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Différence, différend : Deleuze et Lyotard
Enaudeau Corinne ; Fruteau de Laclos Frédéric
ENCRE MARINE
45,00 €
Épuisé
EAN :9782350880884
Gilles Deleuze et Jean-François Lyotard sont deux figures centrales de la pensée française contemporaine. Leur connivence, née dans les années 1970 alors qu'ils enseignent à l'Université expérimentale de Vincennes, procède d'une critique partagée de l'humanisme classique, d'une distance comparable à l'égard du structuralisme, enfin d'une thématisation commune du désir et de la sensibilité. La publication, à deux ans d'intervalle, de L'Anti-Oedipe et d'Economie libidinale confirme cette proximité : les auteurs y soutiennent des positions éthiques et politiques tout aussi intempestives. On aurait pourtant tort de croire que leurs idées relèvent d'une même "philosophie de la différence", expression qui caractérise la seule entreprise de Deleuze. Dès les années 1980, Lyotard et Deleuze ont en effet divergé sur le sens à accorder à la psychanalyse, à l'oeuvre de Wittgenstein ou encore à l'obligation morale. Le propos du présent volume est de mettre à profit quarante années de recul pour confronter à nouveaux frais ces deux représentants de la philosophie française, en restituant l'héritage, l'évolution et le prolongement de leurs pensées respectives. Les contributions ici réunies déploient le large éventail des disciplines que Deleuze et Lyotard ont explorées et discutées. Elles s'intéressent aussi bien à la période de leur plus grande proximité théorique qu'à l'apparition des différends les opposant, au moment même de l'avènement, chez Lyotard, du concept de "différend".
Jeune au regard de la science et de la philosophie, la psychanalyse a néanmoins un passé et, plus encore, un présent fait d'une pratique et d'horizons théoriques. De l'analyse de l'adulte à celle de l'enfant, la pensée de Freud (1856-1939) montre sa force inventive et sa capacité d'évolution face aux difficultés et aux questionnements qui surgissent de la relation analytique et, plus largement, des grands séismes politiques du XXe siècle. Les entretiens présents ne s'adressent pas d'abord aux psychanalystes. En interrogeant la réflexion et la pratique clinique d'une psychanalyste en exercice, ils s'efforcent d'indiquer le travail de l'analyse à qui n'est pas familier de la pensée de Freud. Ils disent, dans une langue ouverte, l'histoire et la diversité des enjeux d'une oeuvre qui demeure l'une des plus grandes affaires intellectuelles de notre temps. Faire droit à la psychanalyse, c'est faire droit à une manière complexe de voir l'individu et à une manière de voir autrement le monde.
Résumé : Ce livre d'entretiens s'attarde à des matières qui ne mobilisent guère les philosophes : le crédit, la croyance, la confiance, l'oubli, la fiducia, la banqueroute. Elles sont l'ancrage d'une conception peu commune du XIXe siècle, attentive aux relations de pensées entre la France et l'Allemagne, foyer négligé de notre présent. Elles sous-tendent ce que Jean-Michel Rey appelle le dialogue franco-allemand. Depuis un premier livre sur Nietzsche, publié au début des années 1970, le travail philosophique de Jean-Michel Rey avance par reprises qui relancent et amplifient les motifs de sa réflexion sans obéir à programme ou objectifs assignés. Ce travail sollicite un corpus philosophique, théologique, littéraire, économique et historique extrêmement vaste. Des Tragiques grecs aux auteurs contemporains, de La Boétie à la philosophie allemande, des grands historiens français du XIXe siècle à l'empirisme anglo-saxon, de la Révolution française à saint Paul et à la psychanalyse freudienne, le lecteur croisera maints écrivains, penseurs et essayistes considérables. A chaque fois, la pensée travaille avec des formes différentes de l'imaginaire, celles de la langue en particulier. Autant que les questions rencontrées compte la modulation des phrases qui les disent. Les problèmes sont ainsi abordés à travers une sensibilité affectée par le langage et les langues, libre d'en discerner les moindres inflexions. A l'écart de tout éclectisme, les parcours de Jean-Michel Rey semblent inachevables.
Résumé : Procédé exceptionnel qu'on s'autorise dans une situation embarrassante, l'expédient a certes une efficacité potentielle, mais une faible consistance théorique. Impuissant à se justifier, illégitime en son principe, c'est pourtant lui qui pallie les défaillances de la démarche régulière, lui qui atteste que la pratique est toujours plus et autre que ce qu'en a décidé la théorie. Corinne Enaudeau et Patrice Loraux ont imaginé de réunir des représentants de différentes disciplines (mathématiques, philosophie, psychanalyse, droit, sociologie, anthropologie, traduction) pour réfléchir sur le statut théorique de l'expédient, ce parent pauvre de la rationalité. Par-delà la diversité des domaines concernés, l'exercice de tout métier - intellectuel aussi bien - remet de fait en chantier les règles de la méthode constituée. La nécessité de poursuivre en dépit des incertitudes conduit à user de ressources improvisées mais indispensables. Parce qu'il est le ressort de la démarche effective, l'expédient demande à la méthode de prendre acte de son premier ennemi : l'impasse où nous immobilise l'obstacle imprévu. L'art de suppléer inopinément au déficit pratique serait cette paradoxale "méthode de l'expédient" que les textes ici rassemblés interrogent.
Par la multiplicité des champs explorés et l'ampleur de ses déplacements, l'?uvre de Lyotard reste d'un usage malaise. Sa pensée est trop souvent confondue avec celle de ses voisins de "la pensée française", Deleuze et Derrida, ou réduite a une acception sommaire de l'un de ses concepts marquants: le "postmoderne". On oublie ainsi l'enjeu singulier de cette réflexion, aux prises avec la décision qu'exigent le jugement d'une part et l'intensité anonyme ou se donne "l'événement" d'autre part. Dix ans après la mort de Lyotard, il nous manque une compréhension plus ample de la voix qui fut la sienne dans les débats philosophiques de la fin du siècle dernier. Les textes de ce volume ouvrent la boîte des "transormateurs Lyotard", ils expérimentent la puissance opératoire de cette pensée.
Angelus Silesius est le nom de poète que s'est donné à bon escient Johannes Scheffler, docteur en philosophie et en médecine, médecin à la cour impériale de Ferdinand III, prêtre ordonné en 1661, écrivain religieux, qui naquit en Silésie, à Breslau, en 1624, où il mourut en 1677. Le voyageur chérubinique - Der Cherubinischer Wandersmann - dont le seconde édition parue en 1675 (la première datant de 1657) contient 1676 distiques et brefs poèmes, est l'un des plus beaux livres de la poésie mystique européenne.
2 volumes sous coffret vendus non séparément Tome I Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l'étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l'histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. A chaque fois l'auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques. Clémence Ramnoux n'étudie pas seulement l'évolution du mythos au logos, en s'attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l'abstraction philosophique, elle s'est également intéressée aux fragments d'Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle - cosmologie, anthropologie, logique - mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d'Héraclite, en se mettant à l'écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : "Héraclite l'Obscur" . Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle. Tome II Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l'apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l'éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C'est à l'aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s'affirmera. Dans une suite d'articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate. Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l'auteur montre l'importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique. Un choix d'articles peu connus, jusqu'alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes - à la fois complices et novatrices - de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard. Cette nouvelle édition en deux volumes des oeuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d'une Table de concordances des fragments orphiques, d'un Index des sources, d'un Index général, d'une Bibliographie raisonnée des oeuvres citées par l'auteur et d'une Bibliographie de ses oeuvres et des articles qui lui ont été consacrés.
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.