Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Zone bleue (3620) ; Zone bleue (2052)
Kebabdjian Aram ; Stéfane Perraud
AOC
6,00 €
Épuisé
EAN :9782492542008
Une armée d'arbres identiques, comme tirés d'un seul moule et répliqués à l'infini. Cette réplication du même individu augmente en vous le sentiment de votre propre unicité. Sur les troncs, en contre- jour, vous découvrez le fourmillement de la couleur qui s'impose à toute surface. (On vous en avait tant parlé. C'est elle que vous étiez venu chercher.) Un bleu qui vous caresse. Un bleu qui vous pénètre. (Réaction magique de la cyanosynthèse.) L'écorce elle-même dégouline de couleur bleue". Nous sommes en 3620, une équipe de scientifiques se réunit dans le but de préserver la "zone bleue" de l'afflux touristique qu'elle suscite. Pourtant, quelques siècles plus tôt, après la mise au jour de cette forêt située aux confins des Vosges et de la Lorraine, des morts et des pathologies inexpliquées étaient apparues parmi les visiteurs. Les autochtones parlent du mythe d'un soleil mort enfoui profondément sous terre. L'état de la recherche, malgré la découverte du fait que la Zone se trouve au-dessus de déchets radioactifs, patine. On ne connaît toujours pas le dessein des éventuels fondateurs. A moins que la jeune lauréate du concours de nouvelles du Laboratoire de science-fiction organisé en 2052 ne détienne la clé ? Les deux nouvelles d'Aram Kebabdjian sont à lire tête-bêche, et même en miroir, par-delà le dessin de Stéfane Perraud.
Résumé : Près de 400 cartes postales anciennes illustrent l'histoire arménienne, au tournant des années 1900-1915. Sur les pas d'un orphelin à la recherche de ses racines, découvrez, au fil des pages de L'Arménie d'Antan, l'album d'un peuple dispersé. "Je suis le maillon rompu d'une longue chaîne. De ma première enfance, nul ne retrouvera jamais le fil. Plus tard, bien plus tard, sur l'autre versant de la vie, quand remonte des profondeurs la nostalgie des origines, je ne pus répondre à l'enfant qui m'interrogeait : "Grand-père, parle-moi de tes parents." Alors, faute d'une mémoire individuelle, je me constituai une mémoire collective, album imaginaire d'un temps doublement disparu. A travers l'évocation figée de la carte postale, je fis surgir une parentèle fictive, idéale et probable. J'animai un théâtre d'ombres pour le pèlerinage d'adieux d'un peuple à ses montagnes, à ses arbres, à sa glèbe et à ses cimetières, avant que la cohorte des sans-nom descendent des "fleuves impassibles" qui l'engloutiraient à jamais."
Les images présentées ici n'ont jamais été vues. Elles sont tirées d'un film de Michel Andrieu et Jacques Kébadian, avec des images tournées par le collectif ARC, en mai-juin 1968, Le Droit à la parole. Mais ce qui n'a jamais été vu, ce qui apparaît ici pour la première fois, et que révèlent les photogrammes tirés par Jacques Kébadian de ce qui a été enregistré dans les journées de mai, ce sont les traces que forment les images quand elles sont arrêtées. Un autre état du visible, ordinairement masqué par le mouvement même des images dans le projecteur. Qu'on interrompe ce mouvement et l'image apparaît pour ce qu'elle est : traces claires et sombres dans un cadre immuable, traînées d'ombres et de lumières, poussières d'image éclaboussant le rectangle du cadre. L'événement, dont tant d'images ont partout circulé, devient énigmatique, illisible, mystérieux, en ceci qu'il rejoint sa généralité la plus grande, non anecdotique, essentielle : postures, gestes interrompus, attitudes suspendues, interruption du temps qui court d'habitude à travers les images et qui, ici figé, montre les mouvements inaccomplis, comme en réserve, en attente. Une bataille de rue est un ballet dans des fumées. A cinquante ans de distance, l'usure du temps a sans doute dégradé l'homogénéité photographique de la pellicule, mais l'effet premier, l'effet majeur de cette dégradation est de libérer les prises de vue de la nécessité ordinaire de l'analogie photographique qui commande à la ressemblance, à l'identité, au "réalisme". Ces jeunes gens, ces étudiants, ces ouvriers, sont devenus des emblèmes, dans l'histoire mais hors du Temps. Jean-Louis Comolli
Il s'agit d'un travail consacré à Heidegger en tant que ce dernier s'est donné pour tâche de frayer le chemin menant à une pensée post-métaphysique. C'est cette pensée qui est caractérisée comme "pensée en souffrance" au double sens de pensée à venir, qui n'est pas comme telle programmable et à laquelle il s'agit seulement de se préparer, et de pensée cherchant à répondre à l'attente d'une humanité soumise à la dévastation et en recherche de salut. Françoise Dastur a salué ce texte en ces termes : "Ecrit dans une langue claire et élégante, et s'appuyant sur une lecture informée et approfondie de l'oeuvre entière de Heidegger, à laquelle on sent que l'auteur a consacré de longues années de méditation, cet essai se présente comme une tentative d'appropriation personnelle de sa pensée, et comme une mise en relief de ses axes principaux."
