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Au bout de la violence / Les quartiers Nords ont tué les trois hommes de ma vie
Feriel Elina, Martin-Roland Michel
JC GAWSEWITCH
19,90 €
Épuisé
EAN :9782350134130
Avant-proposMon histoire n'est pas ordinaire pour une jeune mère de trois enfants. A l'âge de vingt-sept ans, j'ai perdu mon mari, tué par balles dans les quartiers Nord de Marseille. Cinq ans plus tard, mon frère est tombé à son tour sous une rafale de Kalachnikov et, au printemps dernier, l'homme avec qui j'avais refait ma vie n'a pas réchappé d'un guet-apens à l'arme automatique.J'ai décidé de la raconter pour commencer enfin à vivre, pour ne plus me contenter d'exister. Le seul moyen, me semble-t-il, c'est de faire face et de me vider de ce sang, de ces larmes, de cette merde; de déposer sur le papier ces horreurs, de les assumer au grand jour puis de refermer le livre afin de pouvoir en ouvrir un nouveau et d'y coucher des pages de bonheur.Je suis une femme brisée. Mon chemin est jonché de deuils. Je pleure les trois hommes qui ont compté le plus pour moi: mon mari, mon frère, mon compagnon. Mais je suis une femme debout. Je suis une fille d'immigrés, d'un milieu modeste, issue d'une cité populaire de Marseille. J'ai grandi sans mère, au milieu d'une smala d'enfants, avec ce terrible sentiment de dénuement et d'abandon. J'ai appris à vivre dans la rue.Je sais qu'en me livrant, en me délivrant, je cours le risque d'être incomprise, voire condamnée. Je l'accepte car, au-delà de mon sort, ces pages s'attachent à décrire l'univers où j'ai vécu: celui des cités à l'abandon de Marseille, qui offrent en permanence un défilé d'images de violence et d'insécurité, lesquelles nourrissent la peur. On le voit tous les jours à la télévision; le sang coule trop souvent dans nos rues: cinq morts déjà en 2013, après une hécatombe de vingt-cinq victimes de règlements de comptes l'an dernier et vingt-trois en 2011. Cette litanie des morts et des blessés, le discours anxiogène sur les zones de non-droit, livrées aux trafiquants et à la loi des armes, sont les fruits amers d'une situation complexe. Au-delà des clichés médiatiques, notre réalité est beaucoup plus écorchée que peuvent le soupçonner ceux qui vivent hors de nos murs.Je ne cherche à accuser personne, je ne cherche pas à me lancer dans un réquisitoire systématique contre les mécanismes malveillants de la société française. Je dis ma vie telle que je l'ai vécue, avec ses ratés, ses réussites, ses joies et ses cicatrices...Je tente à ma façon, directe, parfois brutale, mais j'espère toujours rigoureuse, de poser une pierre à l'édifice de la compréhension mutuelle, de construire un pont. Car si ce fossé continue de s'élargir, nous nous préparons tous des lendemains effroyables. L'écho des rafales de Kalachnikov d'aujourd'hui semblera bien faible au regard des catastrophes à venir. Les crimes, les règlements de comptes à répétition qui ensanglantent nos rues, brisent nos familles, détruisent nos existences, ne doivent pas seulement faire la une des médias. Et l'on ne peut se satisfaire des bonnes paroles électoralistes de ceux qui nous gouvernent ou aspirent à nous gouverner. Il faut que chacun, à Marseille et dans les villes qui connaissent leurs «problèmes de banlieue», leurs «quartiers difficiles», prenne conscience des enchaînements qui ont fait naître cette misère. Comprendre, c'est déjà beaucoup. Fasse que mon témoignage, avec toutes ses larmes, ses faiblesses et ses deuils, y contribue.A trente-quatre ans, j'ai le sentiment d'avoir vécu plusieurs vies. Je les livre ici, sans masque, sans mensonge, sans travestissement. J'ai dû modifier certains noms, taire certains épisodes encore explosifs. Hormis cette précaution, ces pages disent qui je suis, non pas celle qu'on a toujours voulu que je sois.
