«C'est l'une des missions des Éditions du patrimoine que de faire connaître les richesses des grands fonds photographiques patrimoniaux. Art à part entière, et dont la part dans l'espace des arts ne cesse de s'accroître, la photographie voit tout naturellement, peu à peu, des pans entiers de sa production acquérir cette même valeur patrimoniale qu'on accorde par ailleurs et depuis longtemps aux monuments.Ainsi de ces autochromes, premiers essais d'emblée étonnement maîtrisés de photographie en couleur. Celles choisies parmi les collections de plusieurs grandes institutions et reproduites dans ce livre donnent de la guerre de 1914-1918 une vision distanciée, dédramatisée, à partir de laquelle Alain Fleischer vient développer une pénétrante réflexion sur l'apport - ou a contrario l'effet édulcorant - de la couleur à la photo de guerre. » Denis Picard, éditeurLes étonnantes images que reproduit ce livre sont parmi les toutes premières photographies de guerre en couleurs, réalisées de part et d'autre du front, à Reims et en Champagne, grâce au procédé autochrome mis au point par les frères Lumière en 1904. Prises par Jules Gervais-Courtellemont, Fernand Cuville et Paul Castelnau côté français, Hans Hildebrand côté allemand, elles offrent une vision qui n'est pas celle du feu (les temps de pose ne le permettaient pas) mais celle, écrit Fleischer, de la guerre en tant qu'état : avant et après. Ces images sont aujourd'hui de précieux témoignages que quatre spécialistes de l'autochrome et des photographes considérés replacent dans le contexte de leur réalisation. Ah ! Dieu que la guerre est jolie... On connaît le vers amer d'Apollinaire, le poète engagé volontaire pour aller au front, témoin dans les tranchées champenoises des horreurs d'une guerre qui, de 1914 à 1918, fera des millions de morts et de blessés. De cette tragédie rendent compte aussi de multiples photographies. La violence des assauts, leurs effrayants résultats, s'y inscrivent entre noir et blanc dans toutes ces nuances de gris qu'on accorde si aisément, culturellement, aux visions dramatiques, aux ciels menaçants, aux cités dévastées, aux terres labourées par les explosions d'obus. Mais d'autres images existent, moins connues parce que moins montrées et reproduites, qui rendent à cette guerre ses couleurs. Des couleurs à la fraîcheur étonnement préservée, grâce au procédé autochrome mis au point par les frères Lumière, comme on peut en juger avec le choix présenté dans cet album. Ce choix se concentre géographiquement sur Reims et sa région : à la fois zone de combat très emblématique du conflit et terrain sur lequel travaillèrent, avec ce même procédé autochrome, aussi bien des photographes français qu'allemands. La vision qu'offrent de la première guerre mondiale ces premières photos de guerre en couleur est ainsi celle de Jules Gervais-Courtellemont (1863-1931), Fernand Cuville (1887-1927) et Paul Castelnau (1880-1944) d'un côté, de Hans Hildenbrand (1870-1957) de l'autre, grâce à la richesse des fonds conservés par l'Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense, les Archives photographiques de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, la cinémathèque Robert-Lynen et le musée Albert-Kahn. Dans l'introduction qu'il donne à cet ouvrage, Alain Fleischer remet dans la perspective d'une encore jeune histoire de la photographie ces premiers pas de la couleur, en faisant remarquer qu'en matière de reportage de guerre l'usage du noir et blanc, qui simplifie et universalise, a perduré jusqu'à nos jours. Parée de toutes ses couleurs - ses vraies couleurs, directement rendues par le procédé autochrome et non rajoutées, comme on le faisait alors couramment pour des cartes postales, ou comme on le fait encore en colorisant de vieux films - la guerre nous apparaît ici quelque peu dédramatisée. De ces images, Alain Fleischer dit qu'elles sont par avance et au-delà du drame, des images de réparation, de réconciliation. Il y a en elles le sage recul d'un temps méditatif. C'est que si la couleur apporte d'elle-même une touche d'espoir, le procédé autochrome, avec un matériel lourd et des temps de pose longs, excluait le feu de l'action et imposait de regarder la guerre en tant qu'état : avant et après les actes : soldats au bivouac, ruines, scènes de la vie quotidienne plus posées, donc, que saisies, à l'arrière du front. La guerre en couleur est-elle plus jolie ? Du moins ces images sont-elles très belles, et prennent-elles aujourd'hui pleinement valeur patrimoniale. L'ouvrage présente successivement les oeuvres de Gervais-Courtellemont, Hildenbrand, puis Cuville et Castelnau (qui travaillaient ensemble), en apportant sur chacun des éléments biographiques, comme en précisant dans quelles conditions et quel esprit ils opérèrent. Une exposition sur le même thème présente quelque 200 oeuvres de ces quatre photographes, au Palais du Tau à Reims, depuis le 31 janvier et jusqu'au 30 avril 2006.
