Même s'il est beaucoup question d'égalité dans cet ouvrage, osons écrire que les pages réunies ici nous offrent une manière de privilège : entendre ces trois voix exceptionnelles que sont les historiennes Mona Ozouf et Michelle Perrot, avec la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury. [..] A force de concentrer l'essentiel de nos existences derrière des écrans, notre humanité technologique aura mesuré les limites du "distancie)", et les vertus du "présentiel". Lire les entretiens des trois personnalités réunies dans ce recueil procure beaucoup d'apaisement par la profondeur de la réflexion comme par l'humanité des réponses, par la combativité aussi que suppose la défense de chaque terme de la devise républicaine. Voilà pourquoi, nous lecteurs, sommes des privilégiés. " Eric Fottorino Directeur de l'hebdomadaire Le 1
La tradition philosophique occidentale a souvent mis en accusation la faculté de l'imagination. Il s'agit de donner sa place en philosophie à une "imagination active, créatrice". Il faut qu'une "philosophie de l'imaginal" se mette en place, que l'imagination soit reconnue comme une faculté d'accès à "plus" de réalité. C'est le but de ces contributions qui, dans la lignée du travail de Henry Corbin, cherchent à revaloriser le rôle de l'imagination comme celui de l'image, de l'imaginaire ou encore de l'imaginal et à montrer comment ces différentes notions participent de la cohérence de l'activité intellectuelle.
Résumé : Pourquoi "dialoguer" avec l'Orient ? Le dialogue se serait-il rompu ? A-t-il d'ailleurs jamais réellement existé ? Il semble que nous vivons aujourd'hui dans un monde divisé, partagé, ayant fait le deuil de l'idée de fraternisation universelle. Pour modifier le contexte sinistré des relations de l'Occident avec l'Orient arabo-musulman, pour redéfinir un horizon possible de la réconciliation, il faut sans doute revenir à la Renaissance. Car cette époque est celle d'un rapport fécond entre Orient et Occident, notamment grâce à deux foyers du platonisme, celui de Perse et celui de la Renaissance florentine. C'est en convoquant Marsile Ficin, Sohravardî, Nicolas de Cues, Rûzbehân, Pic de la Mirandole, Ibn Arabî et Giordano Bruno, que Cynthia Fleury relit ces échanges et redéfinit les relations Orient/Occident. Contre la déchirure civilisationnelle actuelle, la reformulation de nos héritages communs semble l'unique ligne de fuite.
Résumé : Comment rendre compte de la réalité sans minorer sa dimension mystérieuse ? L'imagination est-elle une faculté créatrice donnant naissance à un monde réel ou irréel ? Quelle est la nature de ce monde auquel elle donne accès ? Est-il intelligible, sensible ou imaginal ? En se référant aux philosophies orientales, Cynthia Fleury construit un authentique face-à-face entre les connaissances représentatives (occidentales) et celles de la présence (orientales) afin d'élaborer un espace de pensée où connaissance et éthique se rejoignent. Elle indique le "chemin de la métaphysique de l'imagination, un lieu qui ne s'atteint pas physiquement mais imaginalement ; c'est un Orient spirituel, là où l'âme se lève" . Loin d'user indifféremment de la prophétie, de la philosophie, de l'art, de la théologie, elle établit une connaissance susceptible de poser une équivocité et une ambiguïté ouvrant sur un espace non de confrontations d'arguments mais de niveaux de sens. Et "lorsque la pensée s'essoufflera, l'écriture prendra le relais et cherchera avec les mots à creuser la nature de l'imagination" .
La question, qu'elle soit posée au niveau individuel ou politique, est essentielle pour une société durable : lorsqu'on a été blessé, comment ne plus être amer ? Comment guérir du ressentiment qui nous ronge et qui nous mine ? Faisant appel tant à la philosophie politique qu'à la psychanalyse, Cynthia Fleury nous invite, dans cet essai passionnant, à comprendre ce que vit une personne amère, comment se compose son monde, pourquoi le ressentiment individuel peut mener au fascisme, et comment résister à cet abîme. Un indispensable pour nourrir notre propre volonté de guérir nos blessures comme pour comprendre pourquoi la société peut glisser vers le régime totalitaire.
Résumé : Voici un roman historique consacré à l'un des princes les plus célèbres de son temps : Gaston III de Foix-Béarn (1331-1391), dit Gaston Phoebus. Un personnage puissant et haut en couleur : à la fois fin diplomate et chef de guerre redoutable, chasseur et écrivain, grand amateur d'art et de musique. Alexandre Dumas ne s'y est pas trompé en choisissant de s'emparer de ce destin si particulier. Il en a tiré une remarquable "chronique", à la fois dramatique, pittoresque, fantastique, foisonnant en détails historiques.
Nous sommes en 1910. Quarante ans ont passé depuis la défaite de la France et l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne. Pourtant le père Morestal rêve toujours de revanche et surveille assidûment la frontière, prêt à en découdre. La visite de son fils Philippe, pacifiste convaincu, vient bouleverser l'équilibre familial, d'autant que Philippe est très attiré par la jolie Suzanne, la meilleure amie de sa femme. Lorsqu'une nuit Morestal disparaît en patrouillant à la frontière, l'incident prend rapidement un tour aussi dramatique qu'imprévu... Paru en 1911, à la veille de la Grande Guerre, voilà ce qu'on peut appeler un roman prémonitoire !
Résumé : Ce livre est une plaidoirie : la " radicalisation des esprits " oxyde la société française, l' " hyper " ? puritanisme, aseptisation, uniformisation, conformisme, hygiénisme, sécurité, transparence, contrôle ? infecte les consciences, et le contexte technologique, communicationnel, médiatique, marchand bouleverse les comportements. Eric Dupond-Moretti nous prévient : la société contemporaine et la civilisation en devenir se soumettent à des diktats et acceptent des compromis qui menacent les libertés. Ce dialogue avec Denis Lafay doit être lu comme un combat, un manifeste pour la Liberté qui interpelle le lecteur au plus loin dans son intimité, son humanité. Et ses responsabilités. Car il n'y a pas de droit d'être libre sans devoirs à l'égard de la liberté.