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L'arrière-silence
Finck Michèle
ARFUYEN
18,00 €
Épuisé
EAN :9782845904026
La voie du large, sixième livre de Michèle Finck publié par les éditions Arfuyen, a remporté en 2024 le prix Apollinaire. Depuis Balbuciendo (2012), son premier livre chez Arfuyen, Michèle Finck poursuit une oeuvre d'une rare puissance et intensité. Le présent ouvrage aurait pu s'appeler Leçons de silence s'il avait eu une intention démonstrative, mais l'ambition de Michèle Finck est toute différente. Il ne s'agit ici que de simples témoignages rapportés de l'exploration de ce tréfonds de silence qui veille en nous, en-deçà de la conscience et du langage. Le terme fait penser à cet "arrière-pays" qui a donné son titre au récit autobiographique publié par Yves Bonnefoy en 1972. Mais le pays qu'évoque ici Michèle Finck est une contrée purement intérieure : "arrière-silence cette rumeur silencieuse unique en chacun de nous / qui nous accompagne toute une vie en s'accumulant strates par strates dans l'arrière-crâne / c'est avec son énigme que nous passons notre existence - et peut-être notre mort" . Ce livre, comme tous les ouvrages de Michèle Finck, est soutenu par une puissante architecture en sept mouvements : "L'origine" (prologue), "Les muets" , "La femme" , "A cappella pour les sans voix" , "Le chant des choses" , "L'invention du silence" , "La leçon de silence" , "Neige, enfin "Pianécrire" (épilogue).
Michèle Finck poursuit l'élaboration d'une oeuvre à nulle autre pareille, où l'autobiographie tient une place essentielle et s'exprime d'emblée dans une polyphonie des formes d'expression artistique, musique mais aussi peinture et cinéma. Sur un piano de paille, son précédent recueil, se concluait sur ces derniers vers : "Poésie dire ce que c'est : la condition humaine. / La musique est l'autre face de la mort. / Sa face terrestre". C'est une autre face de l'humaine condition qui est au centre de ce nouveau livre : la maladie mentale, envisagée non de manière abstraite, mais à travers la figure de l'homme aimé. Un parmi tant d'autres "hommes nuages" enfermés dans la maladie : "Pitié pour les hommes-nuages / Qui combattent effroi aux frontières / De la folie" Ce livre n'est pas un recueil de poésie comme on l'entend. Il est d'un seul tenant, d'une seule coulée brûlante de douleur et de tendresse. Et dans le même temps totalement maîtrisé, construit avec un soin obsessionnel : "Etre poète, écrit-elle / Passer vie / A chercher / Mot qui manque. / Pas pour le mot. / Pour la guérison. / Pour l'amour. / Pour sauver l'autre". Les précédents livres de Michèle étaient des tombeaux, peuplés de pleurs et de cris, celui-ci est un chant d'amour et d'un paradoxal bonheur : "Sans toi homme-nuage / C'est la vie / Sans la vie" . "Homme-nuage / Femme-nuage : /Nous" .
ChiromancieLa mémoire fond lentement dans la bouche.Vouloir la vomir et grimper hors du crâne.J'entends la tête sans corps de la folieSiffler ses chiens. Son groin déterre les crisDes astres. Je l'entends lâcher ses chiensSur l'amour mort et dévorer ses excréments.L'absolu ment. Des hululements d'osS'agenouillent dans la boue des larmes.Puis un peu de neige efface tous les sons.Chiromancienne du silence, la poésie.
