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Ne pas finir. Dialogue de deux historiens à propos de L'écharpe rouge
Fabre Pierre-Antoine ; Jouhaud Christian
WILLIAM BLAKE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782841032396
La lecture partagée de L'écharpe rouge d'Yves Bonnefoy, dernière oeuvre - en prose - d'un grand poète, est la source de ce livre. Le dialogue qu'ont conduit les deux auteurs est ne´ d'une double énigme, qui les a doublement intrigués. Ils ont, d'une part, rencontre´ l'énigme d'un ouvrage tout a` la fois testamentaire et inaugural, sans cesse saisi et transporte´ par l'énergie d'un recommencement. D'autre part, parmi les multiples entrées offertes au lecteur par Bonnefoy, ils ont été´ confrontes a` l'énigme d'une enquête menée par un narrateur a` la recherche d'une image qui retiendrait en elle le chiffre d'une vie (et qui rend peut-être compte de l'intimité´ contrariée du poète avec la psychanalyse). Cette enquête, ils l'ont vite découvert, lève sur son passage d'innombrables autres images et d'autres écrits eux mêmes hantés par l'image introuvable. C'était la` se retrouver au coeur du problème de l'image, tel que Bonnefoy n'a cessé´ de le penser et de l'écrire, aussi bien dans son oeuvre poétique que dans ses textes théoriques ou historiques. Autre entrée peut-être plus surprenante, le dialogue a permis de mesurer a` quel point des notions comme celles de présence ou de finitude, si familières a` l'auteur de L'écharpe rouge, s'ouvraient, par leur étonnante fécondité´ historiographique, aux attentes de deux historiens de l'expérience. Réunies autour d'une lecture qui n'est pas seulement celle d'un livre mais d'une oeuvre entière, les deux voix de ce dialogue voudraient aussi inciter qui les lira a` faire l'expérience sans fin des figures de soi autour desquelles s'enroulent les écharpes rouges d'Yves Bonnefoy. Pierre-Antoine Fabre, directeur d'études a` l'EHESS Christian Jouhaux, directeur de recherche émérite au CNRS, directeur d'études a` l'EHESS
Ce livre propose une remontée aux sources méconnues de l'antijésuitisme, en amont de l'époque contemporaine, et principalement du XIXe siècle, où le "jésuite" a finalement représenté le comble de l'ecclésiastique dans un espace social, culturel, politique profondément clivé par l'affrontement du clergé et de l'esprit anticlérical. Il en va tout autrement de l'époque moderne, qui fournil une grande partie des motifs polémiques dont hériteront les siècles suivants, mais qui (parallèlement et dans un échange constant avec la Compagnie de Jésus elle-même, prompte dès sa naissance, au milieu du mite siècle, à instruire son procès en plaidant sa défense) présente à notre regard un paysage essentiellement différent: l'antijésuitisme s'y manifeste comme une série de synthèses souvent fragiles, mais redoutablement efficaces, entre une opposition à la "modernité", que la Compagnie, comme seul grand ordre moderne, incarne, et une opposition à la catholicité romaine, dont cette même Compagnie représente la dernière formation. L'antijésuitisme, ou les antijésuitisrnes: car c'est en traversant des textes, des situations locales et ponctuelles et des évolutions à l'échelle de deux siècles, dans l'Europe et dans le monde, que ce volume parvient à expliquer comment, à des niveaux de culture très variables, le Jésuite, et radicalement le complot jésuite, ont pu figurer un fantastique exutoire des contradictions de l'époque moderne.
Fabre Pierre-Antoine ; Pierre Benoist ; Cousin Jus
Résumé : La première synthèse de cette envergure sur la Compagnie de Jésus, de sa fondation en 1540 au XXIe siècle qui, pour la première fois, a vu avec François l'élection d'un pape jésuite. Ce volume réunit une Histoire et un Dictionnaire qui donnent la mesure des grandes évolutions de l'institution jésuite comme corps collectif (la Compagnie se considérait elle-même comme un organisme), mais aussi du dynamisme des individualités, souvent extrêmement indépendantes, qui ont animé ce " corps ". Un chapitre particulier est ainsi consacré à l'immense domaine des missions d'évangélisation pour lesquelles, par définition, les jésuites ont sillonné le monde entier : Amérique latine, Inde, Chine, Japon. Les autres grands chapitres historiques permettent d'esquisser, siècle après siècle, une réponse à l'une des grandes interrogations suscitées par le destin mouvementé de cette institution, supprimée sur décision du pape en 1773, avant d'être restaurée (à nouveau par décision papale) plus de quarante ans plus tard, en 1814 : peut-on concevoir une unité de cette histoire rompue et reconstituée, comme aucune autre congrégation religieuse ne l'a été - pas plus qu'aucune autre institution politique ? Comment et à quelles conditions historiographiques cette unité paradoxale fait-elle sens ? Le Dictionnaire permet, quant à lui, de mettre en évidence l'extraordinaire diversité " professionnelle " des membres d'une Compagnie qui s'est voulue, tant à l'époque moderne que plus récemment, présente sur tous les terrains de la pensée et de l'action : enseignement, sciences théoriques et pratiques, philosophie, théologie, arts, littérature, diplomatie, conseil politique, etc. L'ensemble de ces notices, entrées thématiques et trajectoires biographiques, offre une autre manière de considérer la même question centrale : quel a été le lieu partagé de ces hommes ? Quel a été le ressort de leur ambition personnelle et collective ? Quelle a été la clé - le " secret ", diront les antijésuites - de leur intelligence active du monde ? Un itinéraire de plus de mille pages, nourri aux meilleures sources, sur une institution unique, tout aussi réellement puissante et féconde qu'invariablement exposée aux mythes et aux fantasmes.
