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Les lettres ordinaires
Farge Arlette ; Wallis Adrianna
MANUELLA
22,00 €
Épuisé
EAN :9782490505517
En 2016, je me suis interrogée sur le destin des lettres ordinaires qui ne peuvent atteindre leurs destinataires en raison des erreurs d'adressage. Ce projet m'a conduit à Libourne dans le centre dédié de La Poste où les employés ouvrent les plis à la recherche d'indices leur permettant de retrouver l'expéditeur ou le destinataire. Parfois ils échouent à retrouver ces indices, et c'est dans ces courriers d'anonymes que je me suis immergée : lettres d'amour, d'amitié, d'histoires de famille, où se mêlent tumultes intérieurs, espoirs et questionnements. J'ai souhaité que, quel que soit le destinataire, ces mots puissent être entendus. Entre 2017 et 2020, plutôt que de les envoyer au recyclage, la Poste m'a réexpédié des dizaines de milliers de lettres perdues à partir desquelles j'ai produit un ensemble de travaux, performances et expositions, et notamment lors des expositions " Les lettres ordinaires " à Vénissieux (2019, commissariat de Xavier Jullien, et aux Archives nationales (2020, commissariat : Gaël Charbeau). A. W. Le livre Les lettres ordinaires est conçu comme une ultime oeuvre qui reviendrait unifier et enrichir l'ensemble du projet éponyme d'Adrianna Wallis. Il réunira un choix de lettres, de son travail de plasticienne, et plusieurs récits et réflexions : son journal, qui chronique cinq années de création, cheminement et pensées, des réactions de spectateurs, critiques, " Liseurs ", et le texte réflexif de l'historienne Arlette Farge inspiré de " ce monde en rebuts, inconnu de tous et si signifiant ". Un livre polyphonique pour embarquer le lecteur dans une expérience éditoriale intime et immédiate du travail de l'artiste et de l'univers des lettres perdues.
Présente dans le récit historique et par là même souvent déréalisée, la guerre est toujours considérée comme un moment inéluctable aux conséquences inévitablement désastreuses. Prenant appui sur les trois grandes campagnes menées aux frontières françaises par la monarchie du XVIII ? siècle, Arlette Farge saisit le conflit comme un objet spécifique, effet de mécanismes et de dispositifs explicables, c'est-à-dire, contrairement à l'opinion reçue, évitables. Elle inscrit la guerre dans des moments propres, retrouve sa scansion singulière : le recrutement, les marches, le campement, les malheurs et les ruines, la présence des femmes et leur désarroi... Fidèle à sa pratique, et à sa passion, de l'archive, elle le fait en s'appuyant sur les mémoires anonymes, les textes du quotidien et les correspondances retrouvées. Cette petite dramaturgie de l'ordinaire vient, dans Les fatigues de la guerre, prendre son sens dans la lecture tout à fait originale d'une suite de peintures peu connues de Watteau sur le thème de l'engagement militaire.
Résumé : 1775, Paris est en colère. Mme Montjean aussi. Cette femme d'artisan en a assez des heures passées à coudre, à s'occuper de son foyer, des enfants... Elle veut vivre comme les aristocrates, être belle et désirable, connaître l'ivresse des sens ! Mme Montjean vient en réalité de découvrir les petits plaisirs libertins : pinceries, fouet et culottes déboutonnées? d'où son effervescence. Pendant deux ans, elle va faire tourner les têtes et conduire son mari au bord de la ruine. Sous la plume du mari trompé, qui a tenu le journal de cette métamorphose, c'est un savoureux récit tragi-comique, digne d'une comédie de Marivaux. Mais de cette héroïne délurée dont la crise de conscience préfigure en quelque sorte la Révolution, Arlette Farge tire un passionnant livre d'histoire, celle des petites gens, du quotidien et des femmes qu'elle a toujours su à merveille illustrer. Récompensée par le prestigieux prix international Dan David, en 2016, pour l'ensemble de son ?uvre, elle s'inscrit dans la lignée des études qui ont fait sa réputation (Le Goût de l'archive ; Dire et mal dire ; Le Désordre des familles?).
