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Conférences chinoises de la rue d'Ulm 2019-2021
Espagne Michel ; Huang Bei ; Lévy Florence ; Xiao
KIME
45,00 €
Épuisé
EAN :9782380720778
La connaissance qu'ont les chercheurs français des travaux récents conduits en Chine dans les sciences humaines et sociales reste très lacunaire. Pour combler, partiellement ces lacunes, un programme de conférences organisées par l'université Fudan à Shanghai, une des principales universités chinoises pour ces disciplines, et l'Ecole normale supérieure vise à diffuser les recherches récentes conduites en Chine dans des domaines tels que l'histoire globale, l'histoire littéraire, l'histoire de l'art, la science des religions, l'histoire du livre, la linguistique, la phénoménologie, l'anthropologie. Les approches proposées privilégient naturellement les points de convergence et de recouvrement d'une tradition chinoise et française. Toutefois il ne s'agit pas de parler prioritairement de la Chine mais plutôt de voir ce qu'un point de vue chinois, acceptant pleinement l'héritage des classiques peut apporter à la compréhension d'un éventail de sujets aussi large que la phénoménologie heideggérienne, l'Islam ou la pensée politique américaines. Ces éclairages aident à ouvrir des horizons nouveaux, une compréhension nouvelle et plus large de ce qui, à tort, par manque de déplacement des perspectives, semblait trop évident.
On découvre progressivement en France toute la place occupée dans les pays de langue allemande par l'histoire de l'art, qui se situe au confluent de l'esthétique, de la philologie, de la philosophie et de l'histoire. Déchirés entre le genre de la narration historique et la description minutieuse des ?uvres et de leur genèse, entre le genre du catalogue d'exposition et celui du manuel, entre l'hagiographie et l'essai critique, les historiens d'art allemands, instigateurs et héritiers à la fois de courants européens, ont largement contribué à la construction de cette nouvelle discipline. Tchèque assimilé, Anton Springer (1825-1891) occupa à Bonn la première chaire allemande de professeur ordinaire d'histoire de l'art; il fonda ensuite les instituts de Strasbourg et de Leipzig. Ses nombreux élèves marquèrent de leur empreinte cette discipline jusqu'au milieu du XXe siècle. Aussi Springer est-il l'un des meilleurs guides pour définir la place de l'Allemagne par rapport à l'Italie de la Renaissance, à l'Antiquité gréco-latine, à la tradition médiévale ou au réalisme de la peinture française, et ce dans l'exploration d'une pensée de l'art en ses contextes, pensée toujours attachée à révéler des passages et réappropriations, selon des axes synchroniques ou diachroniques, ouvrant ainsi des voies fondamentales aux réflexions sur les transferts culturels.
Sur le terreau de l'empirisme et du sensualisme fleurit au XVIIIe siècle en Europe une réflexion foisonnante sur les sens. Certes, le siècle des Lumières apparaît à maints égards comme celui du triomphe de la vue, mais ses auteurs font largement droit aux autres sens, notamment le toucher et l'ouïe. Sur le terreau de l'empirisme et du sensualisme fleurit au XVIIIe siècle en Europe une réflexion foisonnante sur les sens. Certes, le siècle des Lumières apparaît à maints égards comme celui du triomphe de la vue, mais ses auteurs font largement droit aux autres sens, notamment le toucher et l'ouïe. Ils isolent le sens auditif pour cerner son fonctionnement propre et son apport spécifique mais s'interrogent également sur la question de savoir comment il coopère avec les autres sens en sorte que les informations reçues par leur intermédiaire se fondent en une représentation mentale unique du monde. Ces recherches sont conduites dans différents champs disciplinaires tels que la médecine, la philosophie, la théorie des arts issue de la critique littéraire, musicale voire picturale, mais aussi l'ethnographie et la linguistique. Au-delà des textes théoriques où elles sont exposées, elles trouvent un écho dans la création littéraire du temps. Les études rassemblées dans le présent volume rendent compte de nombreux aspects de cette réflexion sur l'ouïe dans l'Europe des Lumières, qui témoigne de la fascination exercée par l'interaction entre les sphères physique et psychique à l'oeuvre dans la perception. Elles mettent également en évidence l'intense circulation des savoirs et des questionnements entre les espaces de langue allemande, française et anglaise et enrichissent la compréhension d'une discipline alors en plein essor, l'esthétique, science du sentir autant que du beau et de l'art.
Résumé : Tout regard attentif porté sur les textes fondateurs d'une tradition culturelle les fait apparaître dans un halo de formulations divergentes, de variantes, de phases de rédaction antérieures, de corrections après édition, qui facilitent aux lecteurs puis aux exégètes la remise en cause du sens, son déplacement. Au-delà des représentations techniques des variantes, la recherche sur le devenir des textes fait vite intervenir des phénomènes de longue durée concernant la conception de la langue, de l'historicité des formes linguistiques et de leur relation avec les définitions de la raison. Arrivé à ce stade, on doit s'apercevoir que ces phénomènes culturels se distinguent selon les ancrages nationaux. Non que les représentations française et allemande des textes et de leur genèse, pour prendre les deux principaux cas de figure, soient complètement hétérogènes. Au contraire, les importations, les croisements de méthodes jalonnent l'histoire de la relation critique au manuscrit. Les systèmes concurrents ne s'épuisent pas dans des techniques de présentation mais font entrer en ligne de compte le conflit des mémoires nationales avec leurs taxinomies archivistiques incompatibles, le conflit des conceptions de la langue et des rituels d'appropriation des ?uvres. En utilisant au passage les thématisations littéraires de la philologie, on parviendra à cerner la vertu des imbrications franco-allemandes (reconnues ou refoulées) dans la mise en place d'une réflexion sur le devenir des textes.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.