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Les philosophes de la République
Fabiani Jean-Louis
MINUIT
13,75 €
Épuisé
EAN :9782707311627
Dans la mémoire universitaire, la Troisième République est l'âge d'or de la philosophie des professeurs : l'hagiographie continue d'y trouver ses héros et ses modèles (Lagneau, Alain, Bergson, etc.). La représentation commune et le discours savant s'accordent pour voir dans ce moment une identification parfaite entre la philosophie et l'institution. Mais l'humeur anti-institutionnelle qui domine aujourd'hui conduit à faire de ces hommes des maîtres dévoués à leur classe plutôt que des héros de la raison. A travers l'analyse des transformations qui affectent le corps professoral entre 1880 et 1914 et l'étude d'un répertoire philosophique matérialisé dans des programmes, une langue commune, des façons de faire et des normes de présentation de soi, ce livre donne les moyens de reconstruire l'espace des possibles au sein duquel se développent les grandes oeuvres aussi bien que celles qui tournent court. En s'attachant à l'émergence de la notion de crise de la philosophie au tournant du siècle, on peut comprendre les métamorphoses qui conduisent la discipline du couronnement du sommet vers les marges. Les philosophes de la République sont à la fois lointains et proches : alors que tout semble les opposer aux universitaires d'aujourd'hui (style de vie, choix des objets de connaissance), on constate que la situation de la philosophie française contemporaine dans l'espace des disciplines ne peut être expliquée qu'en référence au moment fondateur de la Troisième République. Substituant à la piété du discours commémoratif un travail d'objectivation, ce livre veut contribuer au développement d'une histoire de la philosophie qui ne se contenterait pas de décrire et de dénombrer la "suite des nobles esprit " qu'évoquait Hegel.
Qu'est-ce que la culture légitime aujourd'hui ? Existe-t-il encore des formes culturelles consacrées dont l'autorité s'imposerait dans la société ? La situation dominante semble au contraire être marquée par une joyeuse anarchie des goûts et des couleurs. Les études récentes sur les pratiques culturelles montrent à la fois la stabilité des inégalités d'accès aux arts les plus reconnus (opéra, théâtre, art contemporain) et le foisonnement de nouvelles attitudes qui ne s'embarrassent pas des critères de distinction habituellement retenus par les sociologues. Les essais réunis dans ce volume tentent de faire le point sur la question en réexaminant l'efficacité des conceptualisations majeures qui ont marqué récemment la sociologie de la culture (Howard Becker, Pierre Bourdieu, Michel de Certeau, Richard Peterson), en s'appuyant sur les ressources de l'enquête localisée et en analysant les figures de la légitimité culturelle à partir de configurations d'objets spécifiques ou de dynamiques processuelles.. . . Jean-Louis Fabiani est directeur d'études à l'EHESS. Il tente de renouveler les problématiques de la sociologie de la culture en leur donnant une meilleure assise ethnographique (Lire en prison, 1995, Beautés du Sud, 2005, Le Public en acte, 2007). Il mène aussi, conjointement avec des artistes, une réflexion sur l'espace et le territoire (L'Europe du Sud contemporaine, avec Bernard Plossu, 2000, La petite mer des oubliés, avec Franck Pourcel, 2006).
En 1989, la chute du communisme est saluée comme une victoire de la démocratie sur l'autoritarisme. Trente ans plus tard, c'est dans cette partie du continent qu'agissent les plus virulents mouvements du populisme européen. Comment comprendre un tel paradoxe ? Une manière d'y répondre est de replonger dans l'histoire. Cette perspective de longue durée est d'autant plus nécessaire que le populisme n'est pas un phénomène nouveau dans cette partie de l'Europe. Au XIXe siècle, les narodniki russes promettent de sortir la paysannerie de son " arriération " et de la doter d'un droit de cité. Par la suite, les mouvements agraires semblent apporter des réponses au sous-développement et à la difficile construction, dans cet espace, de communautés politiques fortes, et les régimes communistes mobilisent certaines stratégies populistes. Aujourd'hui, les démocraties illibérales remettent en question le mode d'organisation de nos sociétés, issu des Lumières. En redonnant leur épaisseur historique aux dérives populistes à l'oeuvre en Europe centrale et orientale en ce début de XXIe siècle, Roman Krakovsky rappelle combien leur récente poussée peut servir d'avertissement pour le reste du continent.
De Bourdieu à Latour Quelles sont les transformations les plus significatives intervenues dans les sciences sociales depuis vingt-cinq ans ? A partir de comptes rendus d'ouvrages qui ont fait date, ce livre propose un récit cohérent de la trajectoire de la discipline en France et aux Etats-Unis. Bourdieu, Foucault, Abbott, Passeron, Boltanski et Latour sont parmi les grands noms qui font l'objet de ces textes incisifs. Pour l'auteur, la lecture est une pratique sociologique à part entière. L'analyse des notions majeures à l'oeuvre en sociologie témoigne de l'entrelacs permanent de la structure - le macrologique - et de l'événement - le micrologique - aussi bien que des conditionnements durables et des coalitions éphémères. Qu'en est-il alors des promesses d'une théorie générale dans cette discipline redevenue centrale en sciences sociales ? Ce livre dresse un bilan provisoire et dessine l'espace de discussion dans lequel évolue la sociologie contemporaine.
Résumé : Un livre de référence pour les lycéens et étudiants. Un livre complet, facile d'accès, écrit par un grand professeur. On considère quelquefois la sociologie comme une discipline " dangereuse " ou simplement inutile. Ce livre plaide pour une approche différente : en dépit de leurs divergences, qui font de leur discipline le lieu d'un débat infini, les sociologues partagent l'idée selon laquelle le monde social peut être expliqué, au moins de manière provisoire. Dans ce livre, Jean-Louis Fabiani offre une vision globale de la discipline sociologique, permettant aux novices de s'y retrouver, mais également de comprendre le terrain de la sociologie et comment la pratiquer.
Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.
Je suis dans la chambre de ma mère". Ainsi commençait la première page d'un roman publié à Paris en janvier 1951. L'auteur était un Irlandais inconnu qui écrivait en français. La presse saluait aussitôt l'apparition d'un grand écrivain : "Si l'on peut parler d'événement en littérature, voilà sans conteste un livre événement" L'avenir allait confirmer ce jugement. Dès l'année suivante paraissait, du même auteur. En attendant Godot, une pièce qui allait faire le tour du monde et même éclipser quelquefois ce premier roman. Et pourtant, Molloy reste un livre majeur dans l'oeuvre de Samuel Beckett. Jean-Jacques Mayoux, trente et un ans plus tard, nous en offre une lecture encore enrichie par le temps.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "