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QU'EST-CE QU'UN PHILOSOPHE FRANCAIS ? - LA VIE SOCIALE DES C
FABIANI JEAN-LOUIS
EHESS
17,00 €
Épuisé
EAN :9782713222672
Le philosophe constitue l'une des figures les plus remarquables de la vie intellectuelle française. De Bergson à Foucault en passant par Sartre, il est l'ambassadeur à l'étranger d'une forme de "francité", paradoxale pour celui qui s'est installé d'emblée dans une perspective universelle. Au cours du XXe siècle, la discipline qui venait couronner l'enseignement secondaire classique a connu à la fois le succès mondial d'un style de pensée et les affres du déclassement institutionnel en France. Ce récit vivant décrit au plus près ce qu'est la philosophie française: une construction conceptuelle, dont toutes les lectures et réceptions sont à prendre en compte, une institution et des pratiques sociales, de la salle de classe à la scène médiatique. Ce livre est aussi un hommage, ironique et quelquefois impertinent, à ceux qui ont fait une bonne part de notre histoire culturelle.
Résumé : Loin des clichés, la Corse présente une réalité plurielle et complexe. Appuyant son analyse sur un socle historique qui rappelle les contraintes de l'insularité, l'auteur commence par un examen des transformations qui ont marqué le dernier demi-siècle : bouleversement de l'agriculture, développement du tourisme, inversion de la dynamique démographique. Ces constats permettent de comprendre l'essor des revendications nationalistes et la violence politique qui ont marqué la Corse dans un contexte de déclin des "clans" traditionnels. La légitimation de l'autonomie a largement bénéficié de la puissance d'un mouvement culturel (le riacquistu), aujourd'hui hégémonique. L'économie corse est à présent largement fondée sur le tourisme : cela entraîne de nouvelles contraintes, liées au développement d'une délinquance économique, à la saisonnalité et à l'augmentation des prix, notamment dans l'immobilier. Constamment fondé sur des faits, non partisan, ce livre croise l'ethnologie et la sociologie pour envisager avec lucidité les possibilités aussi bien que les menaces du futur.
Dans la mémoire universitaire, la Troisième République est l'âge d'or de la philosophie des professeurs : l'hagiographie continue d'y trouver ses héros et ses modèles (Lagneau, Alain, Bergson, etc.). La représentation commune et le discours savant s'accordent pour voir dans ce moment une identification parfaite entre la philosophie et l'institution. Mais l'humeur anti-institutionnelle qui domine aujourd'hui conduit à faire de ces hommes des maîtres dévoués à leur classe plutôt que des héros de la raison. A travers l'analyse des transformations qui affectent le corps professoral entre 1880 et 1914 et l'étude d'un répertoire philosophique matérialisé dans des programmes, une langue commune, des façons de faire et des normes de présentation de soi, ce livre donne les moyens de reconstruire l'espace des possibles au sein duquel se développent les grandes oeuvres aussi bien que celles qui tournent court. En s'attachant à l'émergence de la notion de crise de la philosophie au tournant du siècle, on peut comprendre les métamorphoses qui conduisent la discipline du couronnement du sommet vers les marges. Les philosophes de la République sont à la fois lointains et proches : alors que tout semble les opposer aux universitaires d'aujourd'hui (style de vie, choix des objets de connaissance), on constate que la situation de la philosophie française contemporaine dans l'espace des disciplines ne peut être expliquée qu'en référence au moment fondateur de la Troisième République. Substituant à la piété du discours commémoratif un travail d'objectivation, ce livre veut contribuer au développement d'une histoire de la philosophie qui ne se contenterait pas de décrire et de dénombrer la "suite des nobles esprit " qu'évoquait Hegel.
La Provence est aujourd'hui l'objet d'une attention universelle. De New York à Tokyo, cette région évoque à la fois la qualité de la vie au soleil et les plaisirs du loisir cultivé. Appuyé sur l'enquête ethnographique, ce livre tente de rendre compte de la constitution de quelques images anciennes ou récentes de la Provence, en portant l'attention sur des objets apparemment mineurs (les cigales, les tomettes, les fenêtres) ou sur l'histoire locale (la maison de Charles Maurras à Martigues). Ce livre est une contribution originale à l'analyse d'une représentation du territoire, au-delà des stéréotypes qui l'ont constituée, d'Alphonse Daudet à Pierre Mayle. Chemin faisant, la question de la relation esthétique et du jugement de valeur est réexaminée lorsqu'elle surgit en dehors de l'univers reconnu de l'art et des définitions canoniques de la beauté ou de l'oeuvre.
Résumé : Jean-Claude Chamboredon (1938-2020) n'aimait rien tant que le travail en atelier, dont il souhaitait ouvrir la porte aux débutants. Eveilleur de trois générations de sociologues, il a aussi été un chercheur inventif et rigoureux. Si le point focal de son travail était l'analyse de la socialisation, il contribua à l'étude des villes, à l'histoire sociale de l'art et plus généralement à la sociologie des formes culturelles. Il concevait la sociologie comme une entreprise de longue haleine fondée sur le collectif, la circulation des savoirs, l'ouverture disciplinaire. C'est pourquoi il s'était engagé aux côtés de Bourdieu et de Passeron, avec notamment Le métier de sociologue (1968), pour dessiner les contours d'un programme de recherche inédit et réaffirmer la scientificité de la discipline. Composé à plusieurs voix, Un sociologue de métier s'efforce de faire ressortir dans toute son originalité un projet, un style, des manières de faire, une trajectoire et une oeuvre puissante, qui reste largement à découvrir. Gageons que de nouvelles générations de chercheurs et chercheuses sauront y trouver les encouragements et les incitations dont elle est porteuse. Avec les contributions de Stéphane Beaud Stéphane Bonnhy Anne-Emmanuelle Demartini, Jean-Louis Fabiani, Pierre Fournier, Pierre Lassave, Jean-Philippe Mathy Sylvie Mazzella, Pierre-Michel Menger, EricMension-Rigau, Gérard Noiriel, Paul Pasquali, Jacques Revel Florence Weber et Pierre-Paul Zalio, ainsi que des textes de Jean-Claude Chamboredon.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.