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Le retour de l’accusation de blasphème est une révolution dans notre vie publique
Favret-Saada Jeanne ; Esquerre Arnaud
AOC
8,00 €
Épuisé
EAN :9782956720140
A quelques mois d'intervalle, entre 1988 et 1989, et à la faveur d'un film de Martin Scorsese, La Dernière tentation du Christ, et d'un roman de Salman Rushdie, Les Versets sataniques, l'accusation de blasphème a soudainement refait actualité dans nos paisibles démocraties pluralistes. Ce fut un tournant pour l'anthropologue Jeanne Favret-Saada, qui n'a eu de cesse, depuis, d'enquêter sur ce retour de bâton religieux, y compris les caricatures de Mohomet. Un an avant l'assassinat du professeur Samuel Paty, AOC avait choisi d'accueillir un entretien important entre Jeanne Favret-Saada et Arnaud Esquerre, un texte refusé par la revue Terrain qui l'avait initialement commandé pour un dossier intitulé... "Faire taire" . En revenant sur les enquêtes qu'elle mène depuis trente ans sur ces sujets, Jeanne Favret-Saada nous permet de mieux saisir comment le mot blasphème a fait son grand retour à la "une" des journaux.
Dès la première entrevue, Madame Flora voulut que je nomme les ennemis que j'avais pu me faire. Or j'avais beau ne pas croire qu'un sorcier ait pu poser des charmes susceptibles de me rendre malade, j'avais beau ne pas croire que nommer soit tuer, je fus dans une totale impossibilité de lui livrer aucun nom. Chaque fois qu'elle me pressa de le faire, en frappant la table de ses cannes, j'eus l'esprit aussi vide qu'un analysant sommé de faire des associations libres [...] L'anthropologue, devenue aussi psychanalyste, rapporte ici la suite de ses travaux sur la sorcellerie dans le Bocage de l'Ouest français. Elle s'est laissé impliquer dans les processus qu'elle étudiait. Certains ont vu en elle une désorceleuse, d'autres une ensorcelée - en même temps qu'elle instituait l'anthropologie"symétrique", dont elle fut une pionnière, qui met sur le même pied les deux partenaires de l'interlocution ethnographique. Le présent livre est donc un retour sur les matériaux relatifs au désorcèlement, et pose la question de savoir comment le fait d'" être affecté(e) "permet de construire un discours rigoureux, ici sur la sorcellerie."
Résumé : Le 30 septembre 2005, le journal danois Jyllands-Posten publie une enquête sur l'autocensure des artistes danois qui comporte des articles et des dessins représentant le Prophète de l'islam. L'un d'eux deviendra l'emblème de l'affaire : il montre la tête de Mahomet coiffée d'un turban contenant une bombe à la mèche allumée. Le caricaturiste vise les justifications coraniques des terroristes, mais il va être accusé d'avoir insulté le Prophète, l'islam, et un milliard trois cents millions de musulmans. L'auteur a enquêté au Danemark en 2006 et reconstitué les faits avec minutie, depuis les hésitations de la politique danoise d'intégration des immigrés jusqu'à la coalition de quelques imams radicaux, qui s'emparent de la publication des dessins pour internationaliser une crise locale en s'alliant à de hauts responsables égyptiens et moyen-orientaux. Dans cette nouvelle édition, l'auteur inscrit l'affaire des "caricatures de Mahomet" dans une séquence historique ouverte depuis un quart de siècle par la condamnation à mort du romancier britannique Salman Rushdie en 1989 et poursuivie en 2015 par l'assassinat des collaborateurs du journal satirique français Charlie Hebdo, démontrant comment les conflits sur le droit à la satire et, au-delà, sur le droit à la liberté d'expression, ont aujourd'hui changé d'échelle et de méthode. Jeanne Favret-Saada est anthropologue, directrice d'études honoraire à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, section des sciences religieuses. Elle a notamment publié Les Mots, la mort, les sorts (Gallimard, 1977).
