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Banlieue de Palerme. Une version sicilienne de l'exclusion urbaine
Fava Ferdinando ; Augé Marc
L'HARMATTAN
33,50 €
Épuisé
EAN :9782296026704
Depuis une vingtaine d'années, articles de quotidiens et reportages télévisés décrivent sans retenue la banlieue nord de Palerme comme un monde sans foi ni loi, un enfer, un ghetto, un système de valeurs inversé. La Zone d'Expansion Nord - la ZEN - est ainsi devenue le lieu maudit par excellence de la périphérie italienne. Faite de logements populaires occupés illégalement, la ZEN est une enclave sociale séparée du reste de la ville par des frontières symboliques mais aussi physiques. En anthropologue, Ferdinando Fava conduit le lecteur à la découverte de ces frontières dans le récit des médias, le discours savant des urbanistes, la rhétorique de l'administration publique. Il cherche ensuite ressentir leurs effets au quotidien. Tous les gens se voient à travers ces frontières, tous voient ces dernières à partir de leur propre trajectoire biographique. Le lecteur est incité à déconstruire le dispositif de la frontière installé au cœur même des rencontres. A l'écoute des résidents, d'autres cohérences sociales et d'autres soucis - que la représentation dominante éclipsait - sont mis à jour : un pour tous, l'effort de maîtriser sa propre vie. A l'heure des banlieues " enflammées ", l'anthropologie de l'écoute propose un savoir critique mais atteste également de l'existence d'un espace de liberté. Les frontières sont avant tout imaginaires, ce sont des créations partagées faites des murmures du quotidien. Il pourrait en être autrement, en recommençant à écouter.
Récit d'un voyage intérieur entre l'Orient et l'Occident "Je me demande si une seule personne se souvient encore de moi. Depuis le temps que je ne communique plus avec le monde extérieur, j'ai certainement fini par être rayé de tous les carnets d'adresses et même de la mémoire de ceux qui m'ont connu. Tant mieux. Effacer ses traces est un principe taoïste auquel j'adhère sans remords". Après avoir côtoyé les milieux taoïstes de Chine pendant plusieurs années, Patrice Fava, sinologue et anthropologue, se retire dans son ermitage ardéchois, une ancienne ferme dont il entreprend de faire un cabinet de travail, un temple taoïste et un observatoire de la nature. Il y tient son journal en forme de promenade intellectuelle, dans lequel il fait dialoguer l'Orient et l'Occident, les grands représentants de la culture chinoise et les penseurs de notre modernité, d'André Breton à Michel Foucault. Pour l'ermite taoïste de l'Ardèche, il faut repenser, à la lumière du taoïsme, la nature, l'art, la philosophie et la religion, pour sortir des impasses dans lesquelles se complait l'homme moderne et renouer les fils que la société industrielle a sectionnés. Au XVIe siècle, Tu Long écrivait : "Il est facile de parler du Tao, mais il est difficile de le pratiquer. Si on l'ignore dans son aspect théorique, on est comme un aveugle qui cherche son chemin, mais le comprendre sans le pratiquer, c'est comme dessiner une galette pour apaiser sa faim". A la fois manifeste et traité de savoir-vivre, ce livre entend aborder le taoïsme du point de vue théorique et pratique.
Résumé : Teresa a quitté la Sicile pour échapper au souvenir de l'assassinat de son père, le pâtissier, resté impuni sur ces terres de mafia. Elle travaille dans un organisme qui s'occupe d'alléger la solitude de malades en fin de vie, elle leur tient compagnie et écoute leurs histoires. Un jour, on l'envoie auprès d'un ancien "brigadiste" tout juste libéré de prison. Elle parle avec lui de son passé, de ce que veut dire tuer un homme, de la vengeance. Elle choisit de faire face à sa vie sans se réfugier dans les lamentations et les lieux communs. Mais rien ne se passe comme prévu. Un court roman, rapide et sec, qui va sans fioritures au coeur de la réflexion sur le meurtre et la vengeance. Claudio FAVA, né en 1957, est un journaliste, écrivain et homme politique italien. La dénonciation du crime organisé est au coeur de son engagement politique.