Résumé : Alain Fleischer est un artiste protéiforme qui livre ici une oeuvre d'une puissance romanesque rarement éprouvée. Un roman d'apprentissage de la langue et de l'amour brodé sur 26 lettres.
Un être peut-il en répéter un autre, ou le continuer, le prolonger, d'une génération à la suivante?" En faisant sien, le temps d'un roman, le prénom hongrois qu'il aurait dû porter, Alain Fleischer reconnaît en lui la personnalité de son oncle Sàndor, mort à l'âge de 27 ans dans un train roulant vers Auschwitz, alors qu'il était lui-même né trois mois plus tôt. Les quelques souvenirs de l'existence de son oncle lui deviennent propres à mesure qu'il les imagine et restitue l'agonie de son alter ego comme si c'était la sienne. Si personnels lui soient-ils, ses goûts et ses talents, son inclination dès l'enfance pour les jeunes filles comme sa précoce passion pour la photographie et le cinéma, semblent lui venir de cette vie antérieure, dont il se souvient en l'inventant. Grâce à un procédé narratif original, parvenant à confondre les deux Sàndor en un seul, Alain Fleischer nous offre là un des romans les plus troublants jamais écrits sur le double mystère de l'identité et de la transmission. Moi, Sàndor F. devrait aussi rester comme un maître livre de cette littérature d'après les camps, que Jean Cayrol voulait "lazaréenne" ou de résurrection. Jean-Luc Moreau. "Se projeter sous une forme autobiographique dans un autre personnage qui, tout en étant ainsi investi par une personnalité étrangère, conserve les vêtements de sa propre identité, telle est la proposition faite aux auteurs de cette collection. A mon sens, il s'agit moins de s'identifier à la vie d'un autre que d'identifier en soi une autre vie possible. En disant les choses autrement, il s'agit moins de s'imaginer être un autre, que d'imaginer un autre être soi. J'ai accepté cette proposition singulière parce que mon oncle Sàndor F. a pu - façon de parler - attendre ma naissance pour être assassiné par les nazis, et me passer une sorte de relais. Ceux qui l'ont connu ont pu me trouver, avec lui, quelques traits de ressemblance, et je tente donc, en respectant le peu que j'ai appris sur lui, de le prolonger jusqu'à moi, en empruntant à celui que je suis, et à la vie qui a été la mienne, ce qui me permet de compléter l'histoire de sa brève et tragique existence." A.F.
Résumé : Les images - films et photographies - prises à la libération des camps d'extermination nazis, ont bouleversé notre relation à l'image en général. Elles ont constitué les preuves de ce à quoi il eût été impossible de croire sans elles. Dans Nuit et Brouillard, Alain Resnais en fait un usage exemplaire. Plus problématique est l'évocation de la Shoah dans les films de fiction inévitablement marqués par une mise en scène artistique de l'horreur, laquelle a toujours suscité de sévères critiques. C'est pourquoi l'accueil unanimement enthousiaste du film de Laszlo Nemes, Le Fils de Saul, qui s'expose aux mêmes reproches que La Liste de Schindler ou La vie est belle peut être interprété comme un symptôme. Un verrouillage théorique a été imposé au public, ralliant des personnalités concernées par le sujet, habituellement en désaccord. Si Le Fils de Saul est considéré comme le chef-d'oeuvre sur Auschwitz, faut-il comprendre qu'il est temps de s'intéresser à d'autres sujets et que la Shoah est enfin passée de l'Histoire à l'histoire de l'art ?
