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Agone N° 45/2011 : Orwell, entre littérature et politique
Esteves Olivier ; Rosat Jean-Jacques
AGONE
20,30 €
Épuisé
EAN :9782748901313
Orwell n'a peut-être pas été ce prophète que d'aucuns aimeraient voir en lui, mais sa critique de la gauche offre toujours une base à partir de laquelle repenser la crise des gauches contemporaines. L'honnêteté sans faille de cette critique, la haine de tout ce qui prend l'apparence du politique en éludant les vraies questions ne nécessitent qu'un léger ajustement aujourd'hui. Ce qui mérite d'être ravivé, dans ce monde mielleux de tolérance, de réforme modeste et de gauche "propre sur elle", c'est la colère qu'Orwell puisait dans sa haine de l'indécence. La disparition des pauvres et des parias du discours politique montre que la gauche, au bout du compte, accepte les distinctions de classe. Il nous faut réapprendre auprès d'Orwell cette décence qui naît de la colère : son indignation face à l'état du monde, mais également face aux excès des intellectuels de gauche, qui, à bien des égards, ont l'indécence d'ignorer le "peuple" et ses contradictions.
Bureau Louis-Marie ; Esteves Olivier ; Balci Bayra
Elu "intellectuel public le plus influent du monde" par le magazine Foreign Politicy, Fethullah Gülen reste une figure peu connue en France. Ce leader religieux installé aux Etats-Unis est à l'origine du "mouvement Gülen", nébuleuse aux moyens d'action considérables et jouant un rôle majeur dans plusieurs pays musulmans. Les écrits de son fondateur ont largement contribué à cette réussite. Puisant autant à la philosophie islamique qu'à l'histoire politique turque, Gülen prône un rapport décomplexé des musulmans à la modernité, perçue comme le meilleur moyen de faire triompher un islam rigoureux. Pour la première fois en France, un ouvrage analyse les fondements de la pensée de Fethullah Gülen. Sa lecture est précieuse pour comprendre les ressorts d'un "islamisme modéré" alliant religiosité et développement économique, qui marque la Turquie contemporaine et inspire aujourd'hui les gouvernements issus des révolutions arabes.
Cet ouvrage de Physique-Chimie 1re/Tle Bac Pro Gpts 3 à 6 s'incrit dans la collection Spirales qui se base sur les pratiques de classe et sur les avancées pédagogiquesdes neurosciences, pour faciliter la différenciation et permettre à chaque élève de mieux comprendre. Il est proposé au choix en livre papier + licence numérique i-Manuel ou en 100% numérique i-Manuel. En version imprimée, cet ouvrage propose en complément une licence numérique i-Manuel 2. 0, la solution pour mettre les élèves en activité sur ordinateur ou sur tablette. Les infos pratiques sur le i-Manuel 2. 0 à découvrir ci-dessous Dans cette collection, pour être au plus près des besoins des différentes sections, deux ouvrages de 1re/Tle sont proposés : un ouvrage pour les groupements 1 et 2 et un ouvrage pour les groupements 3 à 6. - Ces manuels sont construits de façon à pouvoir travailler avec tous les élèves en fonction de leurs acquis (évalués par des tests de positionnement), en leur proposant des parcours d'exercices différenciés. - La méthodologie est travaillée dans une partie " Je découvre des notions et des méthodes " par des activités courtes permettant de découvrir et/ou consolider d'autres notions du chapitre. - Grâce à " Je retiens l'essentiel ", les élèves apprennent à travailler la méthode au travers d'un exercice résolu puis à la réinvestir dans un autre afin de créer des automatismes. Un outil d'aide à la mémorisation leur est également proposé. - Des exercices de nature variée sur les capacités et les compétences permettent aux élèves de s'entraîner. Les élèves sont, par ailleurs, régulièrement amenés à compléter leur fiche " J'apprends de mes erreurs pour progresser " pour faire le point sur leurs connaissances. - Des vidéos C'est pas sorcier peuvent être diffusées pour entrer dans le thème ou illustrer les activités et le cours. - Le travail sur le module électricité ou le module sécurité est clairement repéré tant dans les activités que dans le cours ou les exercices. - En fin d'ouvrage une partie est exclusivement consacrée au travail sur les automatismes et des fiches méthodes sont proposées pour aider les élèves à devenir autonomes. Ces fiches donnent des conseils méthodologiques de travail et des aides sur l'usage du numérique. - Les ressources pour les 1re/Tle groupements 3 et 5 sont disponibles sur le site compagnon. Avec cet ouvrage, des " Coups de pouce ", pour permettre de différencier le niveau de difficulté demandé et des ressources numériques en accès direct : flashez les QR Codes avec votre smartphone ou saisissez les mini-liens associés pour y accéder.