Résumé : Corps pour corps, initialement publié en 1981, constitue une date pour l?ethnographie : il a marqué une rupture dans les travaux de l?anthropologie classique comme de la pensée post structurale en France qui prétendaient à la neutralité de l?enquêteur ou à un idéal de retrait total. Lorsque, en effet, Jeanne Favret-Saada s?installe en 1969 dans le Bocage pour y étudier la sorcellerie, personne ne veut lui en parler, et tenir un journal paraît alors le seul moyen de circonscrire un " objet" qui se dérobe : relater les conversations, incidents, coutumes qui pourraient avoir un lien quelconque avec la sorcellerie, noter systématiquement comment les gens refusent d?en parler. Il en résulte, au bout de deux ans, 2 600 pages de notes dont deux cents seront utilisées dans Les Mots, la mort, les sorts. Plus tard, Josée Contreras conseille à Jeanne Favret-Saada de publier l?essentiel de ce matériau au titre de témoignage sur le monde des sorts mais aussi sur les particularités de cette ethnographie dans laquelle l?observateur ne peut se soustraire au processus qu?il observe : il est " pris ". S?offre ainsi au lecteur le mouvement de la recherche, avec ses tâtonnements, ses hasards, ses impasses, qui restitue en même temps au plus près la parole des habitants du Bocage. Cette réédition de Corps pour corps s?inscrit dans le mouvement d?attention actuel pour les travaux de Jeanne Favret-Saada, entre la parution en 2009 d?un recueil d?articles, Désorceler (L?Olivier), la tenue d?un récent colloque et l?intérêt des cinéastes, près de se concrétiser, pour le sujet.
Reprendre ce matériau souillé et avili qu'aura représenté l'Afrique - et les Africains - et le transformer en matériau astral, voilà où réside la puissance de "Black Panther" et telle est la raison pour laquelle il suscite tant d'effervescence". Achille Mbembe Black Panther est un blockbuster inédit. Comment interpréter cette apparition de l'Afrique dans la conscience techno-cinématographique de notre temps ? Qu'est-ce qui explique que des foules, aux Etats-Unis, au Brésil et ailleurs soient prises dans un tel engouement pour ce qui, après tout, n'est qu'un film ? Dans un contexte de reviviscence de BlackLivesMatter, les hommages qui ont suivi la mort de l'acteur principal, Chadwick Boseman, ont pris une résonnance particulière. Bref, de quel projet politique Black Panther est-il le nom ? Deux textes réunis en un volume tête-bêche pour explorer cette question.
Résumé : Eclipsé par la guerre en Ukraine, le dernier rapport du GIEC souligne l'irrémédiabilité des effets du changement climatique. Si Poutine porte aujourd'hui un coup de semonce inédit à l'idéal de paix issu de 1945, quels bouleversements de l'ordre mondial planétaire découleront du dérèglement climatique ? Au-delà de l'analogie entre ces deux tragédies concomitantes, il s'agit moins de les hiérarchiser que de tenter de les articuler. Saurons-nous tirer partie de cette urgence pour agir en faveur du climat ou succomberons-nous à un ultime et fatal boom des hydrocarbures ? Le sociologue Bruno Latour et la journaliste Naomi Klein éclairent de manière complémentaire la collision inédite de la guerre et du climat.
Une armée d'arbres identiques, comme tirés d'un seul moule et répliqués à l'infini. Cette réplication du même individu augmente en vous le sentiment de votre propre unicité. Sur les troncs, en contre- jour, vous découvrez le fourmillement de la couleur qui s'impose à toute surface. (On vous en avait tant parlé. C'est elle que vous étiez venu chercher.) Un bleu qui vous caresse. Un bleu qui vous pénètre. (Réaction magique de la cyanosynthèse.) L'écorce elle-même dégouline de couleur bleue". Nous sommes en 3620, une équipe de scientifiques se réunit dans le but de préserver la "zone bleue" de l'afflux touristique qu'elle suscite. Pourtant, quelques siècles plus tôt, après la mise au jour de cette forêt située aux confins des Vosges et de la Lorraine, des morts et des pathologies inexpliquées étaient apparues parmi les visiteurs. Les autochtones parlent du mythe d'un soleil mort enfoui profondément sous terre. L'état de la recherche, malgré la découverte du fait que la Zone se trouve au-dessus de déchets radioactifs, patine. On ne connaît toujours pas le dessein des éventuels fondateurs. A moins que la jeune lauréate du concours de nouvelles du Laboratoire de science-fiction organisé en 2052 ne détienne la clé ? Les deux nouvelles d'Aram Kebabdjian sont à lire tête-bêche, et même en miroir, par-delà le dessin de Stéfane Perraud.
A trois reprises ce printemps 2021, l'institution judiciaire fut contestée de façon véhémente pour son laxisme. A la suite de verdicts, ou lors de manifestations de policiers, on a vu émerger l'idée que chacun pourrait négocier un espace d'exception au droit commun pour son propre compte. Comme si la justice, et la République, étaient affaire d'opinion. La nouveauté, ou la gravité, de la séquence, c'est que les champs politique, étatique et nombre de médias épousèrent ces contestations : ils en furent à bien des égards les porte-voix. Ce sont ces trois textes qu'AOC a voulu réunir en un volume pour en faire l'un de ses "Imprimés" .