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En luttes ! Les possibles du syndicalisme de contestation
Béroud Sophie ; Thibault Martin
RAISONS D AGIR
10,00 €
Épuisé
EAN :9791097084127
Le mouvement des Gilets jaunes, d'abord éloigné des syndicats, est un révélateur inattendu de leurs difficultés. Englués dans Le "dialogue social", incapables de faire plier les gouvernements successifs, pris dans des enjeux de rivalités internes, ils peinent à élargir leur base sociale et à peser sur les mobilisations. Depuis près de trente ans une organisation, les SUD, devenus Solidaires, développe pourtant des pratiques plus horizontales et démocratiques et affirme le retour d'un syndicalisme de contestation. Elle rencontre toutefois des obstacles imprévus : comment avoir du poids institutionnel sans s'institutionnaliser ? Comment réussir à servir davantage les intérêts immédiats des salariés sans devenir des professionnels du syndicalisme et en rabattre sur La radicalité du combat ? Pour éclairer ces transformations profondes, ce livre s'appuie sur une enquête sociologique au long cours qui retrace l'enthousiasme et l'âpreté de parcours militants en les resituant dans les grands mouvements sociaux des vingt dernières années. Au-delà du cas de Solidaires, il témoigne de La capacité des organisations syndicales, confrontées à un monde du travail de plus en plus fragmenté et dérégulé, à rendre aux conflits salariaux un rôle moteur et oeuvrer ainsi à des revendications plus larges d'émancipation et de transformation politique.
Comment des décennies de politiques néo-libérales ont-elles transformé le monde du travail, les formes de résistances collectives et les possibles de l'action syndicale ? C'est la question qui traverse ce livre d'un point de vue comparatif, en explorant la transformation de la structure sociale au Brésil et en France, mais aussi du champ politique. Bien que les réalités socio-économique des deux pays soient très différentes, ainsi que leur histoire sociale et politique, des pistes de recherche parallèles peuvent être établies : dans quelle mesure les orientations politiques des gouvernements du PT au Brésil et celles des gouvernements du PS en France se sont-elles effectivement éloignées du néo-libéralisme ? Quels sont les intérêts de classes, de fractions ou d'alliances de classes que ces pouvoirs politiques ont traduits ? Comment identifier les "classes moyennes" et évaluer leur participation aux mobilisations collectives ? Quel rôle continue de jouer le syndicalisme, confronté à des dynamiques d'institutionnalisation et à des débordements par d'autres formes de mobilisation ? Comment sont organisées et mobilisées les fractions précarisées des classes populaires, qu'il s'agisse de l'immense et traditionnelle "masse marginale" au Brésil, ou des segments subalternes et fragilisés du salariat en France ? En rendant compte de ces différentes évolutions, cet ouvrage en deux volumes donne des clefs pour comprendre les difficultés que rencontrent dans les deux pays les formations de gauche, l'épuisement des forces social-démocrates et la progression des droites extrêmes avec en particulier la victoire électorale de Jair Bolsonaro.
Résumé : Comment expliquer le morcellement du syndicalisme français ? Pourquoi si peu de salariés adhèrent aux syndicats ? Tous les syndicalistes sont-ils des professionnels du dialogue social coupés de leur base ? Pour répondre à ces questions classiques dans les controverses politico-médiatiques, ce manuel propose une synthèse des travaux récents conduits dans les champs de la sociologie et de la science politique autour de l'analyse des organisations syndicales, de leurs adhérents et de leurs pratiques. Il fait le pari que les outils de la sociologie politique permettent une analyse plus fine du phénomène syndical. En abordant des questions telles que les dynamiques de l'engagement militant, les ambivalences du processus d'institutionnalisation ou bien encore les modalités du travail de représentation, cet ouvrage développe des questions qui intéresseront tous les étudiants en sociologie et science politique mais aussi toutes celles et ceux désireux de dépasser les schématismes et de comprendre les spécificités du syndicalisme en France.
