Tour à tour sacralisé, transformé, utilisé ou violé, le corps des femmes incarne lidée même de désir : le fétiche de la représentation, nous dit la philosophe Judith Butler. Comment casser la triade sexe, genre et désir qui fait de lhomme lunique sujet désirant et de la femme, léternel objet désiré ? Est-il possible de penser le désir hors des identités sexuelles ? Pour sortir de cette impasse politique, symbolique et narrative, il faut rompre avec cette équation qui domine lespace des représentations de la sexualité. En revoyant les scripts sexuels à loeuvre dans notre imaginaire, du Petit Chaperon rouge à Merveilleuse Angélique, les articles rassemblés ici réfléchissent à la question des femmes qui désirent et agissent, tout en examinant ses figurations dans les images et les textes contemporains. Loccasion dexplorer de manière critique le désir féminin au plan de la production artistique, de la réception et de linterprétation symbolique. Au final, y a-t-il même un authentique désir à désirer , loin des représentations dominantes ? Des textes de Karine Bellerive, Isabelle Boisclair, Nicole Côté, Wendy Delorme, Martine Delvaux, Philippe Dumaine, Catherine Dussault Frenette, Karen Ferreira-Meyers, Stéphanie Kunert, Jonathan Lamy, Vincent Landry, Audrey Laurin, Julie Lavigne, Sabrina Maiorano, Joëlle Papillon, Lori Saint-Martin, Julie Silveira et Nathanaël Wadbled.
Résumé : La mine, c'est à la fois le crayon, l'expression et le potentiel explosif. Nous disons mines de rien, parce qu'il s'agit de petites choses, ces petits riens souvent passés sous silence, et qui, pourtant, nous minent. Trois professeures de lettres délaissent les formes académiques pour se donner le plaisir des billets d'humeur, de l'archéologie du quotidien, en solidarité avec toutes celles qui subissent les humiliations invisibles. Têtues, critiques, moqueuses ou graves, elles s'entendent sur un point: si le monde a beaucoup changé, si l'égalité semble à portée de main, le sexisme demeure bien vivace partout. Mines de rien, ce sont trois féministes qui mettent en commun leurs plumes grinçantes pour dépeindre nos travers avec des lunettes pas vraiment roses. Du marketing aux toilettes publiques, en passant par les médias sociaux, la culture du viol, l'instinct maternel ou la masturbation, leurs chroniques s'indignent de l'ordinaire sexiste, et prouvent qu'il est aussi arbitraire qu'anachronique. Ici la conscience aiguë du phallocentrisme n'est pas un poids, mais un moteur. Mieux vaut, paraît-il, en rire. Mieux vaut surtout s'en indigner.
Comment se fait-il qu'on en soit arrivé là, à notre époque, après environ deux siècles ? A accepter l'idéologie selon laquelle nous ne serions qu'un corps matériel issu d'une "?première cellule?", considérée comme la plus petite unité de matière capable d'accomplir les fonctions physiologiques liées à la vie. Tout ceci alors que l'esprit de chaque individu serait descendu du monde spirituel vers la Terre pour y accomplir d'autres formes d'évolutions. C'est dans le cadre d'une science de l'activité de la connaissance, fondée sur l'intégrité de la nature humaine, que l'auteur a entrepris ce parcours. C'est pourquoi, le moment venu, il est devenu à la fois le sujet et l'objet de cette quête évolutive, tout en bénéficiant des apports de très nombreux penseurs de différentes disciplines qui lui ont permis de s'enrichir et de s'élever en accueillant leur singularité.
Boisclair Louise ; Andrieu Bernard ; Havas Camille
Que peut un corps en état d'alerte ? Que signifient les émersions qui traversent du corps vivant au corps vécu ? Cet essai plonge dans trois immersions limites du corps, plaqué au sol par une chute brutale, incubé après une naissance prématurée, frigorifié lors d'une excursion par temps glacial. Chaque récit en première personne expose les tenants et aboutissants de cette écologie corporelle qui fait ensuite l'objet d'une théorisation. Emersivité du corps en alerte. L'expérientiel 2 poursuit alors une triple hypothèse : primo, l'attention change de registre et s'introduit dans des zones corporelles subconscientes ; secundo, le récit expérientiel, autocentré ou hétérocentré, ancre le connaître dans le corps vivant ; tertio, l'expérience vécue revêt une qualité esthétique à condition d'aller jusqu'au bout. Dans la lignée de l'émersiologie (Andrieu), cet essai met à l'épreuve la démarche transformationnelle exposée dans Art immersif, affect et émotion. L'expérientiel 1. Il intéressera les adeptes du corps vivant pour qui le connaître en acte vivifie le savoir interdisciplinaire.
Qu'en est-il du masculin et du féminin dans la production littéraire contemporaine? Que permettent d'apprendre sur les textes du passé les hypothèses actuelles quant au caractère culturel du dispositif de la différence des sexes? Cette mise en question de l'identité de genre est-elle présente dans la littérature? Autant de questions qui peuvent être soulevées au moment d'interroger les textes, en recourant aux notions de détermination et d'indétermination, de brouillage et de glissement du genre, qui sont reliées de près à celle de l'identité sexuelle. Chaque texte littéraire recèle une vision du genre sexuel et constitue à ce titre un lieu de médiation où il est possible de reproduire ce dispositif ou de le subvertir. Aborder la question du genre vient ouvrir, en quelque sorte, celle du féminin et poser, à ses côtés, celle du masculin, et, plus globalement, celle de la division du monde.
O'Leary Véronique ; Toupin Louise ; Bergeron Marie
En 1969, alors que renaissait le féminisme dans la plupart des pays occidentaux, des femmes formaient au Québec le Front de libération des femmes. A la suite de sa dissolution, des militantes créent en 1972 le Centre des femmes, dont les activités se poursuivent jusqu'en 1975. Ces militantes ont établi les assises du féminisme révolutionnaire québécois. Cette nouvelle édition présente la collection complète des journaux Québécoises Deboutte ! publiés entre 1972 et 1974, des tables rondes avec les militantes de ces groupes, ainsi qu'une nouvelle introduction. Elle veut rendre femmage aux pionnières pour qui la libération des femmes et la lutte pour le socialisme ne faisaient qu'un.
Mina habite tout près d'une foret. Un beau jour, elle s'y perd et prend peur : des animaux pourraient L'attaquer ! Contre toute attente, une aimable cougar lui vient en aide et lui apprend à s'organiser. Equipée de sa débrouillardise et de ses connaissances sur les animaux, Mina parvient à se faire des amis parmi les bêtes qu'elle redoutait tant et à déjouer la tromperie d'un étrange lièvre. La forêt n'est plus si effrayante quand on s'unit et qu'on reprend confiance.
Mathieu se laissait ligoter et suspendre au plafond de ma salle à dîner ; j'accrochais des ampoules LED à son sexe et ça me faisait un joli lustre. Arsène couchait systématiquement avec toutes ses étudiantes de maîtrise ; nous le surnommions "Arsènement Sexuel" et ce connard trouvait ça drôle. Louis le barista faisait chaque jour une faute en écrivant mon prénom sur ma tasse ; il m'a sautée dans l'arrière-boutique - j'ai un faible pour les dyslexiques. Eyael avait des ailes de feu, un sexe en or et son foutre exhalait la rose et la myrrhe ; il a cessé de venir me visiter la nuit quand les médecins ont ajusté ma médication.