Principalement issus du sous-continent indien, les premiers migrants musulmans de Grande-Bretagne ont d'abord été attirés par une prospérité en trompe-l'oeil, celle d'une nation industrielle en déclin. Très vite leurs enfants ont été confrontés au chômage massif et à la remise en cause de l'État providence. Se sentant, comme ailleurs en Europe, à la fois étrangers aux traditions culturelles de leurs parents et rejetés par la majorité blanche britannique, certains d'entre eux ont été tentés par un retour aux traditions islamiques, par le militantisme politique, voire par l'extrémisme. L'expérience britannique d'événements tels que le scandale des Versets sataniques (1989), l'opposition à la guerre en Irak (2003) ou encore les attentats de Londres (2005), mais aussi les violences urbaines, l'évolution des discriminations raciales ou religieuses, les discours politiques ou médiatiques islamophobes, la force du white backlash, les débats sur les questions d'éducation, sur la représentativité des minorités dans l'espace public... peuvent, au-delà des oppositions rituelles entre " modèle français " et " modèle britannique " d'immigration, aider à réfléchir au cas français. Islamisme, terrorisme, communautarisme... autant de mots devenus peu à peu synonymes, notamment depuis septembre 2001 et les attentats de Londres en juillet 2005. C'est tout l'intérêt du livre d'Olivier Esteves que de suggérer te parallèle entre trajectoires postcoloniales françaises et anglaises, et d'aller au-delà de schémas médiatiques simplistes où " tout ce qui est modéré à Londres serait considéré comme extrême à Paris ".
Kraus Karl ; Deshusses Pierre ; Bouveresse Jacques
ET SI SURTOUT la perte de la culture n'était pasachetée au prix de vies humaines ! La moindre d'entre elles, ne serait-ce même qu'une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée. L'industrie intellectuelle bourgeoise se berce d'ivresse jusque dans l'effondrement lorsqu'elle accorde plus de place dans les journaux à ses pertes spécifiques qu'au martyre des anonymes, aux souffrances du monde ouvrier, dont la valeur d'existence se prouve de façon indestructible dans la lutte et l'entraide, à côté d'une industrie qui remplace la solidarité par la sensation et qui, aussi vrai que la propagande sur les horreurs est une propagande de la vérité, est encore capable de mentir avec elle. Le journalisme ne se doute pas que l'existence privée, comme victime de la violence, est plus près de l'esprit que tous les déboires du négoce intellectuel. Et surtout cet univers calamiteux qui occupe désormais tout l'horizon de notre journalisme culturel.
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Le tour résolument punitif pris par les politiques pénales lors de la dernière décennie ne relève pas du simple diptyque " crime et châtiment ". Il annonce l'instauration d'un nouveau gouvernement de l'insécurité sociale visant à façonner les conduites des hommes et des femmes pris dans les turbulencesde la dérégulation économique et de la reconversion de l'aide sociale en tremplin vers l'emploi précaire. Au sein de ce dispositif " libéral-paternaliste ", la police et la prison retrouvent leur rôle d'origine : plier les populations indociles à l'ordre économique et moral émergent. C'est aux États-Unis qu'a été inventée cette nouvelle politique de la précarité, dans le sillage de la réaction sociale et raciale auxmouvements progressistes des années 1960 qui sera le creuset de la révolution néolibérale. C'est pourquoi ce livre emmène le lecteur outre-Atlantique afin d'y fouiller les entrailles de cet État carcéral boulimique qui a surgi sur les ruines de l'État charitable et des grands ghettos noirs. Il démontre comment, à l'ère du travail éclaté et discontinu, la régulation des classes populaires ne passe plus par le seul bras, maternel et serviable, de l'État social mais implique aussi celui, viril et sévère, de l'État pénal. Et pourquoi la lutte contre la délinquance de rue fait désormais pendant et écran à la nouvelle question sociale qu'est la généralisation du salariat d'insécurité et à son impact sur les espaces et les stratégies de vie du prolétariat urbain. En découvrant les soubassements matériels et en démontant les ressorts de la " pensée unique sécuritaire " qui sévit aujourd'hui partout en Europe, et singulièrement en France, ce livre pointe les voies possibles d'une mobilisation civique visant à sortir du programme répressif qui conduit les élites politiques à se servir de la prison comme d'un aspirateur social chargé de faire disparaître les rebuts de la société de marché.