La mobilisation des agents d'EDF et GDF contre le changement de statut de leurs entreprises a atteint, en mai et juin 2004, une très forte intensité. Dynamique, porté sur tout le territoire par différentes catégories d'agents, ce mouvement entendait interpeller à la fois les autorités publiques mais aussi les citoyens sur le sens d'une privatisation, à terme, d'entreprises publiques aussi performantes qu'EDF et GDF Les opérations baptisées "Robin des bois" ont ainsi eu pour but affiché de rétablir le courant dans des foyers qui en étaient privés ou de baisser le prix de l'électricité. Dans son ensemble, ce mouvement a posé la question non pas de la légalité des actions menées, mais bien de la légitimité de décisions prises à l'encontre des intérêts aussi bien des usagers que des salariés.Construit à partir d'une quarantaine d'entretiens approfondis, réalisés durant le mouvement auprès d'agents d'EDF et de GDF, grévistes ou non grévistes, syndiqués ou non syndiqués, novices dans le métier comme plus anciens, cet ouvrage entend restituer une parole plurielle et pose la seule question qui vaille: "Dans quelle société voulons-nous vivre?"
Béroud Sophie ; Dufresne Anne ; Gobin Corinne ; Zu
Cet ouvrage interdisciplinaire (science politique, sociologie, anthropologie, sociolinguistique, histoire) analyse de manière croisée les mouvements des Gilets jaunes français et belge sur deux années. A travers entretiens, corpus d'images, "portraits" de manifestants, ce livre explore deux tensions principales. La première est engendrée par un nouveau type de mobilisations qui se déroulent en dehors des institutions : les Gilets jaunes bousculent les catégories d'analyse classiques, les formes de mobilisation traditionnelles (notamment syndicales) et les consensus existants sur le système politique. La seconde tension se situe entre les aspirations et le travail réel de renouvellement démocratique portés par le mouvement et le déploiement d'une répression judiciaire et policière inégalée. Cette mobilisation est enfin replacée dans le contexte des politiques d'austérité mises en oeuvre au sein de l'Union européenne et dans celui des luttes sociales contemporaines sur les autres continents, nées de la "dépossession" des travailleurs de leurs conditions de vie et d'existence du fait de politiques publiques favorisant une mondialisation ravageuse.
Impossible aujourd'hui de soutenir la thèse de la disparition des entreprises familiales dans le capitalisme contemporain: implantées sur tous les continents, les entreprises familiales représentent plus des trois quarts des entreprises enregistrées dans le monde et contribuent aux deux tiers de la production totale chaque année. Dans le secteur agricole en France, elles sont massivement prédominantes. C'est alors tout à la fois un métier, un statut de chef d'entreprise indépendante, un patrimoine, un lieu de travail et de résidence qui sont transmis de génération en génération. L'école républicaine promeut le mérite individuel. La société salariale fait du travail un accomplissement personnel. Et, désormais, la famille serait davantage centrée sur les relations affectives plut, que sur la transmission de patrimoine! Dans ces conditions, comment comprendre que des jeunes gens reprennent une entreprise familiale? Est-ce une charge ou une chance? À contre-courant des analyses qui n'en finissent pas d'annoncer la fin des paysans, ce livre propose une enquête de terrain sur les transformations des entreprises viticoles de la région de Cognac, au début des années 2000. Céline Bessière, enseignante-chercheuse à l'Université Paris-Dauphine, a enquêté pendant huit années auprès de jeunes viticulteurs et viticultrices, mais aussi de leurs parents, leurs grands-parents, leurs compagnes (ou compagnons), leurs frères et soeurs. En poussant la porte des exploitations, on mesure l'imbrication des rapports économiques et familiaux ainsi que les tensions entre les aspirations personnelles des individus, leurs appuis et leurs devoirs familiaux. Contribution à une sociologie économique de la famille et de la reproduction sociale, ce livre montre comment, dans les exploitations de Cognac et bien au-delà, se fabriquent des entrepreneurs qui sont aussi des héritiers.
