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Cahiers d'études africaines N° 221-222/2016
Ficquet Eloi ; Hazard Benoît ; Both Anne ; Chabloz
EHESS
32,00 €
Épuisé
EAN :9782713225260
Envisagés comme acteurs d'un néo-colonialisme résilient, touristes envahissants, expatriés nantis de privilèges exorbitants, les Européens en Afrique, y compris dans la période coloniale, ont rarement été considérés comme des migrants. Derrière les grands débats sur les relations internationales et transnationales, la question des mobilités a souvent été négligée. Et pourtant, force est de constater que les circulations entre l'Europe et l'Afrique ne se sont jamais complètement interrompues depuis la colonisation et connaissent même aujourd'hui un très net regain. Compte tenu du faible nombre de travaux sur ces thèmes, les contributions réunies dans ce numéro visent à décrire ces mobilités, dans leurs régimes et leurs diversités historiques et contemporaines, mais aussi géographiques (Maghreb, Afrique francophone, lusophone, anglophone). Il est aussi question d'ouvrir la réflexion à l'échelle des populations européennes en Afrique plutôt que de se concentrer sur les seuls agents nationaux de la colonisation. Les références, dans les articles, à l'histoire coloniale, à la variété des désirs migratoires ainsi qu'à l'importance des contextes locaux socio-historiques, revisitent la lourde question du rapport colonial et ouvre un débat théorique sur le sens de ces mobilités. Centrés sur l'expérience des acteurs, sans négliger pour autant l'évolution des points de vue institutionnels sur ces questions, l'ensemble des articles présentés permet d'envisager les logiques de singularité et d'autonomisation qui caractérisent les mobilités européennes en Afrique.
Manille est désormais membre à part entière des Chevaliers de la Chouette. Mais ses compagnons sont dans une mauvaise passe. Vassili a été enlevé, et la confrérie a besoin d'argent. Beaucoup d'argent. Le tournoi de Rochedur pourrait bien être le moyen de renflouer les caisses. Il faut une équipe de 5 chevaliers pour y participer. Valejo, le troisième frère des Chevaliers de la Chouette, lui aussi maudit, doit leur prêter main forte. Mais il tarde à venir... Comment vont-ils l'emporter sans cette aide précieuse ? Qui serait assez courageux pour prendre sa place et barrer la route à l'apprenti du mage royal qui se pose en gagnant certain de ce tournoi ? Dans cet univers chevaleresque teinté d'heroic fantasy, Ben Fiquet nous livre une aventure palpitante et épique menée tambour battant par des héros attachants et envoûtants.
La globalisation est-elle une catastrophe ? est-elle une chance ? Il n'y a pas de réponses à ces questions. Il existe, en revanche, une certitude : la globalisation est devenue inéluctable, depuis l'effondrement du prix des transports terrestres, maritimes et aériens. En une trentaine d'années, l'Asie a changé de visage et il en sera sans doute de même pour l'Afrique au cours des décennies à venir. La seule question devient donc celle-ci : comment gérer cette inéluctable globalisation ? L'Occident avait mis plus de trois cents ans à mettre au point un modèle qu'il croyait sans rival jusqu'au moment où la Chine a mis au point son nouveau système de gouvernement en moins de trente ans. Les deux systèmes peuvent-ils coexister ? L'un d'entre eux sera-t-il appelé à exercer sa suprématie ? Comment gérerons-nous le choc géographique ? Notre époque n'aura-t-elle été qu'une parenthèse enchantée ? Le but de cet ouvrage est de donner quelques idées sur la manière dont fonctionne le modèle chinois et de comprendre les difficultés de son interaction dans un monde qui n'a pas été créé à son image. Et il apportera à ses lecteurs les clefs indispensables pour comprendre, au-delà des clichés, les négociations entre la Chine et les USA.
G. Santanera, "Ce n'est pas l'art pour l'art". Stratégies économiques et sociales dans la production vidéo camerounaise ; E. M. Kalema, The Mulele "Rebellion", Congolese Regimes, and the Politics of Forgetting ; M. H. Ingiriis, From Grievance to Greed in Somalia. The Formation, Failure and Fall of the United Somali Congress (1989-1991) ; N. Chavoz, "Ruines à rebours". Pour une lecture littéraire des textes ethnographiques de Paul Hazoumé ; F. Blum & C. Katsanioris, Léopold Sédar Senghor et l'Union soviétique : la confrontation, 1957-1966 ; P. Simon, Témoignages et commémoration d'un massacre survenu en 1913 sur le plateau de Lékana (République du Congo) ; J. Copans, Penser l'Afrique ou connaître les sociétés de l'Afrique ? (seconde partie).
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.