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L'attrait du silence
Fiant Antony
YELLOW NOW
12,00 €
Épuisé
EAN :9782873404673
Le livre Quand bien même on le réclame sur la plupart des plateaux avant chaque prise de vue, le silence au cinéma est difficilement tenable. Instinctivement associé au vide, au néant, à la contemplation, à la passivité, au temps suspendu, à la mort, ou encore à l'impossibilité de l'événement, le silence est craint. L'attrait du silence manifesté ou subi par les cinéastes et les personnages dans la quinzaine de films ici réunis (du Prince étudiant d'Ernst Lubitsch à Paterson de Jim Jarmusch en passant par Silence et Cri de Miklós Jancsó) doit donc être entendu comme aspiration jamais véritablement concrétisée ni satisfaite. Le silence au cinéma est toujours relatif, perturbé, rompu, brisé, irrégulier, provisoire, dénaturé. Mais il ne provoque en rien une sclérose du sens, du récit ou encore de l'émotion, pour redonner temporairement la main au visible, à défaut de son autonomie complète. Le motif du silence - décliné selon quatre approches entrecoupées de focalisations sur des moments silencieux - sera donc ici mis en exergue dans sa capacité à stimuler des récits fictionnels mais aussi documentaires. Dès lors il conviendra de sa poser la question : par quoi est-il compensé ? C'est que le silence est très vite devenu un recours dramatique très efficace, non pas à le considérer isolément, mais grâce à sa confrontation ou sa juxtaposition avec les composantes de la bande-son que sont la parole, la musique et les bruits. Autrement dit, le silence a besoin d'elles pour résonner, à défaut de s'imposer comme quatrième composante. L'auteur Antony Fiant est professeur en études cinématographiques à l'université Rennes 2. Il travaille sur l'esthétique et la dramaturgie du cinéma contemporain, qu'il soit de fiction ou documentaire, et plus particulièrement sur le cinéma soustractif et la représentation des peuples. Il collabore à plusieurs revues de cinéma (Trafic, Positif et Images documentaires) et est l'auteur de quatre essais dont : Pour un cinéma contemporain soustractif (2014, Presses universitaires de Vincennes) et Wang Bing. Un geste documentaire de notre temps (2019, éditions Warm). Il a aussi coordonné, aux éditions Yellow Now, avec Gilles Mouëllic et Caroline Zéau, Johan van der Keuken. Documenter une présence au monde (2020, "Côté Cinéma"). Côté cinéma / Motifs Une collection de livres de cinéma, dont la modeste ambition est de s'attacher à constituer une iconologie, un inventaire des éléments matériels qui, alors même qu'ils semblent n'être que banal contexte, environnement bordinaire, voire contraintes météorologiques inévitables, font pourtant sens au cinéma. Ainsi la neige, les nuages, la lumière, le vent, le flou, les cafés, les ruines... , autant de matières, de motifs que le cinéma enregistre et qui colorent, dramatisent, rendent lyriques ou dynamisent les récits. Chaque volume s'appuiera sur un motif particulierpour mettre des films en relation et mettre au jour des coïncidences entre des cinéastes.
Park Heui-tae ; Daniellou Simon ; Fiant Antony ; m
Premier ouvrage francophone consacré à un réalisateur pourtant majeur, Les Variations Hong Sang-soo se penche sur les films du Sud-coréen Hong Sang-soo, régulièrement programmés dans les grands festivals internationaux (Cannes, Berlin, Venise, Locarno). Hong Sang-soo manifeste un goût pour le tourment amoureux et l'infime quotidien. Dans le premier volume critique, les thèmes présents dans ses films, ses techniques de mise en scène étaient analysés avec acuité par plusieurs spécialistes et critiques, définissant la démarche de Hong Sang-soo, l'un des plus grands réalisateurs actuels. Ce second volume présente des entretiens réalisés avec l'équipe gravitant autour du réalisateur : ses acteurs fétiches, le compositeur, le monteur, le directeur de la photographie et d'autre interlocuteurs permanents du cinéaste se sont prêtés au jeu de l'interview. Le livre permet de faire découvrir le processus de réalisation unique qui anime les films de Hong Sang-soo, dans la perspective du cinéma d'auteur : petit budget, équipe réduite, scénario élaboré au cours du tournage.