Le rôle de l'industrie agroalimentaire dans la production des normes sanitaires est bien connu, comme par exemple lors du rejet d'amendements à la loi Agriculture et alimentation (dite Egalim) visant à équilibrer les relations avec les agriculteurs et à promouvoir une alimentation saine et durable. Cependant, ce rôle est rarement compris dans toute sa complexité et toutes ses ramifications, bien plus invisibles et prégnantes que l'on pourrait le croire. L'agro-industrie prend en effet le contrôle de la politique nutritionnelle qui devrait être du ressort de l'Etat, en prenant en main, d'abord la recherche, ensuite la formation et la mise à l'agenda de toute forme de politique publique dans ce domaine. Elle maîtrise la production d'informations, y compris scientifiques, elle se construit une image positive en participant à toutes sortes d'associations, d'événements, de financements de recherches et d'expertises, etc. Loin d'être une simple affaire de comportements individuels, de conflits d'intérêt des scientifiques, de cynisme des industriels ou de faiblesse morale des politiques, la prégnance des intérêts économiques est ici systémique. Ce livre montre qu'elle est le produit du travail de longue haleine d'une multitude d'organisations et de professionnels, dont c'est le métier. Leur travail façonne les espaces d'intervention des experts et des décideurs. L'industrie agroalimentaire fait prévaloir ses points de vue et intérêts en s'immisçant dans des espaces scientifiques, politiques et philanthropiques. L'enquête sociologique présentée dans ce livre offre - pour la première fois en France - une vision d'ensemble des interventions mises en oeuvre par l'agro-industrie, en décrivant par le menu les différents types de stratégies, leurs supports organisationnels et humains, ainsi que les espaces sociaux qui en sont le produit. Ces résultats permettent de se faire une idée plus juste de la place des intérêts économiques dans la décision publique en matière d'alimentation et de nutrition, et dans une certaine mesure de s'en prémunir.
Que veut dire être gayfriendly ? Avoir des amis gais ? Soutenir. le "mariage pour tous" ? Envisager sans effroi que sa fille devienne lesbienne ? Sortir dans des bars gais et même renouveler ses propres pratiques sexuelles ? Il n'y a pas de "bonne" gayfriendliness, mais des attitudes différentes, en France et aux Etats-Unis, variables selon les âges, le sexe et les parcours de vie. L'acceptation de l'homosexualité, qui progresse indéniablement, n'est pas non plus réservée aux plus riches : ces derniers l'ont plutôt intégrée au sein d'une morale de classe qui leur permet de se distinguer des pauvres, des habitants des banlieues ou encore des populations racisées. Interviewer des hétérosexuels de milieu aisé montre que, dans des espaces de tolérance et de mixité comme le Marais à Paris et Park Slope à Brooklyn, le contrôle n'a pas disparu : la sympathie s'exprime avant tout en direction de gays et de lesbiennes de même statut socioéconomique, qui manifestent leur envie de couple et de famille, et mettent en sourdine tout autre revendication. La gayfriendliness a donc fait reculer la violence et les discriminations ; elle accompagne aussi l'invention, par les femmes surtout, de modes de vie moins conventionnels. Pourtant, si elle a mis fin à certains préjugés, elle ne s'est pas encore complètement affranchie de ce qui reste un élément structurant de nos sociétés : la domination hétérosexuelle.
Sayad Abdelmalek ; Tassadit Yacine ; Fassin Eric ;
Résumé : Edition présentée par Salima Amari et Eric Fassin Accompagnée d'un entretien avec Tassadit Yacine. Cet ouvrage donne à lire deux entretiens inédits d'Abdelmalek Sayad (1933-1998). Le sociologue algérien les a menés en France au tournant des années 1970-1980, avec deux Algériennes de générations successives. Ils font entendre la voix de femmes exceptionnelles, tant par leur force et leur lucidité que du fait de leurs parcours atypiques. Elles analysent elles-mêmes la condition qui leur est imposée, et contre laquelle elles s'insurgent. Confrontées à la domination masculine, ainsi qu'à la domination coloniale et postcoloniale, elles ne se laissent ni l'une ni l'autre assigner une place. Elles sont, de multiples façons, en rupture de ban. Ces entretiens mettent en lumière une dimension passée inaperçue de l'oeuvre de Sayad, sociologue de l'émigration/immigration : on prend conscience qu'il développait en même temps une sociologie du genre - sans le concept, bien sûr, mais c'est bien de cela qu'il s'agit. En effet, Sayad ne se contente pas d'ajouter des femmes au portrait de groupe de l'émigration ; en dialogue avec elles, il explicite des mécanismes touchant les définitions de la masculinité et de la féminité, qui contribuent à la redéfinition des identités et des rapports sociaux en migration. Ce livre constitue donc une invitation à relire d'autres textes du sociologue et d'y retrouver l'importance de l'expérience de genre dans l'analyse de la migration.