Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Centre épique
Espitallier Jean-Michel
ATTENTE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782362420894
Récit-documentaire écrit en résidence dans l'agence Ciclic Centre-Val de Loire, autour de films d'archive sur les us et coutumes dans les villages à travers le vingtième siècle, de la première guerre mondiale aux grandes grèves de 1995. Le texte est ponctué d'images et de codes QR qui renvoient aux films d'archive. Un partenariat avec l'agence Ciclic Centre-Val de Loire. /// Extrait (p. 9) : /// Alors au départ, c'est un peu compliqué. C'est un peu compliqué parce qu'il y a le jeu des alliances, des mésalliances, des combines et des intérêts, et parce qu'il y a la comédie des généalogies royales, lignages, protocoles, valse des étiquettes, et les mélis-mélos de toute sorte, et c'est quand même un peu compliqué à cause des micmacs et des copinages, renvois d'ascenseur, savonnages de planches, pas mal compliqué aussi avec tous ces empilements de hiérarchies militaires enjolivées de plumes, pompons, breloques, esprit chevaleresque avec des canons de 105, et parce qu'il y a les paquets d'histoire avec dedans les bisbilles ancestrales, et à cause des bricolages politiques, tripatouilles industrielles, calculs de banquiers, virgules, pourcentages, bookmakers avec la Légion d'honneur, et parce qu'il y a les jongleurs sur cartographie et les tireurs de plans sur la comète, et tout ça se met à glisser comme au patinage artistique sur un tapis de frontières qui soudain ne satisfait plus personne.
Le grand-père de Jean-Michel Espitallier était cow-boy. Un vrai cow-boy d'Amérique, au bout du bout du Far West : en Californie. Dans sa jeunesse, il a quitté ses Alpes natales pour aller tenter la fortune dans ces contrées lointaines qui condensaient alors toute l'espérance et tout l'or du monde. Et puis, pour une raison inconnue, il est revenu. Il a vécu le reste de son âge dans son coin de France, au milieu de montagnards taiseux dont il faisait partie, lui aussi.De cet aïeul propre à susciter des légendes, on ne sait presque rien. Son histoire est comme un trou de mémoire dans la mythologie familiale.Tour à tour enquête, western, histoire de l'univers en accéléré, peinture de la vie quotidienne des cow-boys en Californie, voyage fantastique à travers le continent américain, méditation sur la mémoire, ce récit reconstitue le parcours de ce personnage inconnu. Jusqu'à la belle histoire d'amour qui l'unit à la grand-mère de l'auteur.D'une grande diversité de cadences et de styles, ce livre singulier joue de la puissance de la littérature à redonner vie à nos fantômes et à reconstituer les choses disparues. Surtout celles que l'on n'a pas vues.
Résumé : Cet objet familier aux automobilistes, parfois terne, parfois ridicule quand il n'est pas purement invisible dans sa banalité, est le champ d'investigation d'un poète qui confie à ses jeux d'écriture (syllogismes, paradoxes, digressions, parodie, etc.) le soin de construire sa pensée et de mettre en action des réflexions et observations sociologiques, politiques, esthétiques, anthropologiques, etc. autour du rond-point. Construites par fragments et aphorismes, ces réflexions, dont les développements et les conclusions racontent notre époque, interrogent aussi le langage en le prenant au mot ou en jouant sur ses ambiguïtés et sur ses leurres. Car le rond-point a beaucoup de choses à nous raconter, sur nous-mêmes et la société dans laquelle nous vivons. Il pourrait même être le marqueur de tout ce qui constitue notre contemporanéité dans ses fantasmes et ses utopies, ses médiocrités et ses folies, mais aussi ses beautés et ses prodiges. Quand une pensée sérieuse explore, avec drôlerie et non sans dérision, ce petit monument à la gloire de la fluidité de la circulation automobile, c'est-à-dire du fantasme universel et pourtant ambigu du déplacement et de la liberté absolue
A la question, ne faudrait-il pas faire une nouvelle anthologie? Jean-Michel Espitallier répond qu'ilne changerait rien à Pièces détachées. Pourquoi? Une préface inédite s'en explique. Tous ses choixont été confirmés. Les dix dernières années du XXe siècle ont vu la poésie française se renouveler en profondeur, s'inventer de nouvelles formes, explorer des territoires neufs, étonner par son audace et son inventivité. On la croyait disparue, elle est partout; on la disait difficile, la voilà qui retrouve un large public; on l'accusait d'être un peu trop sérieuse, elle se montre joueuse et pratique l'art du détournement ou de la parodie. C'est cette nouvelle intensité que voudrait saisir ce livre, en opérant quelques prélèvements dans un alcool qui, de la poésie sonore aux écritures pauvres, des techniques du collage aux nouveaux territoires du lyrisme, de la question du vers à celle de la prose, s'est mis à redonner des couleurs à la littérature française.