Littéraire, fictionnel, documentaire, poétique, politique, court, long, en couleurs, en noir et blanc, le cinéma d'Agnès Varda est de ceux qui incitent aux adjectifs, aux qualificatifs, par amour du mot ou du jeu mais surtout en raison de sa multiplicité et de sa complexité. Depuis 1954, avec près de quarante films, la cinéaste manifeste une liberté créatrice témoignant d'une démarche toujours innovante, d'une volonté d'explorer le cinéma dans toute sa richesse et de lui donner un prolongement par ses récentes installations. Ainsi, dès le début, si La Pointe Courte fut une tentative pré-Nouvelle Vague d'aller à la rencontre de la vie telle qu'elle est, cette intrusion dans le monde réel n'a jamais constitué une fin en soi pour Varda. L'originalité et l'imagination de la cinéaste l'inciteront toujours à dépasser les apparences pour leur préférer sa vérité. Ses films et installations font alors la part belle aux sentiments des protagonistes à travers lesquels elle nous convie à appréhender des univers divers et variés, quels qu'en soient les difficultés ou les drames: celui de Cléo comme en suspens durant une heure et demie d'une attente douloureuse dans Cléo de 5 à 7, celui, utopique et finalement tragique, de François dans Le Bonheur, celui de Mona si réfractaire aux autres dans Sans toit ni loi, celui, forcément cloisonnant, de Quelques veuves de Noirmoutier, celui, ludique et autobiographique, de L'Île et Elle ou bien celui de la France occupée dans son Hommage aux Justes de France. Ce volume est issu d'un colloque international organisé à l'université Rennes 2 en novembre 2007. Il réunit une vingtaine de textes qui mettent en évidence la richesse et la cohérence du cinéma d'Agnès Varda ainsi que ses prolongements et saluent ce parcours unique, d'une liberté jamais démentie.
Né en 1917 à Canton, dans le Sud de la Chine, Hou Hsiao-hsien et sa famille, dans une période particulièrement trouble, se réfugient dés 1918 sur l'île de Taiwan. C'est là où il grandit, devient vite orphelin et cède à la délinquance avant de découvrir le cinéma. Dans les année 1980 il devient l'un des principaux cinéastes de la Nouvelle Vague taiwanaise. Ces années d'apprentissage, comptant déjà quelques grandes réussites (notamment Un temps pour vivre, un temps pour mourir) précédent la reconnaissance internationale. Le Lion d'or obtenu en 1989 pour La Cité des douleurs consacre en effet un cinéaste qui comptera parmi les plus importants des années 1990 et 2000. Entre films consacrés à l'histoire de Taiwan, films autobiographiques, films montrant la jeunesse contemporaine et expériences à l'étranger, les oeuvres marquant profondément cette période et unanimement saluées par la critique sont nombreuses : Le Maître de marionnettes, Goodbye South, Goodbye, Millennium Mambo ou encore Café Lumière. En s'interrogeant plus particulièrement sur le traitement de l'espace, du temps et du son à l'oeuvre dans l'ensemble de la filmographie du cinéaste taiwanais, les 14 textes constituant cet ouvrage collectif tentent de mettre en évidence les qualités formelles de l'un des plus grands cinéastes de notre temps.
Le court métrage occupe une place à part dans le cinéma français, assurant non seulement le renouvellement des générations, mais favorisant aussi les expérimentations formelles les plus diverses. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, on lui doit un intérêt tout particulier pour le documentaire, genre très peu usité à l'époque dans le cadre du long métrage. Certes, la logique est encore souvent celle de la commande à l'initiative de groupes industriels ou d'institutions ministérielles par exemple, mais cette attention nouvelle portée au réel incite à un profond renouvellement des tendances dramaturgiques et esthétiques. Minoritaire par le nombre de films réalisés, la fiction offre aux réalisateurs un second terrain d'expérimentation qui trouve à s'exprimer dans le court métrage ou le film à sketches, notamment par le biais de la comédie, de l'animation et de l'adaptation littéraire. Ce volume entend non seulement explorer la production des documentaires et des fictions produits dans le court métrage entre 1945 et 1968 mais aussi montrer que la vivacité de la forme brève, sa modernité même, passe justement par sa capacité à s'émanciper des frontières traditionnellement dressées entre documentaire et fiction. D'un film à l'autre, mais aussi au sein d'un même film. Les études rassemblées dans cet ouvrage s'intéressent à des cinéastes parmi les plus importants de l'histoire du court métrage français: Jean Cocteau, Claude Chabrol, Jacques Demy, Robert Enrico, Pierre Etaix, Jean-Luc Godard, Paul Grimault, Pierre Kast, Roger Leenhardt, Eli Lotar, Jean Painlevé, Paul Paviot, Jean-Daniel Pollet, Pierre et Jacques Prévert, Jean Rouch, Eric Rohmer, Georges Rouquier, Jacques Tati, etc.