Fabre Pierre-Antoine ; Lassave Pierre ; Luca Natha
De nombreux monastères ont abrité ou abritent une activité intellectuelle intense : l'abbaye de Cluny, au XIe siècle, nourrissait une bibliothèque de près de six cents manuscrits ; le monastère tibétain Shéchen, aujourd'hui au Népal, est le conservatoire en exil de manuels rituels et autres transcriptions des enseignements de grands maîtres. Si les religieux qui sont les garants de ces " savoirs monastiques " sont pour certains de véritables savants, philologues et théologiens armés de compétences scripturaires et exégétiques remarquables, ils sont aussi supposés posséder (à la différence des laïcs) un petit quelque chose en plus de l'ordre de la vertu, de la pureté, de la piété, de la dévotion (bhakti), de la grâce spirituelle (baraka) ou de l'accumulation de mérites (karma) qui leur permettrait d'accéder à une autre compréhension des différents corpus qu'ils ont en garde. Pour eux, la recherche du savoir n'est pas une fin en soi ; elle n'est que partie prenante d'une quête plus large et plus essentielle. Mobilisée à des fins de prière, de découverte mystique, de performance rituelle ou d'ascèse, elle dessinerait les contours d'une géométrie savante propre aux monastères. Jointe à ce dossier thématique issu d'une recherche collective sur les liens entre érudition et ascèse, une rubrique Varia propose des recherches sur le personnage du cadi, juge musulman en Asie du Sud, les cérémonies matrimoniales en Inde, le vote protestant en France et les relations entre foi, raison et nature dans l'Eglise catholique.
Lorsque le Groupe de Sociologie des Religions se constitua en 1954, il mit au premier rang de ses tâches collectives le travail bibliographique", note François-André Isambert dans l'article "Pour une bibliographie systématique en sociologie des Religions" du premier numéro de la revue. Dès sa naissance, la revue s'est en effet attachée à rendre compte des travaux de sciences sociales sur le religieux à l'échelle mondiale. Emile Poulat (1920-2014), qui vient de disparaître, a joué un rôle essentiel dans ce travail de recension. Le présent Bulletin bibliographique lui rend un premier hommage. Cette dernière livraison offre plus d'une centaine de comptes rendus portant sur des approches et des domaines comme toujours très divers, depuis les confessions instituées dans la modernité religieuse jusqu'au chamanisme primitif, depuis l'Antiquité jusqu'au plus contemporain. Les notes critiques portent sur les dimensions religieuses de la Grande Guerre, revisitées à l'occasion de sa commémoration, sur l'étude du sikhisme, sur l'histoire des missions d'évangélisation à l'époque moderne et sur l'oeuvre prophétique de Jacques Ellul. Une nouvelle rubrique apparaît avec la présentation d'une oeuvre exégétique méconnue et inédite sur la vie de Jésus, travail historique du jurisconsulte François-André Isambert (1792-1857), ancêtre homonyme de notre collègue et membre fondateur du Groupe de Sociologie des Religions. La revue Archives de sciences sociales des religions s'assigne trois objectifs : promouvoir une perspective comparative, élargie à toutes les religions, et à toutes les aires culturelles ; favoriser une coopération de toutes les sciences sociales aux fins d'éclairer les facettes multiples du phénomène religieux ; accueillir l'exposé des réflexions méthodologiques et théoriques sur les objets de la recherche. L'effervescence de l'actualité religieuse et la globalisation des formes de religiosité conduisent plus que jamais les sciences sociales à interroger leurs frontières disciplinaires et à mettre à l'épreuve leurs paradigmes du fait religieux.