Résumé : Anton Sorrus, homme simple et sans histoire, tourne et retourne dans son lit. Sa femme dort, la maison est vide, la peur le ronge. Toutes les ruses sont bonnes pour terrasser l'insomnie. Mais l'apparition d'un son mystérieux, non identifiable et à la provenance douteuse, vient transformer cette nuit sans sommeil en crise obsessionnelle. Un incident de chasse hante sa mémoire, Anton est frustré, sa promotion ne vient pas, une fête a sans doute été organisée sans qu'il soit invité, son beau-père le surveille et l'idée de mort le tourmente. A la poursuite de l'origine de ce son étrange, pour se tirer de l'incertitude, de l'oreiller jusqu'au ciel étoilé, le héros de cette aventure s'élève hors de sa vie ordinaire, pour découvrir les rives d'une vie nouvelle. Une écriture remarquable, précise et élégante, entre le rêve et l'introspection, pour ce huis-clos dans la grande nuit du monde.
Entre les collapsologues et les anti-catastrophistes, un jeu de miroirs s'est formé. Tout se passe comme si les collapsologues donnaient raison aux critiques les plus radicales du catastrophisme. S'ils n'existaient pas, les anti-catastrophistes les auraient inventés. L'homme de paille que ces derniers ont construit pour mieux l'incendier est devenu réel. Mais, comme toujours avec les extrêmes, des points de contact apparaissent. " Jean-Pierre Dupuy
La gauche a un problème d'adresse. Il ne s'agit pas tant de regretter qu'elle se montre malhabile que de constater qu'elle se trompe souvent de destinataires. Plus qu'à susciter la confiance de ses partisans d'aujourd'hui, elle s'ingénie alternativement à obtenir la reconnaissance de leurs adversaires et à invoquer les mânes de leurs ancêtres. Pour s'arracher à la mélancolie, elle gagnerait à mieux s'occuper des siens. Ce sont ces trois textes qu'AOC a voulu réunir en un volume pour en faire l'un de ses "Imprimés" .
Reprendre ce matériau souillé et avili qu'aura représenté l'Afrique - et les Africains - et le transformer en matériau astral, voilà où réside la puissance de "Black Panther" et telle est la raison pour laquelle il suscite tant d'effervescence". Achille Mbembe Black Panther est un blockbuster inédit. Comment interpréter cette apparition de l'Afrique dans la conscience techno-cinématographique de notre temps ? Qu'est-ce qui explique que des foules, aux Etats-Unis, au Brésil et ailleurs soient prises dans un tel engouement pour ce qui, après tout, n'est qu'un film ? Dans un contexte de reviviscence de BlackLivesMatter, les hommages qui ont suivi la mort de l'acteur principal, Chadwick Boseman, ont pris une résonnance particulière. Bref, de quel projet politique Black Panther est-il le nom ? Deux textes réunis en un volume tête-bêche pour explorer cette question.
Entre le temps de la maladie surveillée par les médecins et l'urgence, qui est un des maîtres-mots du présentisme, a surgi un conflit de temporalités, qui s'est cristallisé autour de la question de la mise au point d'un traitement curatif et d'un vaccin. Dans une série, le scénario voudrait que le chercheur génial et marginalisé découvre la bonne molécule qui, au dernier moment, va sauver la communauté. Et dans la réalité ? " François Hartog