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Le labyrinthe de la folie. Ethnographie de la psychiatrie en milieu ouvert et de la réinsertion
Estroff Sue
EMPECHEURS
21,60 €
Épuisé
EAN :9782843240454
Sue Estroff a vécu pendant deux ans avec des patients schizophrènes en milieu ouvert afin de mieux comprendre les problèmes de l'efficacité des traitements, le problème des rechutes et les espoirs de réinsertion. Elle a été jusqu'au bout de sa démarche, y compris en prenant elle-même des neuroleptiques. " Au cours de ce travail de terrain, j'ai rencontré des gens qui se tuaient - des gens qui s'ouvraient la gorge, les poignets et les bras, qui prenaient des doses massives de médicaments, qui sautaient par les fenêtres de plusieurs étages. J'ai appris à leur contact et je me suis attachée à eux. Et j'ai tenté d'apprendre d'eux ce que c'était qu'être incapable de penser, ou de ne pouvoir avoir sur soi et les autres que des pensées perturbantes, négatives ou désarticulées. " Sue Estroff essaie de comprendre les mécanismes qui, au lieu d'aider les patients à vivre normalement dans la cité, en font un groupe à part, avec ses propres modes de fonctionnement et d'isolement. Les allocations pour adultes handicapés, les ateliers de travail protégé sont créés pour aider les patients schizophrènes à mieux s'insérer. Mais ne peuvent-ils pas aussi se transformer en leur contraire et maintenir les patients dans une relation d'échange " maladie " contre " aide sociale " ? Le regard anthropologique sur la psychiatrie peut aider celle-ci à mieux définir son approche des patients et à toujours se remettre en cause au profit du progrès thérapeutique et social.
Depuis la terrible expérience du confinement, les Etats comme les individus cherchent tous comment se déconfiner, en espérant revenir aussi vite que possible au " monde d'avant " grâce à une " reprise " aussi rapide que possible. Mais il y a une autre façon de tirer les leçons de cette épreuve, en tout cas pour le bénéfice de ceux que l'on pourrait appeler les terrestres. Ceux-là se doutent qu'ils ne se déconfineront pas, d'autant que la crise sanitaire s'encastre dans une autre crise bien plus grave, celle imposée par le Nouveau Régime Climatique. Si nous en étions capables, l'apprentissage du confinement serait une chance à saisir : celle de comprendre enfin où nous habitons, dans quelle terre nous allons pouvoir enfin nous envelopper - ; à défaut de nous développer à l'ancienne ! Où suis-je ? fait assez logiquement suite au livre précédent, Où atterrir ? A Comment s'orienter en politique. Après avoir atterri, parfois violemment, il faut bien que les terrestres explorent le sol où ils vont désormais habiter et retrouvent le goût de la liberté et de l'émancipation mais autrement situées. Tel est l'objet de cet essai sous forme de courts chapitres dont chacun explore une figure possible de cette métaphysique du déconfinement à laquelle nous oblige l'étrange époque où nous vivons.
Opposer les scientifiques à un "public prêt à croire n'importe quoi" - et qu'il faut maintenir à distance - est un désastre politique. "Ceux qui savent" deviennent les bergers d'un troupeau tenu pour foncièrement irrationnel. Aujourd'hui, une partie du troupeau semble avoir bel et bien perdu le sens commun, mais n'est-ce pas parce qu'il a été humilié, poussé à faire cause commune avec ce qui affole leurs bergers ? Quant aux autres, indociles et rebelles, qui s'activent à faire germer d'autres mondes possibles, ils sont traités en ennemis. Si la science est une "aventure" - selon la formule du philosophe Whitehead -, ce désastre est aussi scientifique car les scientifiques ont besoin d'un milieu qui rumine ("oui... mais quand même") ou résiste et objecte. Quand le sens commun devient l'ennemi, c'est le monde qui s'appauvrit, c'est l'imagination qui disparaît. Là pourrait être le rôle de la philosophie : souder le sens commun à l'imagination, le réactiver, civiliser une science qui confond ses réussites avec l'accomplissement du destin humain. Depuis Whitehead le monde a changé, la débâcle a succédé au déclin qui, selon lui, caractérisait "notre" civilisation. Il faut apprendre à vivre sans la sécurité de nos démonstrations, consentir à un monde devenu problématique, où aucune autorité n'a le pouvoir d'arbitrer, mais où il s'agit d'apprendre à faire sens en commun.
