenance du droit pénal congolais à la famille juridique romano-germanique et les voies spécifiques que ce dernier adopte. L'ouvrage est structuré en trois grands ensembles. Le premier, introductif, éclaire la place prééminente de la loi, lato sensu, justifiant le principe de la légalité des délits et des peines ; les conditions et mécanismes d'application de la loi pénale, son interprétation, sa sphère d'application spatio-temporelle ; ainsi que le dualisme, caractérisant le droit pénal congolais, dû à la coexistence d'un droit écrit d'inspiration occidentale et d'un droit coutumier d'inspiration locale. Le deuxième étudie l'acte prohibé, qualifié d'infraction, et les protagonistes : délinquant, personne physique ou morale ; victime, actrice dans la poursuite... Le troisième traite de la réaction de la société, avec la sanction, après l'établissement de l'infraction et son imputabilité à tel individu déterminé. Il explique, notamment, les différentes peines prévues en RDC, un arsenal dominé par la servitude pénale et marqué d'une innovation inspirée de la conception traditionnelle de la justice conciliatoire : la réparation-sanction. Un grand manuel de droit pénal pour la RDC.
Après douze ans de fonctionnement de la Cour pénale internationale, il s'est avéré utile d'analyser et de systématiser les règles procédurales et méthodologiques gouvernant la présentation des éléments de preuve devant cette haute instance pénale. Certaines de ces règles régissent l'administration de la preuve testimoniale qui s'opère notamment au travers de l'interrogatoire principal, du contre-interrogatoire, des questions des représentants légaux des victimes et de la chambre. D'autres organisent la production de la preuve documentaire qui se réalise soit par le truchement des témoins, soit par Bar Table Motion, mécanisme permettant à une partie de verser certaines pièces directement au dossier. Toutes reposent sur le souci d'assurer l'équité et l'impartialité du procès, le respect du principe du contradictoire et de la loyauté dans les débats, et ont comme leitmotiv l'éclosion de la vérité. Pour en faciliter la compréhension, leur explication théorique est nourrie d'expériences pratiques vécues lors des audiences de la CPI et montrant comment elles sont concrètement mises en oeuvre par les différents acteurs participant à la procédure. Aussi, l'ouvrage se veut-il un outil efficace de travail pour les conseils appelés à prester devant cette Cour et une source d'enseignements pour des juristes achevés ou en formation, autant que pour toute personne ou organisme s'intéressant au déploiement et à l'évolution de la justice pénale internationale.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.