Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
LE THEATRE DE L'OCCUPATION
FAUXBRAS CESAR
ALLIA
9,20 €
Épuisé
EAN :9782844854308
Voici un document d'une rare précision sur la Seconde Guerre mondiale. César Fauxbras rapporte tous les menus faits de la vie quotidienne, de l'augmentation du prix du tabac ou du timbre au dernier prix Goncourt. Il parle de lui ("17 nov. [1939]. Je vais m'inscrire au chômage.") comme de l'état du monde ("26 nov. [1939]. Enfin, c'est la guerre et son cortège de misères."). Ce sont cinq années de la vie d'un homme, à la lumière des nouvelles relatées par la presse. Pour exemple: "Grande nouvelle: le gouvernement fait payer les riches! La guerre a décidément du bon." Fauxbras commente l'actualité, sans jamais se départir de l'humour: "Discours de M. Chamberlain à l Empire britannique:"Nous sommes entrés en guerre pour assurer la paix."Très bien Gribouille!" On retrouve aussi l'anthropologue, qui note scrupuleusement ce qu'il peut lire ou entendre, à la radio ou dans les cafés. Désarçonnant, il pimente aussi ses propos d'anecdotes ou de petites histoires: "Une histoire: un Allemand demande à un gosse qui lui a donné sa patinette. C'est ton père? Non. Ta mère? Non. Ton oncle? Non. Qui alors? Personne. L'aurais-tu volée? Non, puisqu'elle est rouge, si je l'avais volée elle serait peinte en gris." C est une histoire au jour le jour, où se mêlent opinions toujours instructives de l'auteur, dialogues rapportés et citations dûment commentées des journaux de l époque.
Plongeant le lecteur en plein coeur de la crise de l'entre-deux guerres, ce journal d'un chômeur réussit à toucher, comme nul autre roman, la vérité brûlante, sanglante, et surtout humiliante d'une époque rimant avec misère. César Fauxbras livre ici un témoignage bouleversant. Le sordide hôtel pour chômeurs où il nous entraîne existe sûrement dans un coin perdu du XIIIe arrondissement de Paris; là, le licencié ès lettres Jojo, l'ex-médecin marron Chouard, le ménage Voulaz, la fille Jeannette qui se donne par camaraderie, tous passés maîtres dans l'art du système D et des combines en tout genre, forment un de ces mille îlots perdus dans l'enfer de la grande ville. De galères en situations dramatiques, Thévenin, le narrateur, fait montre d'une ultra-lucidité comme d'une incroyable capacité à déceler l'hypocrisie et débusquer le ridicule; ne serait-ce que dans la trivialité du quotidien ou dans les méandres d'une administration absurde et inhumaine. Malgré les petits boulots flirtant avec l'illégalité, la lutte des acolytes pour survivre semble vaine. La radiation du chômage les menace tous. La langue de Fauxbras se fait alors drue et corrosive, argotique, brute comme le sujet, son regard sur la société est cinglant. Il donne naissance, par le biais de ce récit intime, à un texte engagé, celui d'un révolté qui laisse transpirer son non-conformisme et un humour noir digne des grands auteurs du genre. Car face à la solitude et au désespoir, seul l'humour pourra les sauver. À moins qu un pont au-dessus de la Seine ne fasse définitivement l'affaire. Un roman majuscule.
Un nombre impressionnant de soldats français, dont énormément de réservistes, sont faits prisonniers par l'armée allemande lors de l'été 40. Alors qu'il est lui-même fait prisonnier à Ledringhem, près de Dunkerque, César Fauxbras se met à consigner tous les propos de ses compagnons de fortune. La prison se fait lieu de libération de la parole, jusqu'alors bâillonnée par le "devoir" de réserve et la peur des représailles. Les opinions sondées sont celles d'hommes habituellement muets, s'exprimant ici sans détours, bien loin du panache militaire et des opinions officielles évoquant notamment la vaillance des soldats de l'armée française. Le ton est enlevé, gouailleur. Il sert une autre vision de l'Histoire. Les soldats cherchent à comprendre la situation, à expliquer les raisons de la défaite et de leur détention. Deux causes sont invoquées: la faiblesse de l'armée française face à l'efficacité de l'armée allemande ou bien le défaut de motivation des trouffions. C'est cette vie de trouffion qui est ici rapportée, les inquiétudes des uns, les regrets des autres notamment le tiercé du dimanche ou l'éventuel raccourcissement du Tour de France causé par cette guerre... Les plaisanteries qui fusent sont des merveilles de français argotique. Des projets d'évasion franchement loufoques se profilent. Le texte montre au final les limites du patriotisme et de la désertion. Grand roman de la débâcle, écrit par les mobilisés eux-mêmes, qui se pensent victimes d'une vaste "couillonnade"...
Résumé : Une gifle ? Un cri ? Ce récit exceptionnel est plus que le journal de bord d'un simple matelot. C'est un coup de gueule, âpre et cru, contre la version officielle de la guerre 14-18. Un réquisitoire basé sur des faits vécus, tel ce sacrifice inutile de trois cents hommes après le torpillage d'un cuirassé, maquillé en fait d'armes héroïque par la propagande " patriotique ". Ouvrant au public son carnet de bord intime, César Fauxbras, gabier de la flotte française de Méditerranée, exhale rageusement le point de vue des matelots, livrés aux brimades d'une hiérarchie navale bornée, inhumaine et incompétente. Forcément partiale, sans concession, parfois outrancière, la révolte des " Jean Le Gouin ", annonce les mutineries de la Mer Noire... qui éclateront deux ans plus tard. Pour le lecteur d'aujourd'hui, voilà un extraordinaire document sur un sujet peu connu : la vie quotidienne en 1917 à bord des bateaux en guerre. Illustré par de surprenantes photographies du fonds Roger-Viollet, datant de l'immédiat avant-guerre, ce livre vous plonge dans l'univers féroce des " gros-culs ", ces monstrueux cuirassés où l'homme ne comptait plus.
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.