Au lendemain du « Printemps arabe » de 2011, l?identité et la culture de la Tunisie sont devenues des enjeux politiques. Faisant écho à ces débats contemporains, les images de ce livre, qui couvrent un siècle d?histoire tunisienne, sont autant de clefs qui permettent de mieux comprendre un pays, que son antique et précieuse vocation de trait d?union situe plus que jamais à l?avant-garde des idées, des luttes et des révolutions à venir. L?originalité de cet ouvrage est notamment d?avoir cherché à accorder une large part à des images d?amateurs. Souvent produites par les Tunisiens eux-mêmes et issues d?archives personnelles, ces photos de famille ne luttaient certes pas à armes égales avec les représentations coloniales. Mais loin des clichés et de l?imagerie officielle, elles racontent une autre Tunisie: celle d?une élite qui, malgré la colonisation, continue dans la représentation de sa vie quotidienne à affirmer son identité et à cultiver sa différence. Et qui contribua à inventer une certaine modernité arabe, faite de luttes et de résistance, mais aussi d?un esprit d?ouverture et d?une capacité à faire dialoguer entre eux les peuples et les cultures. Ce livre donne à voir, à travers l'image, la vie des différentes communautés de la Tunisie entre le Pacte fondamental de 1857 et l?Indépendance de 1956, en mettant l'accent sur la richesse et la diversité du quotidien. Des textes introductifs à chacune des parties (les communautés, les villes, les campagnes, les religions, les femmes, les sociabilités et, enfin, les liens et ruptures) permettent de resituer les documents dans leur contexte d'origine, un décryptage nécessaire pour appréhender à la fois la réalité dont ils rendent compte, mais aussi la manière dont cette réalité est présentée. La très riche iconographie rassemblée ? souvent inédite ? permet une vue d'ensemble rarement proposée.
Loi discriminatoire promulguée en 1984, le code de la famille va à rencontre de l'égalité entre les hommes et les femmes, promise dès la lutte pour l'indépendance et inscrite dans la Constitution. Il cristallise les actions menées par les Algériennes qui militent pour cette égalité. Malgré un environnement politique fait d'obstacles et de contraintes - poids de la période coloniale qui a réduit le statut des femmes à un enjeu d'identité nationale ; limites imposées aux libertés publiques par un régime autoritaire ; cycle de violences extrêmes des années 1990 qui a paralysé l'activité politique et compromis la poursuite du mouvement -, les Algériennes sont parvenues à s'organiser et à se faire entendre et les associations ont toujours su, avec pragmatisme, trouver de nouvelles ressources, en particulier au niveau international. Un récit au plus près de la lutte des Algériennes pour le changement de leur statut, ponctué d'interrogations sur les perspectives qui leur sont ouvertes depuis la révision en trompe-l'oeil du code de la famille en 2005.
La violence et la délinquance de guerre sont difficilement compréhensibles dès lors qu'elles engagent des enfants. Pourtant, c'est une réalité endémique qui continue de sévir dans plusieurs parties du monde. Après avoir utilisé les enfants, ces mêmes sociétés, au sortir des conflits, leur tournent le dos. Ils ne sont plus considérés comme des enfants, tant leurs actes ont été abominables. Ils deviennent même une honte pour la communauté qui essaye tant que bien mal de cacher leurs méfaits. Elle les abandonne une seconde fois à leur sort, préférant axer la priorité sur la reconstruction morale et physique du pays. Ces enfants violents, délinquants ou soldats sont voués à une agonie morale certaine. Au sortir des conflits, s'ils ne sont pas en prison, ils sont dans les rues. Et la rue qui va les accueillir, va aussi les déformer, les marginaliser. Le second tome évoque donc le passage à l'acte de l'enfant qui a grandi et qui a été sevré dans la violence ; les mécanismes d'embrigadement, les profils types des enfants les plus voués à entrer dans cette spirale. Spirale infernale qui fait que ni la victime ni l'ancien bourreau ne pourront accéder à leur humanité retrouvée. Alors ces gamins de la guerre, devenus gamins des rues se réinventent leur histoire, leur vie et leur enfance volées.
La ville piétonne est-elle un sujet d'histoire ? Elle semble plutôt relever des projets pour la ville du XXe siècle et tourner la page d'un XXe siècle "automobile". Le thème n'est pourtant pas nouveau. Qui se souvient qu'il y a cinquante ans, au début des années 1970, la proposition était sur toutes les lèvres et que les plus grandes métropoles au monde rivalisaient déjà de projets ambitieux ? Une révolution urbaine a-t-elle alors été manquée ? Explorant le sujet des années 1930 aux années 1980, Cédric Feriel démontre que la ville piétonne constitue depuis bientôt cent ans l'un des héritages méconnus de la ville contemporaine. Au mème titre que les grands ensembles ou les villes nouvelles, elle est un terrain pour évaluer la manière dont les pouvoirs et les sociétés ont façonné l'urbain. Pourquoi dès lors ne tient-elle quasiment aucune place dans l'histoire de la formidable transformation de la ville après 1945 ? C'est qu'elle rentre mal dans un récit souvent pensé autour des Etats aménageurs, des avant-gardes architecturales et du destin des géantes que sont New York, Paris, Londres ou encore Tokyo. L'ouvrage déplace la focale sur le réseau des "métropoles ordinaires" (Cologne, Copenhague, Amsterdam, Munich, Rouen, Norwich, Minneapolis). A cet échelon se joue une autre réalité de l'urbanisation des années de croissance. Elites urbaines et pouvoirs municipaux tentent d'y tracer une trajectoire alternative sur les voies de la modernisation : celle d'une urbanisation à visage humain. Croisant les échelles d'analyse locale, nationale, transnationale, les sources archivistiques et les écrits théoriques sur la ville, La ville piétonne propose une relecture inédite de la relation des sociétés urbaines à la ville au XXe siècle, loin de la détestation supposée de la ville contemporaine.
