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La fin de l'exception culturelle ?
Farchy Joëlle
CNRS EDITIONS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782271056337
Les livres, les films, les œuvres musicales ne sont pas des marchandises comme les autres qui peuvent être livrées aux lois du marché. Tel est du moins le présupposé qui fait l'objet d'un large consensus en France depuis l'invention du terme " exception culturelle ". A partir du milieu des années 80, et surtout lors des renégociations du GATT en 1993, la France a tenté d'exporter à l'ensemble des pays de l'Union européenne sa conception, devenue symbole de résistance. Constamment remise en cause depuis, l'exception culturelle est-elle finalement un leurre, un combat d'arrière-garde dans lequel la France est condamnée à rester isolée ? A travers un regard d'économiste, cet ouvrage tente d'éclairer plus précisément les transformations et les enjeux de ces secteurs artistiques. L'irruption du numérique, notamment, bouleverse les étapes traditionnelles de la production et crée une nouvelle filière, celle du multimédia. L'interdépendance accrue entre les phases purement industrielles et celles de la création artistique impose une logique qui va à l'encontre de l'idée d'exception culturelle. Mais de manière éminemment plus politique, cette volonté hexagonale laisse entendre que la culture française - et plus largement européenne - a une dimension symbolique dépassant largement son poids dans le PIB et qu'elle doit être préservée de la culture américaine dominante. C'est le défi qui est lancé dans le cadre de la construction d'une Europe culturelle et politique.
Dénicher un livre ancien chez un bouquiniste, le DVD d'une série passée de mode dans un vide grenier ou un CD usagé dans les bacs d'un disquaire de quartier, autant de pratiques qui ne seront peut-être bientôt plus que les souvenirs d'une époque révolue, dans ces temps où le marché de l'occasion ne posait guère de problèmes aux acteurs des filières culturelles. Dans le monde physique, la revente de biens d'occasion s'est développée sans susciter de questionnements particuliers. Mais qu'en est-il maintenant que ces biens deviennent numériques ? La question devient brûlante et interroge l'économie des secteurs concernés, les droits des internautes, les usages possibles ou autorisés. À partir d'une analyse des pratiques actuelles en matière d'achat et de revente d'occasion des biens culturels, l'ouvrage se penche sur l'opportunité de l'ouverture d'un marché de l'occasion numérique. Le consommateur ayant acquis légalement une oeuvre dématérialisée peut-il et veut-il la revendre mais aussi la prêter, la donner, la jeter, la stocker, la dupliquer pour lui-même ou pour la partager, l'offrir, etc. ? L'enjeu n'est pas seulement la revente mais plus largement de trouver la place de ces biens dans une "seconde vie" numérique.
Résumé : Le prix Nobel d'économie Milton Friedman l'a dit clairement : " un repas gratuit, ça n'existe pas ". Pourtant, le web semble remettre en cause cet axiome puisqu'il permet aux internautes d'accéder, sans dépense apparente, à une multitude de biens culturels. Que vaut cette gratuité numérique ? Faut il dans la continuité du rapport Lescure proposer une légalisation des échanges non marchands ? L'ouvrage explore ces notions et analyse trois secteurs qui constituent les principaux produits d'appel du marché de l'internet : l'audiovisuel, la musique et le livre. L'analyse des revenus que Spotify ou DpStream, iTunes ou Usenet, LastFM ou Popcorn, VLC ou Shazam, et bien d'autres encore, tirent de la circulation des biens culturels permet de comprendre leur place dans l'économie numérique. Derrière une même apparence de gratuité pour l'internaute, les modèles proposés ont des conséquences bien différentes. L'internaute devra lui aussi en payer le prix, sous forme directe ou indirecte, aujourd'hui ou demain tandis que les modalités de partage de valeur entre les acteurs économiques sont amenées à évoluer.
Qu'est-ce que le cinéma ? Un lieu, la salle, dans lequel des spectateurs assistent, dans le noir et en silence, à un spectacle collectif sur grand écran ? Ou plutôt un film, objet artistique né de l'imaginaire des auteurs, que le spectateur apprécie quel que soit l'écran choisi ? La question divise alors que se multiplient les oeuvres réalisées par des metteurs en scène renommés, qui ne sortent plus en salle, mais sont directement diffusées sur Netflix ou Amazon Prime Vidéo. L'ouvrage éclaire d'un regard nouveau les mutations d'une filière industrielle. Il montre la dislocation progressive de l'économie commune qui liait la salle et le film au profit d'économies multiples. Les frontières entre le film et les autres productions deviennent poreuses. La salle s'intègre dans une large économie mondialisée des écrans. La régulation de l'audiovisuel, passion française, est sommée de s'adapter au monde numérique. L'industrie hollywoodienne, longtemps dominante, est soumise à rude épreuve, tantôt absorbée par les géants du numérique, tantôt confrontée à des pays qui, comme la Corée ou la Chine, veulent, à leur tour, faire de l'audiovisuel un outil de soft power.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
Vauchez André ; Armogathe Jean-Robert ; Richard Vi
Résumé : Le sort tragique des martyrs chrétiens a entraîné une vénération de leurs dépouilles, qui s'est étendue aux saints moines et moniales et aux fondateurs d'ordres religieux. Peu à peu, une galerie de " grands témoins " s'est constituée, rassemblant des milliers de saints : martyrs et confesseurs, moines et docteurs, pieux laïcs et saintes femmes. Par le témoignage de leur vie, leur prédication ou leurs actes de charité, les saints ont rempli le paysage cultuel du christianisme : lieux-dits, prénoms, patronymes... jusqu'aux gares et aux stations de métro, les noms des saints sont devenus familiers. Entre légende et histoire, ce grand dictionnaire entreprend de les faire mieux connaître avec plus de 300 entrées, d'Aaron à Zénon de Vérone : saints et bienheureux catholiques et orthodoxes, d'Orient et d'Occident, mais aussi grands témoins anglicans et protestants. Un dictionnaire monumental et unique afin de mieux comprendre, au plus près de la vérité historique, la personnalité, les écrits et la postérité de ces hommes et de ces femmes dont la vie a été retenue comme exemplaire par leurs contemporains et dont la mémoire est parvenue jusqu'à nous.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.