Au Lido, à Venise, le narrateur réfléchit à l'écriture d'un roman, dont il cherche à fixer les personnages et les lieux. Dans le hall de son hôtel, il croise une équipe de nageuses tchèques, de laquelle se détache une blonde sublime, dont il décide de faire le personnage principal du livre à écrire. Il l'appelle Stella, mais elle lui rappelle Vera, une femme qu'il a connue autrefois et qui s'est noyée à Buenos Aires. Lui-même va entrer dans ce jeu de dédoublement par le biais de son double en fiction, David Fischer. Dans la vie réelle, le narrateur séduit Stella - ou est-ce l'inverse ? Dans la fiction, Vera est plus réelle que jamais. Entre Stella la sirène et Vera la noyée, entre la cité qui se dissout dans sa lagune et ces pierres précieuses que l'on retrouvera dispersées au fond d'une piscine où flotte un cadavre, l'auteur impose, dans une vertigineuse série de dédoublements, une vision très originale de Venise. Féminine et aquatique, la ville se change en sirène, tandis que le corps de la femme participe à l'érotisation du paysage urbain.
Résumé : Du règne de Louis XIV au Second Empire, toute l'Europe s'est émerveillée de l'éclat de la cour de France et de la société parisienne. A Versailles comme à Paris, princes et courtisans arboraient les plus somptueux costumes, se parant d'étoffes précieuses, de pierreries, perles et diamants, insignes éblouissants de leur pouvoir. Ils dictaient ainsi la mode, offrant la plus belle des vitrines à l'industrie du luxe parisien et, en particulier, à l'inimitable savoir-faire des artisans joailliers de la capitale. Il ne subsiste à ce jour que très peu de ces bijoux et parures dynastiques - souvent propriété du Trésor de l'Etat - que les souverains enrichissaient chacun à leur tour et que l'on remettait sans cesse au goût du jour. A défaut des bijoux eux-mêmes, restent les portraits de l'époque qui nous permettent d'entrevoir la splendeur de ces atours et d'admirer la virtuosité avec laquelle peintres et graveurs ont su restituer la magnificence des joyaux. A travers de splendides portraits conservés dans les collections du château de Versailles, cet ouvrage propose un panorama du goût de la parure aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.
Monument commémoratif dédié au souvenir de Louis XVI et Marte-Antoinette, la Chapelle expiatoire a été édifiée entre 1815 et 1826, sur l'emplacement de l'ancien charnier révolutionnaire de la Madeleine, à l'endroit même où furent inhumés les souverains après leur exécution. Son créateur, Pierre François Léonard Fontaine, lauréat du grand prix de Rome en 1785 puis architecte de Napoléon réalisa ici une ?uvre complexe, qui, tout en reflétant les goûts décoratifs de son époque, est riche des emprunts au monde antique, à la tradition classique française, mais aussi à l'Italie du Moyen Age et de la Renaissance. Cette ?uvre subtile, longtemps déprisée pour des raisons politiques, est à redécouvrir comme une des réalisations les plus élégantes et sophistiquées du Paris du début du XIXe siècle.
Résumé : Fondée en 910, l'abbaye de Cluny (Saône-et-Loire) devient au XIIe siècle une capitale monastique et spirituelle au rayonnement sans équivalent dans l'Occident médiéval. Aujourd'hui encore, les vestiges de l'abbaye révèlent la splendeur passée de ce chef d'oeuvre de l'art roman. En 1910, l'Académie de Mâcon publiait les actes du congrès d'Histoire et d'Archéologie intitulés Millénaire de Cluny. Un siècle plus tard, les Editions du patrimoine célèbrent le onzième centenaire de l'illustre abbaye en réunissant, sous la direction de Neil Stratford, les contributions de quarante spécialistes sur son histoire et son rôle culturel à l'échelle de la France et de l'Europe. Fruit du travail et des recherches menées depuis plusieurs décennies, cet ouvrage a pour vocation de transmettre une connaissance approfondie de Cluny et de son rayonnement spirituel et artistique dans tout l'Occident médiéval.
Nouvelle édition du Guide des Maisons des Illustres , mis à jour avec 19 nouvelles maisons labelisées en 2020. 13 000 exemplaires vendus à ce jour... Le ministère de la Culture a créé en 2010 le label "Maisons des Illustres". Au total, 244 maisons sont labellisées. Toutes conservent et transmettent la mémoire de femmes et d'hommes qui les ont habitées et se sont illustrés dans l'histoire politique, sociale et culturelle de la France. Certaines sont des maisons-musées permettant d'entrer dans l'intimité de ces personnes illustres à travers des objets et un mobilier conservés dans leur cadre d'origine. D'autres sont des maisons-archives qui présentent et valorisent divers documents et témoignages. D'autres encore, des maisons-création où carte blanche a été donnée à un artiste pour une évocation esthétique. D'autres enfin perpétuent l'esprit de l'illustre personnage par l'accueil en résidence d'écrivains, de peintres ou de comédiens. Du domaine au studio, du château à l'appartement, la maison ou l'atelier, ces lieux authentiques sont encore trop rarement connus et visités. Ce guide est l'unique publication qui les rassemble. 244 idées de visites à travers la France entière et les départements d'outre-mer.