Hustak Carla ; Myers Natasha ; Pignarre Philippe ;
On connaît Darwin comme fondateur de la théorie de l'évolution. Ce que l'on sait moins, c'est que la grande passion de sa vie a été l'étude des orchidées dont il possédait une extraordinaire collection. Il s'est particulièrement intéressé à leur fécondation par des insectes. Sans les guêpes, y aurait-il encore des orchidées ? Ces dernières ont développé des "stratagèmes" pour attirer les guêpes mâles et les séduire. Les guêpes ne se contentent pas de transporter du pollen, elles font littéralement "jouir" les orchidées. Ces travaux viennent compléter la théorie de l'évolution par une théorie de "l'involution". Les branches de l'arbre de l'évolution viennent se croiser, se mêler. L'orchidée ne peut pas perdurer sans ses liens avec une autre espèce. Loin d'être un cas singulier, ce pourrait être la règle : les arbres et les champignons, les humains et les milliards de bactéries qui les peuplent... Cette nouvelle biologie, initiée par Lynn Margulis, s'oppose au "néodarwinisme", ou théorie du "gène égoïste", pour qui la "concurrence", et non la collaboration ou le lien, est le mécanisme de base. On sait comment cette théorie a essaimé, en particulier dans les sciences économiques, mais aussi en sociologie. La biologie de l'involution multiplie les découvertes. Les auteures poursuivent en présentant les travaux les plus récents sur le langage chimique des plantes, par exemple sur les plants de tabac... Une nouvelle biologie indispensable à l'heure du nouveau régime climatique qui exige que nous connaissions ce à quoi et par quoi nous sommes attachés.
Comment garder la force que nous ont transmise les femmes dont on n'attendait rien d'autre que d'être une maîtresse de maison - épouse, mère? Ces femmes qui, bravant le ridicule, de manière parfaitement désintéressée (elles ne pouvaient nourrir aucun espoir de carrière), ont résisté à l'objection doucereuse de leur père: « Mais, ma chérie, tu ne manques de rien... » et ont cherché par tous les moyens à créer et à vivre. L'Université leur était alors interdite et Virginia Woolf mettait leurs filles en garde: n'allez jamais rejoindre la procession « des hommes chargés d'honneurs et de responsabilités ». Qu'avons-nous appris, nous, les filles infidèles de Virginia, qui avons, de fait, rejoint les rangs des « hommes cultivés »? Nous avons le sentiment d'assister à la fin d'une époque: celle où nous pouvions nous réjouir de voir des jeunes femmes (et des jeunes hommes aussi) prendre goût à la recherche, devenir capables de cette liberté dont nous avons profité. Désormais, à l'Université comme partoutailleurs, il s'agit de manifester sa flexibilité, d'apprendre à donner les bons signaux et à écouter ceux qui proviennent du marché, bref de donner les gages requis de motivation et de sérieux. Comment vivre cette fin d'époque sur un mode qui ne soit ni cynique ni nostalgique? Comment échapper au « chacun pour soi » qui devient la règle à l'Université comme ailleurs? Comment faire aujourd'hui relais au cri de Woolf, « Penser nous devons »? Il nous fallait rencontrer des femmes chez qui nos questions faisaient écho et qui pourraient leur donner des dimensions imprévues, appeler à prolonger ainsi le cri de Virginia Woolf. Françoise Balibar, Bernadette Bensaude-Vincent, Laurence Bouquiaux, Barbara Cassin, Mona Chollet, Emilie Hache, Françoise Sironi, Marcelle Stroobants, Benedikte Zitouni, ont accepté de témoigner des anecdotes, des événements discrets ou des perplexités qui ont marqué le chemin par lequel chacune a découvert ce que pouvait signifier « penser » et passer ainsi du refus à la création. Mêmes si les portes de l'Université se sont ouvertes aux femmes, cela ne signifie pas qu'elles s'y soient senties « à leur place ».
