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Ernst Jünger. Autorité et domination
Evard Jean-Luc
ECLAT
30,00 €
Épuisé
EAN :9782841620906
L'essai de J.-L. Evard propose de placer l'?uvre d'Ernst Jünger - les récits, les essais de la période militante, les Journaux, la correspondance - sous l'éclairage de la philosophie politique. Une question guide toute l'enquête : comment l'idéal de la " mobilisation totale " et celui du Léviathan-Travailleur de l'âge totalitaire parviennent-ils, chez Jünger - mais aussi chez d'autres auteurs de la révolution conservatrice allemande -, à puiser une partie considérable de leurs motifs dans un discours révolutionnaire appuyé sur les dates symboliques de 1789 et de 1917 ? Pour étayer cette problématique, trois champs sont explorés : celui du nihilisme, celui de l'antisémitisme et celui des rapports historiques noués par la guerre et la révolution. Se construit ainsi une phénoménologie de la révolte contre le Bourgeois, révolte dont la révolution conservatrice allemande et une partie de l'hitlérisme captent les affects, les topoi et les équivoques. Jünger est par excellence l'auteur qui permet de saisir comment la guerre civile allemande a été prise dans une véritable crise mimétique, qui l'oppose à d'autres phases antérieures ou contemporaines du drame de la guerre et de la révolution, en Allemagne, mais aussi à l'échelle du continent européen. Pour faire entendre comment cette ?uvre donne une image en miniature des transformations de la guerre et de la révolution entre le commencement et la fin du vingtième siècle, J.-L. Evard campe en Jünger le personnage d'un transfuge de la révolution conservatrice. Du " cas Jünger " on passe ainsi à la question générale des modes de conversion de l'idéologie, dont les effets se font sentir aujourd'hui dans les lectures contemporaines d'un Carl Schmitt, pour ne citer qu'un exemple.
Karl Mannheim (1893-1947), analysant dans ce joyau de sociologie politique les conditions d'apparition de "la pensée conservatrice", applique aux langages politiques de son temps la méthode introduite par Max Weber à partir de l'histoire du protestantisme: les images du monde et les idéologies résultent d'une "rationalisation" des diverses perceptions du monde propres à telle couche sociale ou à telle époque. Comme le culte adverse, celui du Progrès, le conservatisme présente donc des caractères spécifiques qui ne sont pas seulement de nature politique. Il touche aussi aux domaines de l'esthétique, de la théologie, des styles de vie, voire de la littérature.
Résumé : Avec le volume dont nous proposons aujourd'hui la traduction, les travaux d'histoire religieuse de Buber deviennent désormais accessibles dans leur intégralité à la réception française. Elle avait commencé du vivant de l'auteur, quand en 1957 Albert Kohn avait publié sa traduction du Moïse. L'année 2003 vit paraître La Foi des prophètes et les Écrits sur la Bible. II aura fallu plus d'un demi-siècle, un différé singulier quand on sait l'écho rencontré en France par les autres composantes de l'ceuvre, celle du théologien kierkegaardien, et celle du transmetteur du hassidisme (la traduction de Je et Tu remonte à 1938). Luttant pied à pied avec la science biblique de son temps, Buber entreprend rien de moins que le déchiffrement scrupuleux du récit du discours relatif au Dieu juif.
Biographie de l'auteur Né en 1949, Jean-Luc Evard signe régulièrement des traductions d'auteurs philosophiques du vingtième siècle allemand et publie des essais de sociologie politique. Depuis une douzaine d'années, il enquête sur les formes contemporaines de la panique de l'autorité. Autre thème de ses recherches : l'histoire du judaïsme weimarien et l'écriture de l'histoire de la Shoah.
A la suite de ses travaux d'anthropologie en collaboration avec A. O. Lovejoy, George Boas (1891 - 1980) se penche sur la place donnée à l'enfance dans les sociétés contemporaines. Pour ce faire, ce travail d'enquête amusée interroge la notion de primitivisme culturel, qui traduit le sentiment profond, historiquement durable à défaut d'être raisonnable, selon lequel la vie simple est préférable à la vie complexe, et la " réalité des débuts " intrinsèquement supérieure à tout autre. Dans Le Culte de l'enfance, George Boas se propose donc de retracer l'une des formes que prend ce primitivisme culturel, celle de la promotion de l'enfance. La considération de l'adoration où l'on tient cet âge dans les Etats - Unis des années cinquante et soixante vient nourrir son étonnement devant le primat reconnu si souvent à l'enfance dans les textes et dans l'art. Il retrace l'histoire de ce primat de façon très précise à partir du XVIe siècle, jusqu'à l'idée moderne de l'enfant perçu comme Artiste, et de l'Artiste perçu comme Enfant. Texte décisif et nécessaire à qui veut comprendre l'étrange alliance contemporaine entre technique et immaturité. Le Culte de l'enfance est le premier ouvrage de George Boas traduit en français.