La parution de l'oeuvre de Philippe Jaccottet en Pléiade permet de mesurer la dimension de l'altérité dans une poésie dont l'un des traits distinctifs est d'être fondamentalement dialogique. S'il n'y a pas d'expérience poétique sans une tension entre un principe de solitude et un principe d'altérité, l'oeuvre de Jaccottet est de celles qui assument cette tension tout en orientant le plus possible la parole vers l'exigence de l'altérité dont Mandelstam a donné la formule : "Pas de lyrisme sans dialogue" . Pour Jaccottet, comme pour plusieurs poètes de sa génération, la poésie est par sortie de soi, par ouverture à l'autre - ou n'est pas. Ecrire poétiquement, c'est répondre à l'autre et de l'autre ; il y va de la responsabilité du poète, qui engage aussi la responsabilité du lecteur.
L'oeuvre de Rilke n'a cessé d'accompagner les éditions Arfuyen depuis leur création. De Rilke elles ont publié six ouvrages, souvent réédités : Le Vent du retour, trad. Claude Vigée (1989, rééd. 2005) ; La Vie de Marie, trad. Claire Lucques (1989, rééd. 1992 et 2013) ; L'Amour de Madeleine (1992, rééd. 2000 et 2015) ; Le Livre de la Pauvreté et de la Mort, trad. Jacques Legrand (1997, rééd. 2016) ; " Donnez-nous des maîtres qui célèbrent l'Ici-Bas " (2006), enfin Ainsi parlait Rainer Maria Rilke, trad. Gérard Pfister (2018). Le Livre de la vie monastique (Das Buch vom mönchischen Leben) a été écrit par en 1899 au retour de son premier voyage en Russie (avril-juin 1899) avec Lou Andreas-Salomé, à qui il est dédié. Il constitue la première partie du Livre d'heures publié en 1905. Lou Andreas-Salomé en conservait le manuscrit original qui sera publié en fac-similé en 1936 : y figurent à côté des poèmes de nombreux et précieux commentaires sur les lieux, les circonstances et l'état d'esprit dans lesquels ils ont été écrits par le " moine " réputé en être l'auteur. Ils sont reproduits ici pour la première fois avec les poèmes. Ecrit dans des circonstances exceptionnelles, ce texte est une des oeuvres les plus fortes, les plus " nietzschéennes " de Rilke, l'une de celle qu'Etty Hillesum gardait toujours avec elle. Peu et souvent très mal traduite en français (car très difficile à rendre), elle reste à découvrir par le public français.
Résumé : " Quelle vie doit-on mener ? La vie que l'on aime. J'aime écrire, j'aime le changement, j'aime lancer mon esprit dans les hauteurs et attendre de voir où il va retomber. " Virginia Woolf écrit ses lignes dans le monumental Journal qu'elle a commencé de rédiger lorsqu'elle avait 15 ans et qu'elle tiendra jusqu'à sa mort. Et dans une lettre à Horace Walpole ce qu'elle écrit poursuit même interrogation : " Je pense parfois que seule l'autobiographie relève de la littérature ; les romans sont les pelures que nous ôtons pour arriver enfin au coeur qui est vous ou moi, rien d'autre. " C'est la vie qui intéresse Virginia Woolf, et rien d'autre. Qui l'effraie aussi : " La vie, pour les deux sexes est ardue, difficile, une lutte perpétuelle. Qui demande un courage et une force gigantesques. " Ces lignes, elle les écrit dans un recueil de conférences intitulé Une chambre à soi. Dans ses journaux, lettres, essais, il n'est rien dont Virginia Woolf ne fasse l'objet de son écriture. Car écrire, pour elle, c'est avant tout se libérer : " Le premier devoir de la femme écrivain, c'est de tuer l'Ange du Foyer " (Journal). Il faut avoir lu, bien sûr, les géniaux romans de Virginia Woolf ? Mrs Dalloway, Les Vagues etc. ?, mais elle ne ?y trompait pas : c'est dans les écrits autobiogra-phiques que nous arrivons avec elle " au coeur " : ce " coeur qui est vous ou moi, rien d'autre ".
Sur scène, s'opère publiquement et en langues visibles le retournement du sens commun: en aucun lieu au monde nous ne venons autant désadhérer. Et quitter la cause humaine. Et voir l'animal parler.