La culture arabo-musulmane est riche en histoires drôles. Du Machreq au Maghreb. les littératures classique et moderne foisonnent d'oeuvres humoristiques en tous genres. En Tunisie, de grands auteurs, à l'instar d'Ali Douagi et Mustapha khraief. se sont nourris d'humour populaire. "Chansonniers, journalistes, libres-penseurs. anticonformistes, désargentés, pessimistes et désespérés de leur état. mais qui se venge[nt] de I adversité par l'ironie et l'humour noir [...]. rien n'échapp[e] à leur regard satirique. déjouant par le rire la déchéance sociale et l'injustice de l'histoire" (Philippe Di Folco, Le Goût de Tunis. 2007, p. 90). L'un des acquis les plus importants de la Révolution tunisienne (décembre 2010 - janvier 2011) a été la liberté d'expression. Sur scène. dans les médias et sur les réseaux sociaux. les humoristes en partagent le plaisir retrouvé avec le public. Remparts dressés contre la dictature des faux dévots. ils dérangent les pouvoirs en place. tant civils que religieux. et sont l'objet de menaces. Le foisonnement discursif de ces pratiques culturelles appelle une réflexion sur les ressorts stylistiques, pragmatiques et sociolinguistiques de l'humour, de la parodie et de la dérision dans le contexte instable du pays. Par leur polyvalence et leur hétérogénéité de tels objets soit difficile à saisir. Un clip, un sketch, des émissions de télévision, des extraits de spectacles, des dessins de presse. des blagues de la rue. ces supports l codes multiples permettent d'apprécier toutes les facettes de cet bureau — ici pris très au sérieux.
L? héritage des années 60 marque en profondeur notre présent . Il " travaille " nos pratiques et nos représentations sociales, par reproduction ou rejet, et exerce une fascination croissante auprès des professionnels de l?architecture, de l?urbanisme et du paysage. Les traces physiques de ce passé récent sont malmenées et disparaissent sous nos yeux avec le projet social qui les avait portées, avant même d?avoir été comprises dans la singularité de leur devenir. C?est le paradoxe qu?abordent ces recherches, d?un point de vue rétrospectif et en croisant les disciplines.
La maladie donne sens à la santé, des idées et croyances notamment. Celle de l'islam est une santé perdue d'un âge d'or qui mue en dystopie, symptomatique du mal-âtre d'un monde en canonisions dues à un ordre saturé. Elle impose des retrouvailles avec les valeurs d'origine d'une foi devenue facteur de trouble et de confusion, supposant une nouvelle mutation éthique, guère plus politicienne. Le message divin oecuménique ayant mué d'une culture spirituelle en un culte matériel, déifiant la pratique (sunna) et les dues (hadiths) de son prophète, cela implique de libérer l'effort d'interprétation de la tradition figée sur ses acquis et règles d'antan, la revitalisant en source de savoir religieux validé par les visées divines, la raison humaine étant oeuvre imparfaite que Dieu inspire et parfait. Guérir la foi d'islam érigée en temple servi par un clergé illégitime, c'est retrouver sa veine libertaire d'un rapport exclusif et direct du fidèle avec son créateur. Ce qui nécessite l'émancipation de l'islam du Coran de la mainmise du hadith par le retour à la science du kalâm, une saine théologie du dogme. C'est bien le sens d'islam, soumission à Dieu, synonyme de liberté de l'être insoumis ; sens perdu avec l'islam cultuel, aspect mineur d'une religion organisée, occultant une dimension culturelle majeure d'organisation de la vie en juste sagesse de justesse et d'éthique, d'exemplarité surtout.
Parler d'Alzheimer, est-ce l'appréhender en tant que pathologie neurodégénérative, perte d'autonomie et pénibilité pour le malade, son entourage? Est-ce avoir l'appréhension des troubles de la mémoire, l'extension aux moins âgés et l'incurabilité, le traitement retardant si peu une dégénérescence au pronostic de vie de près de dix ans? Se limiter à ces aspects, c'est appréhender la maladie en fatalité, négligeant l'essentiel: le droit au bien-être! Refusant telle appréhension, l'essai cultive le meilleur des sentiments, se fondant sur une expérience d'initiatives basées sur le senti du malade et de son entourage. Avec une juste intelligence du mal, par la pratique éprouvée d'une science de l'amour, guérir rime avec souffrir le moins sinon point!
L'islam, venu en révolution sociale et mentale, a vite gagné les coeurs par la simplicité de préceptes humanistes, incarnant alors une ambition oecuménique en tant que sceau des révélations. Une telle originalité n'a pas résisté à l'usure du temps ni à la pression de la tradition judéo-chrétienne, imprégnant le tissu social et les moeurs de l'époque fondatrice. Les jurisconsultes musulmans, consciemment ou inconsciemment, y ont collé, les islamisant, quitte à altérer l'esprit de la foi et de l'éthique islamiques, et créant ainsi des tabous. S'attaquant à celui de l'alcool, ce premier tome démontre que l'islam ne prohibe au mieux que l'ivresse. Aussi, on peut parfaitement boire de l'alcool en islam si on sait le faire avec mesure, l'ivresse n'étant strictement interdite que pour faire la prière.
On savait que la littérature intéressait Benveniste, qu'il avait été lié au mouvement surréaliste (dont il signe le manifeste La Révolution d'abord et toujours ! en août 1925) ; on savait depuis Henri Meschonnic que par sa pensée de la "subjectivité dans le langage" et du "sémantique sans sémiotique", il rendait possible une poétique. Aussi est-ce sans étonnement qu'on a retrouvé dans ses archives 370 feuillets manuscrits classés dans un dossier sobrement intitulé "Baudelaire", datant pour l'essentiel de 1967.