Cet ouvrage résolument composite, comme son titre le suggère, s'inscrit dans la suite d'un autre recueil, Twist dans le studio de Velasquez, publié en 1998. Les textes regroupés ici (préfaces, articles, poèmes, récits, embryons de fictions, chansons, entretiens, échanges de mails), ou plus exactement étirés en chapelet, pour une grande majorité de circonstance ou de commande, sont présentés sans retouches (aux corrections d'usage près) par ordre alphabétique. Certains diront peut-être à propos de quelques-uns d'entre eux qu'il s'agit de fonds de tiroir. Absolument ! Et pourquoi le nier ? Je ne cherche pas le moins du monde, en effet, à hiérarchiser ce que j'écris. Par ailleurs, les plus anciens de ces textes ont, de fait, été retrouvés presque par hasard, comme lorsque, ouvrant une malle remplie de vieux papiers, on y découvre des bouts de soi-même oubliés. Leur provenance est indiquée en fin de volume.
Les cartons de Jean-Michel Vlaeminckx sont remplis de souvenirs de famille. Les proches qui l'ont entouré et accompagné sa vie durant : Michèle, Tom et ceux que Jean-Michel a accompagnés et suivis : Mary, Chantal, Marion, Jaco, Joachim, Luc et Jean- Pierre, Bouli... La grande famille du cinéma belge était aussi la sienne, sa famille de coeur qu'il admirait. Il a mis tout son savoir-faire au service des créateurs d'images, ceux qui se trouvent derrière la caméra, sur les côtés, hors champ, et devant la caméra. Il leur a donné ce qu'il recevait : reconnaissance, estime et connivence. Sans ces ingrédients, les photos de JMV seraient de simples clichés, témoins d'un réel révolu. Mais ses prises de vue vont au-delà, elles reflètent l'âme du septième art. "Le regard des regards", comme il aimait dire.
Le piano n'est pas un objet ordinaire à l'écran. Dans les films habités de sa présence, ce meuble joue un rôle clef, qui éclaire la poétique des cinéastes. Cet essai s'attache à la cinégénie secrète de l'instrument de musique par excellence. On a cherché à identifier quelques figures majeures du piano, telles que de grands auteurs les ont façonnées. Douze haltes ponctuent ce chemin, depuis Max Ophuls et ses pianos-miroir et horloge, Jean Renoir et son piano-boîte à musique, et Jean Grémillon avec son piano-moteur. On rencontre le piano-coeur de Lubitsch, le piano-rêve que partagent Dreyer et Bunuel, le piano-radio de Borzage et le pianopensée de Sirk ; ainsi que le piano-outil d'Hitchcock et le piano-sentiment de McCarey. Enfin, on s'aventure dans les séries du piano-démon (avec Robert Wiene, Karl Freund, John Brahm, Robert Florey et Edmond T. Gréville) et du piano-porte-voix (en compagnie de Roy Rowland, Nicholas Ray, Jean-Claude Guiguet, Robert Bresson, Pier Paolo Pasolini et Jean-Luc Godard), le piano-ange de Jacques Demy demeurant à part. En prélude et postlude, on fête le piano-cinéma d'Oliveira et Grémillon, et le piano-âme d'un trio de poètes d'aujourd'hui : Todd Haynes, Pere Portabella et Peter Sülyi. Après ce voyage, le lecteur ne considérera plus un piano dans un film du même oeil ni de la même oreille, c'est le bonheur qu'on lui souhaite.
Après des poèmes remarqués et des scénarios pour Andzej Wajda et Roman Polanski (Les Innocents charmeurs, Le Couteau dans l'eau),Jerzy Skolimoski a été le représentant le plus talentueux du jeune cinéma polonais des années 60 avec Signes particuliers : néant, Walkover et Le Départ, salués alors avec admiration par Jean-Luc Godard. En 1967, Haut les mains ! lui vaut de graves problèmes de censure qui le forcent à s'exiler ; il entame une nouvelle carrière plus chaotique, marquée par d'autres grands films (Deep End, Le Cri du sorcier, Travail au noir, Le Bateau-phare, Ferdydurke). Il tourne en Italie, aux Etats-Unis et surtout en Angleterre, en s'adaptant admirablement à des contraintes économiques inconfortables. En 1991, il se retire pour s'adonner totalement à la peinture, qu'il a toujours pratiquée parallèlement au cinéma. Puis en 2008, c'est un très attendu retour avec Quatre Nuits avec Anna, suivi d'Essential Killing, deux films qui le placent à nouveau parmi les cinéastes contemporains les plus importants. Ce livre réunit des admirateurs de longue date de Skolimowski ; il a pour ambition de cerner les modulations d'une oeuvre protéiforme en mêlant entretiens avec le cinéaste, témoignages d'amis et de collaborateurs, mises en perspective historiques et essais critiques. Divisé en quatre parties correspondant aux quatre étapes du parcours de Skolimowski : les premiers films en Pologne (1959-1967) ; l'exil (1967-1991) ; la peinture (1992-2008) ; le retour au cinéma et en Pologne (2008-2012), l'ouvrage forme un ensemble critique très riche où se répondent des points de vues variés.