Le 13 mars 2010, Jean Ferrat nous quittait. Une vague d'émotion avait alors envahi le pays, touchant tous les milieux sociaux sans distinction. Plus d'un an après, ce livre de photos revient sur le parcours peu connu de ce chanteur dont la disparition a ému tant de Français. Enfant des quartiers populaires de la banlieue parisienne, fils d'un père mort à Auschwitz, Jean Ferrat fut un homme non pas secret mais réservé, qui se tenait loin du show-biz. Des vers inoubliables, "Aimer à perdre la raison, Et ne connaître de saisons, Que par la douleur du partir" ou "Pourtant, que la montagne est belle" aux textes politiques comme "Cuba si" ou "Ma France", ce livre raconte la trajectoire d'un homme amoureux des mots mais surtout profondément engagé quand il s'agissait de prêter sa voix à de grandes causes. Cet ouvrage a été réalisé en collaboration avec le journal l'Humanité.
François Guénard est professeur de mathématiques à l?université d?Orsay. Il est ou a été également examinateur pour de multiples épreuves à l?université, en classes préparatoires ou encore à l?école Centrale.
Comment imaginer survivre en prison lorsqu'on est séropositif, vu les conditions de détention dans les maisons d'arrêt françaises: surpopulation carcérale, violation de l'intimité des prisonniers, mauvaises conditions sanitaires...? C'est le combat quotidien de Laurent Jacqua, incarcéré depuis l'âge de 18 ans, sorti en janvier 2010 de la maison centrale de Poissy.Détenu depuis 1984, Laurent Jacqua est au départ réfractaire à toute forme d'autorité et passe de longs séjours au mitard. C est dans ces quartiers d'isolement qu'il subira une trithérapie. « Je ne dors plus, je ne mange plus, je meurs, j'agonise et je n'ai plus de force, de résistance. [...] Personne ne s'inquiète, je meurs en cellule seul comme un chien. », écrit-il dans son blog, le premier tenu par un prisonnier. Véritable rebelle rescapé du monde carcéral, on lui refuse une suspension de peine après l'adoption de la loi Kouchner, qui devrait permettre une libération anticipée pour les prisonniers malades.Soutenu par sa femme, rencontrée en prison, il se bat aujourd'hui pour l'amélioration des conditions pénitentiaires en général, et plus particulièrement celle des malades du SIDA. Il est le premier, depuis 2006, a tenir un blog en tant que détenu Il y publie des textes en prose, des poèmes et des dessins.Héros ou criminel selon les points de vue, Laurent Jacqua apporte un témoignage accablant sur les conditions de prise en charge de la maladie en détention, d'un point de vue sanitaire et psychologique. Un texte choc, sans concession, d'une justesse troublante.
Avril 1912. Près de 2200 passagers embarquent à bord du Titanic pour une traversée inaugurale qui promet d?être exceptionnelle. Dans les salons du palace flottant se presse la fine fleur de la High Society d?une époque encore dorée : magnats et artistes américains, aristocrates anglais. On côtoie le fringant milliardaire John Jacob Astor IV et sa jolie épouse Madeleine, l?industriel Benjamin Guggenheim, accompagné de Ninette, sa maîtresse parisienne. On croise le journaliste anglais Stead, connu pour ses prises de position militantes, ou encore le peintre et écrivain Francis Millet. D'autres hôtes brillants peuplent les couloirs du Paquebot, l? « insubmersible Molly Brown » ou le Major Archibald Willingham Butt, conseiller de Théodore Roosevelt. S'appuyant sur des témoignages de rescapés, Hugh Brewster fait revivre un moment très particulier à l?aube du vingtième siècle, quand le miracle industriel permettait de croire que tout était possible, que le progrès n'était qu'une irrésistible avancée triomphante semblable à celle du Titanic, sur les flots de l'Atlantique. On sait ce qu'il advint... du paquebot et de ce siècle.