Le numérique s'impose dans (presque) la totalité de notre vie. Y échappaient encore notre psychisme, notre santé mentale. Les développements de la e-santé mentale et de la e-psychiatrie vont en étendre l'influence jusqu'à ce qui constituait le coeur de notre intériorité. Dès à présent, toute personne présentant un problème de santé mentale peut trouver un ensemble d'applications pour son smartphone. De très nombreux travaux en montrent l'intérêt, l'efficacité, les risques aussi, dans la prévention et le soin. Mais très au-delà des applications actuelles, les technologies mobiles connectées permettront bientôt une extension ubiquitaire du potentiel d'observation et d'action en médecine mentale, et s'inséreront finement dans les moindres interstices de nos vies publiques et intimes. Quels en sont l'efficacité et les risques ? Comment nous "réinventer" dans univers connecté, potentiellement transparent, que rend prévisible leur développement en santé mentale ? Quelles sont les régulations nécessaires, et celles qui sont possibles ? Comment en exploiter au mieux le potentiel de ces évolutions ? C'est une analyse approfondie et sans concessions de ces questions qu'entreprend cet ouvrage, solidement ancré dans les travaux les plus actuels de la psychiatrie et des neurosciences, des sciences sociales, de l'épistémologie, de la philosophie de l'esprit, et des sciences de l'information et de la communication. Destiné aux professionnels de la santé, de la e-santé, aux décideurs politiques, il intéressera aussi les citoyens concernés par l'avenir de leur santé mentale.
A partir de sa longue expérience de psychiatre, dans des structures extrahospitalières destinées à des personnes affectées de psychose ou de troubles graves de la personnalité, Marcel Sassolas a élaboré une théorie du soin relationnel ancré dans la réalité clinique quotidienne. Il en précise pas à pas le cadre à travers la description du fonctionnement des différents dispositifs — hospitalisation à domicile, communautés thérapeutiques (soin au long cours), centre de crise (moyen terme), soins ambulatoires intensifs, service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés — et de leur évolution au cours du temps. Il met l'accent sur la nécessité de toujours questionner, en équipe et pour chaque patient, la fonction soignante pour éviter les deux écueils qui menacent ces institutions : la somnolence ou le chaos. Le stylo du psychiatre constitue une réflexion lucide autour de la transmission : une régression de la pensée du soin est en cours, la psychiatrie relationnelle qui nécessite temps et patience n'a plus les faveurs de l'époque pressée de se sentir efficace. Comment alors transmettre l'héritage de la psychothérapie institutionnelle ? Marcel Sassolas y répond à sa manière, modeste et pragmatique, en l'explicitant toujours davantage sans prêches ni jargon, et en invitant les jeunes soignants à se l'approprier pour inventer aujourd'hui de nouveaux dispositifs pour les patients psychotiques.
Vous vous interrogez sur ces troubles mystérieux qui ont pour nom dépression, anxiété, boulimie, obsession, autisme et même schizophrénie. Vous vous demandez comment on peut les soigner. La psychiatrie vous inquiète ou vous fascine. Et si le meilleur moyen d'en savoir plus était de pénétrer dans le cabinet d'un psychiatre ? C'est ce que vous propose François Lelord. Vous rencontrerez ainsi la violoncelliste recluse, l'homme pressé, le fils rebelle, la jeune femme aux gants, le petit prince qui saignait, tous ces patients que la psychiatrie moderne a aidés et parfois guéris.
La gestion comptable à l'hôpital a favorisé la gestion par les molécules, par les neurosciences et par l'imagerie médicale dont on ne peut certes pas nier les avancées. Mais lorsque ce progrès s'accompagne d'une disparition de l'essentiel, c'est-à-dire de cette indispensable relation humaine sans laquelle le soin ne peut pas exister, alors la psychiatrie, " déboussolée ", risque de voir ses soignants adopter des attitudes aussi insensées que celles de leurs patients et devenir des ennemis au lieu d'être des alliés. Le malaise actuel des services en est malheureusement la traduction. Un écrit simple qui cherche, à travers une présentation de cas de malades bien difficiles, à susciter l'émotion et la réflexion chez le lecteur et surtout, à reparler de l'attachement et de l'empathie nécessaires pour entendre la souffrante des autres, les regarder, les ressentir, écouter leur histoire et comprendre pourquoi ils sont tombés malades. L'être humain ne se réduit pas seulement à ce que l'on en voit, et lorsqu'il est malade, à ses seuls symptômes. Il n'est pas qu'une pathologie. Il a une intériorité, un vécu, une famille et des liens sociaux. Il est toujours en puissance de s'accomplir, de surmonter, de se dépasser, toujours en devenir. Le soin, c'est un tissage de liens, des forces qui s'ajoutent, et une confiance réciproque qui permet au malade d'être l'acteur de son traitement et de mobiliser en lui les forces capables de le faire aller mieux.