Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Théâtre et science
Fix Florence
ORIZONS
19,00 €
Épuisé
EAN :9791030901115
L'essor du théâtre de science, le soutien institutionnel et l'attention médiatique accordés aux collaborations de chercheurs, dramaturges et metteurs en scène, le succès des documentaires télévisés scientifiques, des émissions et des magazines de vulgarisation et d'échange sur les sciences en témoignent : la science appartient plus que jamais au champ du spectacle et des représentations. Soumises à l'urgence et à la fébrilité des attentes collectives comme à l'injonction de réussite et d'exposition, les sciences sont sur le devant d'une scène qui souvent au XXe siècle a fait leur procès. Les réflexions réunies ici interrogent ce que le théâtre fait à la science : est-il toujours voué, comme l'y invite le patrimoine dramaturgique européen, à la raillerie comique des savants fous ou à la déploration tragique de leurs dérives ? Et ce que la science fait au théâtre : comment infléchit-elle la fable, la façon de raconter, de penser quand elle est l'enjeu d'une représentation scénique ? Ainsi à travers Galilée, Oppenheimer ou Schrödinger se dessine par le théâtre notre désir de science aujourd'hui.
Plus que jamais d'actualité, Ibsen inspire encore et toujours les metteurs en scène du monde entier. Henrik Ibsen, le plus célèbre des écrivains scandinaves, a pourtant vécu vingt-sept ans hors de la Norvège et a distillé son amertume envers son pays natal dans des portraits grinçants de provinciaux sans idéal. Admiré dans toute l'Europe de son vivant, il est compris par les symbolistes comme l'auteur d'un théâtre d'art, espace de pensée et de rêve voué aux apparitions spectrales de personnages évanescents, alors que les naturalistes voient en lui le " Zola du nord " et célèbrent ses drames bourgeois faisant la part belle à la défense de l'émancipation féminine et à la dénonciation des politiciens corrompus. Ce sont toutes ces facettes et ces contradictions que ce livre tente de restituer : Ibsen féministe mais conservateur, Ibsen patriote quoique critique envers la Norvège, Ibsen inventeur du drame moderne tout en revendiquant le modèle de la " pièce bien faite " de Scribe et Augier n'a pas fini de nous étonner.
Plutôt qu'à un " tous malades " anxiogène mobilisant les hantises de la contamination et de l'épidémie, ce volume convie à penser la maladie comme motif de rassemblement et de stimulante réflexion. Possibilité de repenser temps, durée, espace, normes, priorités et désirs, la maladie est envisagée ici comme récit, expérience, retour sur le temps subi et la mobilité contrainte, mais aussi sur l'espace sensible qui s'y déploie et qui conjure les défaillances. La maladie autorise des modalités d'écriture, de ressaisissement de soi ou d'épanchement, d'appel à l'autre et d'exposition. Autant de possibles narratifs que les contributeurs de ce volume interrogent et mettent en perspective dans l'étude de récits de patients, de romans de la maladie comme métaphore, de films catastrophe et de performances de corps souffrants.
Le mot "théâtre" désigne tout à la fois une pratique et un lieu. Exercé par des professionnels ou des amateurs, il peut investir des espaces très divers ; édifice, il est souvent le point fort d'une ville et de son histoire architecturale. Lieux-repères, les théâtres favorisent l'échange, l'expression, la pensée et la mémoire. Ils contribuent à la construction de la citoyenneté et de la culture. Leurs affectations différentes, leurs changements de noms et de propriétaires, leurs programmations, leurs scandales et leurs succès écrivent, avec elles ou contre elles, l'histoire des villes. Ce sont ces diversités que cet ouvrage se propose d'aborder.
Des spectacles scéniques et des récits filmiques faisant figurer marionnettes, objets animés et acteurs ensemble, que retenons-nous ? Ces situations de coprésence entre vivant et animé engagent des modèles fictionnels qui jouent sur les catégories du vrai et du vraisemblable, de l'artificiel et de l'imposture. Le robot, la marionnette critiquent-ils le comédien vivant ? En désignent-ils les failles et les habitudes ? L'amènent-ils à modifier son jeu ou le complètent-ils ? Aussi s'agit-il ici, en termes d'enjeux narratifs, d'interroger ce qu'il en est des représentations du comédien, de sa contestation ou de sa réévaluation. L'espace animé participe d'une querelle de légitimité qui convoque la capacité du spectateur à apprécier la nécessité, ou non, du jeu d'acteur dans les récits. Eternel rival du vivant, l'animé serait-il plus apte à générer des fictions ?
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Une journée à Beyrouth. Au lendemain de l'assassinat d'un chef politique, une manifestation géante occupe les esprits. En marge de la foule, spectateur indifférent, acteur malgré lui un jeune homme sans nom, cigarette au bec et bières à la chaîne, dont la volonté est de ne rien entreprendre, parcourt la ville par ennui, suit une ancienne maîtresse, assiste à une bagarre, se rend à une soirée, écoute avec plus ou moins d'indifférence le récit des histoires qui se font et se défont. Dans ce premier roman, Toufic El-Khoury dit l'ennui du monde avec une remarquable économie de moyens. La force du livre tient à sa concision et à sa sobriété.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.