Résumé : Au XVIIIe siècle, des hommes et des femmes au statut précaire, retrouvés morts sur les routes ou ailleurs, et dont les corps sont inventoriés par la police pour identification, portent sur eux de menus objets, traces d'écrits malhabiles : billets, lettres, missives, prières. Le plus émouvant est sans doute le bracelet de parchemin. Découvert dans les archives au milieu des procès-verbaux, ce minuscule morceau de papier attaché au poignet par un fil rouge n'avait pas été jusque-là aperçu par les chercheurs. Avec une remarquable attention, l'historienne des " intensités faibles " déchiffre et lit ces traces écrites, témoins de vies muettes.
Résumé : Pour le peuple de Paris la rue est, au 18ème siècle, un espace privilégié. Elle investit l'espace urbain tout entier d'une sociabilité multiforme et souvent agressive, elle envahit l'espace privé, l'atelier, le logement. Dans la rue, le travail, l'amour, la discussion, l'attroupement, le spectacle, la mort même. A travers les agendas du guet, les procès-verbaux et les rapports des commissaires de police, les récits de voyageurs étrangers et ceux des observateurs parisiens, Arlette Farge restitue le monde sonore, coloré, odorant du Paris populaire. Mais la rue, sa violence anonyme, son opacité font peur aussi : on entreprendra de régler et d'ouvrir l'espace urbain pour le contrôler mieux. Viendra le temps où le peuple descendra dans la rue où il aura cessé de vivre.
Eugénie Paultre livre ici une réflexion brillante sur les artistes Etel Adnan et Simone Fattal, Ce regard de philosophe, mais aussi de peintre sur ces deux artistes dont elle connaît parfaitement les oeuvres, offre une analyse précise de leur travail et invite à un voyage instructif et poétique dans leurs mondes sensibles.
Hans Ulrich Obrist, qui a interviewé avec foi les grands artistes, écrivains, architectes, poètes... de notre temps, se prête à son tour, dans un renversement des rôles, aux questions d'Eugénie Paultre. Au fil de ces cinq entretiens, il raconte la relation de l'enfant, de l'adolescent, du voyageur qu'il n'a cessé d'être, avec l'art et le monde. Toujours tenu par l'urgence, celle qui traverse tout particulièrement notre époque, il témoigne, à sa manière, de la nécessité de l'art, envers et contre tout, comme principe d'espérance. Directeur artistique de la Serpentine Gallery à Londres, Hans Ulrich Obrist a organisé plus de trois cents expositions et a publié de nombreux livres d'entretiens, parmi lesquels Conversations, chez Manuella éditions, en 2008. Aux mêmes éditions, il a aussi publié Les Voies du curating en 2015.
Comme le disait Heinz Mack lors d'un de nos nombreux entretiens : "Etes-vous bien conscient que je suis un des derniers à pouvoir vous raconter cela ? " De l'exposition de Düsseldorf en mai 1957 à la mort prématurée de l'artiste en 1962, de la création de l'opéra de Gelsenkirchen à la rétrospective de Krefeld, l'aventure allemande d'Yves Klein fut essentielle dans sa fulgurante carrière. Grâce aux échanges intenses entre l'artiste français et les artistes allemands de sa génération — notamment du mouvement ZERO —, cette histoire se trouve ici retracée au moyen de matériaux d'archives et d'entretiens avec l'ensemble des témoins encore vivants. Intimement liée à l'évolution artistique outre-Rhin, cette biographie constitue aussi une archive exceptionnelle pour une double histoire de l'art.
Cet entretien avec Nil Yalter est le premier volume d'une collection d'entretiens inédits créée en lien avec le prix d'honneur AWARE pour les artistes femmes, remis chaque année depuis 2017 à une plasticienne, liée à la France, pour l'ensemble de sa carrière. Cette collection poursuit les objectifs du prix : donner une visibilité à des artistes femmes dont les carrières ont pâti des biais de genre. Au-delà de cette question, il s'agit de donner accès à la parole des artistes. Cet ouvrage est l'occasion pour Nil Yalter de revenir sur l'ensemble de sa carrière : depuis la mise en place d'un art "sociocritique" dans les années 1970, pionnier dans l'art vidéo, proche du documentaire et en dialogue avec ses engagements féministe et communiste, exposant la condition des femmes, de la classe ouvrière ou des migrant·e·s, jusqu'à son usage des nouveaux médias dans une exploration de l'abstraction. Cet entretien est réalisé par Fabienne Dumont, historienne de l'art, critique d'art et enseignante en école d'art, spécialiste de la scène artistique féministe des années 1970.