Qui suis-je pour mes interlocuteurs ? ", aussi habituelle qu'inattendue, souvent retenue au bout des lèvres, cette question atteste, découvre, et parfois brouille, nos identités et nos rapports au quotidien. Si elle est posée au cours de l'enquête anthropologique, elle la transfigure. Elle ouvre, en effet, un espace de réflexion critique où les gestes fondateurs de l'enquête (l'invitation à la parole, la possibilité d'établir des rapports) assument une signification qui échappe au contrôle de l'anthropologue et qui renvoie à la manière de ses interlocuteurs de lui donner du sens. Gérard Althabe nommait cet événement "implication". Dans cet ouvrage, l'auteur s'interroge sur ce que devient aujourd'hui ce concept qui est aussi une manière de procéder dans l'enquête. Il en montre la pertinence par rapport à l'interrogation de toujours qui anime les initiés et les vétérans de l'anthropologie, à savoir comment penser la manière de produire de la connaissance critique à partir de l'expérience directe des autres et avec eux. Par le geste (risqué) de la comparaison, en connectant Althabe à ses contemporains (de Gold aux Adler, de Lourau à Sartre) et puisant à sa propre expérience de recherche, l'auteur en approfondit la dynamique et explicite, par la notion de "lien émergent", sa contribution pour penser le terrain aujourd'hui. Ainsi énoncé, le concept d'implication est porteur de potentialités théoriques inexploitées qui proposent des réponses aux questions de notre temps, à savoir la réflexivité, l'intersubjectivité, l'éthique et la politique de la recherche. Cet ouvrage est un éloge passionné et partisan de cette démarche anthropologique.
Résumé : Richement illustré, ce livre est à la fois une somme unique et un inventaire exhaustif sur la statuaire taoïste. Ce livre est le fruit d'une enquête dans la province chinoise du Hunan qui a duré plus de dix ans. Le point de départ aura été la découverte sur un marché du sud de la Chine de quelques statues en bois polychrome à l?intérieur desquelles se trouvaient des documents de consécration, indiquant, pour certains d?entre eux, qu?il s?agissait de maîtres taoïstes. On y mentionnait la date de fabrication, le nom des personnages représentés, celui des commanditaires, le lieu où se trouvait la statue, les raisons pour lesquelles elle avait été faite, les voeux associés au culte et bien d?autres renseignements concernant l?histoire locale. De très nombreux séjours dans le centre du Hunan apportèrent peu à peu des réponses aux différentes énigmes que posaient l?immense corpus de documents de consécration accompagnant quelque deux mille statues datant pour la plupart de la dernière dynastie mandchoue (1644-1911). Non seulement personne n?avait rencontré dans aucune autre partie de la Chine une statuaire de ce type, mais de surcroît, cette province méridionale du Hunan comptait un très grand nombre de maîtres taoïstes et de sculpteurs qui perpétuaient cette tradition très ancienne. C?est grâce à eux que progressivement furent assemblées les pièces d?un puzzle très complexe qui rendait compte d?un système de croyances qui plongeait ses racines dans l?Antiquité chinoise et rappelait de manière très évidente le culte des immortels du temps de Laozi et Zhuangzi. La confrontation des sources scripturaires, conservées entre autres dans le Canon taoïste compilé au XVe siècle, avec la liturgie des maîtres de cette province, aura permis de mettre en lumière, en dépit des bouleversements de tous ordres qu?à connu le pays, l?extraordinaire continuité dont se prévaut le taoïsme et un très grand nombre de particularités locales, car la transmission au sein de lignées taoïstes s?est faite de manière très différentes dans chaque région de Chine. Le Hunan et sa statuaire auront ainsi été l?occasion d?écrire une nouvelle page de l?histoire du taoïsme qui demeure l?une des composantes essentielles de la civilisation et de la pensée chinoises. Écrit du point de vue d?un anthropologue, ce livre consacré à l?art taoïste du Hunan, ne s?adresse pas uniquement à un public de sinologues. Débordant le cadre des études chinoises, il s?interroge sur la religion en général et fait référence aux travaux de Claude Lévi-Strauss, Philippe Descola, Clifford Geertz ou Alfred Gell, et se réclame à la fois de la philosophie de l?histoire de Marcel Gauchet et de l?héritage surréaliste. La très abondante illustration qui accompagne le texte est constituée de documents inédits qui donnent une dimension indispensable à la compréhension du taoïsme, en tant que tradition vivante.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.