Résumé : Auteur d'une vingtaine de livres, Jean-Michel Espitallier est écrivain, poète, musicien. En 2015, il s'est mis à lister des noms de communes de France, pour le plaisir, en fonction de leur coefficient poétique. Puis il est allé puiser dans différentes sources (internet, presse, manuels scolaires, guides touristiques, etc.) pour "illustrer" chacune de ces communes : faits divers, légendes, statistiques, petites annonces, recettes de cuisine, devises, publicités, racontars, événements historiques, souvenirs personnels, actes administratifs, délibérations diverses, etc., qui produisent autant de tout petits romans. Enfin, il s'est rendu compte que son livre esquissait une sorte de portrait objectiviste de la France d'aujourd'hui.
C'est le temps des peurs. Des peurs sans nom. Des peurs globales, de l'autre, de soi, de moi, j'ai peur de moi, donc j'ai peur de l'autre, donc je déteste l'autre. De ces ruines volontaires de l'essere occidentalum, Frédéric Dumond dégage une ritournelle entêtante, inquiétante, glaçante et/ou hilarante et nous conduit, groggy, à voir la nudité du roi. La nôtre. C'est une colère du cogito. Dans ces temps de passivité imbécile, ça a la force, la dangerosité d'une émeute.(Emmanuel Adely)
Le léopard a des taches de la même couleur que le fond du poil mais cernées de noir, ce qui le différencie de la panthère. Le léopard d'Aquitaine ne ronronne qu'au moment de la mort. Il est souple, versatile et boit du bourbon. Tout ceci est absolument exact bien que rien ne soit vrai, écrit Marie Borel. C'est une suffisante raison pour lire son léopard qui vit sa deuxième vie, et on lui en souhaite beaucoup d'autres, à partir d'aujourd'hui. (Claude Chambard) Avec Le Léopard est mort avec ses taches, on est devant, ou dans, une suite d'énoncés qui s'enchaînent comme les phrases d'une narration, mais dont la succession est imprévisible. Cela donne un superbe récit, tendre et facétieux, à partir d'énoncés ordinaires, " les phrases des autres " dit Marie Borel, les phrases de tout le monde comme l'Autobiographie de tout le monde de Gertrude Stein, transcrites, re-citées, réagencées. (Emmanuel Hocquard)
Les vers libres (ou la prose poétique) de Diane Glancy ne sont jamais larmoyants. Souvent drôles et mordants, ils donnent une voix à ceux que l'on a rendus muets, les Cherokee, souvent à l'intersection de l'ancien monde et du nouveau. (Béatrice Machet)
Un bégaiement qui se marque clairement comme artificiel pour jouer avec et sur des mots qui font dériver le sens du récit vers quelque chose de totalement improbable, qui ne provient que de la langue, que de la proximité phonétique, donc d'un arbitraire total ou quasi. Michelle Grangaud, grâce à ce mécanisme de précision du marabout de ficelle amélioré, transforme une journée en une révélation linguistique hallucinatoire. (Eric Suchère, CCP n°4)