Yona Friedman est né à Budapest en 1923. Il vit et travaille à Paris depuis 1948. Il a publié de nombreux livres, parmi lesquels: L'Architecture mobile (Casterman, 1970), Pour une architecture scientifique (Belfond, 1971), L'Univers erratique (PUF, 1994). Ses Utopies réalisables, publiées pour la première fois en 1975, ont été rééditées aux édifions de l'éclat en 2000.
Depuis la parution de Eichmann à Jérusalem de Hannah Arendt en 1962, le concept central du livre, la « banalité du mal », a fait l?objet de très nombreuses polémiques et discussions, dont les pièces sont données en appendice de ce volume. Mais aujourd?hui, à l?occasion du 50ème anniversaire du procès Eichmann, des historiens, des psychiatres, des écrivains et des philosophes engagent un débat posthume avec l?auteur du « reportage», autour des destins de ce concept, qui a permis de méditer les écrits et dires des exécuteurs et des rescapés, mais n?a pas résolu l?énigme de cette banalisation des bourreaux, qui a transformé ces criminels exterminateurs en « hommes ordinaires ». Comment la banalisation de la « banalité du mal » a-t-elle joué contre le sens de la formule est au coeur de la discussion contemporaine.
A partir du jour où, du fait des lois raciales anti-juives, le père de l'auteur est renvoyé de l'Orchestre de la Radio Diffusion italienne où il était violoniste, l'enfance d'Aldo Zargani se déroulera dans un en-deçà du temps fait de déménagements à la sauvette, errances tragi-comiques d'une ville à l'autre, d'une logeuse à l'autre, d'une cache à l'autre, sans que jamais l'espoir de retrouver la lumière ne soit perdu. "Sept ans de malheur" dans la vie d'un enfant, dont l'auteur porte la marque et qu'il relate pourtant avec une verve et une pudeur qu'on a comparées à celles d'un Federico Fellini aux prises avec sa propre enfance dans l'Italie fasciste. Premiers émois amoureux, premières peurs, premiers enthousiasmes et toujours l'amour de ses proches comme mot de passe pour échapper aux situations les plus tragiques. Récompensé par plusieurs prix littéraires lors de sa parution en Italie Pour violon seul a été également traduit en anglais (USA), en allemand et en espagnol, avec chaque fois un succès retentissant.
Résumé : Les Chatons des Sagesses des Prophètes (Fusûs al-Hikam) est le livre le plus célèbre d'ibn 'Arabi (1165-1240), qui dit l'avoir reçu de la main du prophète dans une vision en songe. Il y décrit les nombreuses 'semblantes' qui reconduisent à l'unité divine, où viennent s'enchasser les dires les grands prophètes, depuis Adam jusqu'à Muhammad, en passant par Idris et Abraham, Ismael et Jacob, Ezra et Jésus, Job et Jean, Moïse et Khâlid, embrassant dans un même geste 27 prophéties issues des trois monothéismes et se concluant par un hymne au féminin d'une étonnante modernité. Plusieurs fois publié, les Chatons des sagesses paraît ici non seulement dans une version intégrale, mais traduit sur la base d'un manuscrit autographe du plus proche disciple d'ibn 'Arabi, Sadr al-clin Qunawi, signé de la main de l'auteur. Le texte introduit à une pensée parmi les plus riches de l'islam spirituel, dont "l'influence fut d'une portée considérable" comme l'a écrit Henry Corbin, même si le soufisme d'ibn 'Arabi, qui privilégie l'imaginaire sur les intelligences, et considère que la divinité est trop vaste et trop sublime pour être enfermée dans un seul dogme, suscita autant d'enthousiasmes que d'anathèmes au sein de l'orthodoxie musulmane.