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Imprévisible Afghanistan
Etienne Gilbert
SCIENCES PO
12,50 €
Épuisé
EAN :9782724608724
Le déluge médiatique qui s'est abattu sur nos têtes à propos de l'Afghanistan fait l'impasse sur les causes profondes du drame car les commentateurs ne remontent guère au-delà de la guerre soviéto-afghane de 1979-1989. Les fragmentations et les divisions qui étaient là au XIXe siècle se sont poursuivies avec le développement du pays au XXe. Elles se sont déployées dans les années 1970 et rebondissent de plus belle depuis la guerre soviéto-afghane. Comme par le passé, les puissances étrangères jouent avec ces rivalités. Liée à ces tensions et incertitudes, apparaît la question des relations avec le Pakistan et de l'incidence des relations indo-pakistanaises sur l'Afghanistan. De ces multiples et anciens conflits dépendent les relations inter-ethniques, les rapports avec les mouvements islamistes et la communauté internationale. L'émergence de " l'internationale islamiste " et de Ben Laden n'est qu'une nouvelle dimension d'un drame intemporel. Ce livre trace également les grandes lignes de ce que pourraient être la reconstruction et le futur développement de l'Afghanistan si le cadre politique s'y prête.
« Les filles sont de lamentables et hagardes épaves, en pull-overs déformés, qui dansent entre elles sur le sol de briques. Les consommateurs, s ils racontaient à Paris l histoire de leur vie, feraient pâlir d envie le plus extravagant des scénaristes de films d aventures. Mais ici les faits sont dépouillés et simples, comme seule la réalité sait les façonner. » C est en 1934 qu Ella Maillart (1903-1997) voyage en Mandchourie avec sa plume et son Leica. Elle est l envoyée spéciale du Petit Parisien au Mandchoukouo, empire récemment créé par les Japonais. Son regard de « blanche » observe ici avec humour, là avec perspicacité, les haines de races, la modernisation galopante d une région, les enjeux de pouvoir entre Japonais, Chinois, Mandchous et Russes. Toujours avec elle priment les faits, « dépouillés et simples ». Ce voyage, où Peter Fleming la rejoint, est le prélude à leur long périple raconté dans Oasis interdites.
Pourquoi pendant deux siècles Chine et Inde ont-elles suivi une trajectoire inverse de celle suivie par l'Occident porté par la révolution industrielle ? Pourquoi un redressement est-il apparu ces dernières années dans ces deux pays vastes et peuplés mais si différents ? Quelles sont leurs perspectives de développement ? C'est à ces questions que l'auteur tente de répondre. Gilbert Étienne a su retenir les grands traits qui distinguent l'histoire des deux pays, et analyser la trame des éléments fondateurs de leurs économies respectives. En plus d'une vue synoptique très claire sur les atouts et handicaps de la Chine et de l'Inde, on trouvera dans cet excellent ouvrage d'intéressants développements comparatifs sur les systèmes bancaires, les politiques économiques et monétaires, les classes de consommateurs, les diasporas, les niveaux de vie, et les marchés qu'il faut néanmoins examiner avec les réserves d'usage : quel degré de qualité peut-on attribuer aux statistiques et données exposées ? Il faut aussi éviter de pécher par optimisme comme l'ont peut-être fait les constructeurs automobiles étrangers qui connaissent bien des déboires en Chine. L'avenir de ces deux "empires" est assez paradoxal : les superstructures se développent de manière dynamique, voire anarchique, créant des "bulles", mais les infrastructures, maillons faibles communs aux deux économies, ne suivent pas encore. Cette difficulté ne semble, néanmoins, pas insurmontable pour ces deux géants. Cela dit, la Chine semble avoir pris une avance définitive sur l'Inde. Sa croissance depuis 1978 conforte les nombreuses projections qui placent à terme l'économie chinoise comme la première du globe. Reste à savoir si ce sera en 2015... ou en 2050. Les pronostics concernant l'Inde restent plus vagues même si le continent indien est engagé sur la voie de la croissance. --Catherine Bouchet-Orphelin--
Gilbert Etienne se méfie depuis longtemps des vues simplistes et du prêt-à-porter idéologique : il s'interroge ici sur la démocratie et la bonne gouvernance, devenues le passage obligé des pays en développement. Il s'attaque au tout-marché des sectaires de droite. Il montre comment la mondialisation ne fait encore qu'effleurer les pays du Sud, à quelques exceptions près. Elle n'est donc guère responsable de la pauvreté du monde en développement. Les discussions sur la croissance et ses retombées sociales, le rôle de l'éducation, sont mises en relief. Les nombreuses expériences réussies ou ratées dans les pays du Sud depuis un demi-siècle permettent de dégager quelques lignes directrices : à la fois plus et moins d'État, un engagement ferme des élites dirigeantes, la bonne articulation entre agriculture, industrie, infrastructures, commerce extérieur. Le besoin de réduire l'économie du coulage qui dépasse la simple corruption est non moins évident, même si les Occidentaux sont mal placés pour donner des leçons de morale. Les controverses découlent en partie de l'écart entre les " sçaventeaux " dont se moquait déjà Montaigne et ceux qui observent les réalités vivantes, entre les politiciens et les experts qui parlent des pauvres, et ceux qui parlent avec les pauvres.
La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l'approprient. Les sociétés n'ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc. Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des Etats-Unis de la guerre froide à la Chine et la Russie d'aujourd'hui en passant par les pays du Golfe, combien de pays ont exprimé leur volonté de domination et de sécurité par une emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance s'évanouir ? Pierre Blanc réexamine l'histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Deux degrés, cela semble peu, mais c'est énorme. La température terrestre a déjà augmenté d'un degré depuis l'époque préindustrielle. Les émissions de carbone liées aux activités humaines en sont les premières responsables. Des bouleversements climatiques sont en cours et leurs impacts ne vont que s'aggraver. Il est presque sûr que nous ne tiendrons pas l'objectif, solennellement acté par les gouvernements du monde, de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C. La raison de cette incapacité tient à la triple dépendance de nos sociétés (technique, économique, culturelle) aux énergies fossiles, qui en constituent un soubassement aussi diffus que puissant. La science nous annonce qu'à ce rythme le pire est à craindre. Mais cela n'induit pas une fuite individuelle. Nous devons, au contraire, faire face collectivement. Constatant l'impossibilité actuelle de changer radicalement nos modes de vie et d'organisation, ce livre nous engage néanmoins à suivre plusieurs voies réalistes d'adaptation et de réforme pour préparer un futur moins sombre.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.