1892, Pierre Louÿs, alors jeune poète, entreprend de collectionner des photographies érotiques et pornographiques. Méticuleux, il juge indispensable de mettre en fiches tout ce qui concerne la sexualité et il se consacre à la partie de l'anatomie féminine qui le fascine le plus. Louÿs choisit un album à la reliure assez ordinaire. De sa plume il calligraphie les descriptions des poses, ordonne, découpe, colle et n'oublie pas de signer son oeuvre. Parallèlement, à partir de 1906, il complète cette collection de photos par des écrits rassemblés sous le titre Manuel de Gomorrhe. Si ces textes ont été publiés en 2004, les photographies de Pierre Louÿs demeuraient inédites. A la mort de l'auteur en 1925, l'album est cédé pour quelques francs et passe de main en main, rejoignant même pendant de nombreuses années la collection unique que Michel Simon amasse autour de la pornographie. Pour la première fois, l'album érotique de Pierre Louÿs est publié dans une édition qui met en regard photographies et écrits que le poète consacra à son obsession pour "le cul de la femme".
Du crépuscule à l'aube, d'ouest en est, c'est à un voyage fantastique et fantasque que ce livre nous invite. De la Défense sous les derniers rayons du soleil aux premières griffes de lumière sur la pierre de la Bibliothèque François Mitterrand, le lecteur déambule dans une ville où sont suspendus des silhouettes nus. Ici les corps sont transformés en statues vivantes, nues mais chastes, laissant l'imagination du lecteur sauter de l'une à l'autre. L'ouvrage donne à voir les monuments sous un jour inédit, hors du temps et des foules. On photographie le silence, l'incongru. L'urbain se mue en tableaux animés, autant de clins d'oeil à des oeuvres iconiques (Les Trois grâces, la Pieta,…) ou de jeu sur les lignes de force et les profondeurs de chaque lieu. Le mariage de Paris la nuit et de corps dénudés en suspension crée une esthétique inédite, toute en suggestion et en subtilité. Le glamour de la ville est le décor d'une traversée poétique et émotionnelle hors normes.
Résumé : L'exploration urbaine n'a pas de frontières. Plus on y prend goût, plus loin on s'aventure. Le deuxième volet d'Urbex présente une trentaine de lieux en France et en Europe, tous situés à moins de deux heures de vol de Paris. Ces sites oubliés, cachés reprennent vie grâce aux nombreux adeptes d'urbex. A leur suite, grâce aux indices, partez à la découverte de ces édifices désaffectés. En Suède, grimpez en haut d'une ancienne piste de saut à ski tombée dans l'oubli et encore intacte. L'Italie prend le visage d'un village-fantôme. En Ecosse, un ancien séminaire côtoie un château à ciel ouvert. Au Portugal, l'ancien plus grand parc aquatique repose aujourd'hui au milieu des ronces. En Allemagne, le visiteur pénètre dans l'ancien hôpital où aurait été soigné Hitler... Revivez le passé en visitant ces lieux oubliés, réduits au silence, et pourtant si proches... Il suffit de contourner un grillage, de se faufiler dans les décombres, d'affronter parfois des orages à la tombée de la nuit... et, soudain, un nouvel univers surgit.
Résumé : Au milieu des années 1970, alors que le féminisme connaît un élan sans précédent aux Etats-Unis, les trois photographes américaines Eve Arnold, Abigail Heyman et Susan Meiselas publient des livres d'un genre nouveau. Associant témoignages et images, elles offrent un regard inédit sur la vie des femmes dans le monde du travail et l'existence quotidienne, jusque dans leur intimité. Femmes à l'oeuvre, ces trois photographes imposent leur signature et expérimentent grâce à la forme du livre. Toutes mettent les femmes à l'épreuve de l'image photographique, contournant les clichés pour dessiner des représentations alternatives.