Séparation et exclusion : les deux thématiques sont intimement associées, la première appelant souvent la seconde. Au c?ur de chacune, un lien menacé, malmené par l'histoire, et pourtant vital pour l'adulte en devenir qu'est le bébé. Ce lien commence avec les premières perceptions f?tales, se construit plus tard dans le langage, avec la mère, la famille et l'entourage, puis vient s'inscrire plus largement dans la société. Les spécialistes qui ont participé à ce recueil (psychanalystes, médecins, historiens, chercheurs, sages-femmes, travailleurs sociaux...) s'attardent, chacun, sur une facette de ce lien et réfléchissent aux pratiques médicales et sociales qui le mettent en danger ou peuvent, au contraire, contribuer à le consolider. L'intégration sociale, lent processus débutant dès la naissance, ne peut en effet s'accomplir que par l'écoute attentive et respectueuse du tout-petit. Cela suppose la mise en place de structures souples favorisant la restauration et le développement de ces liens vitaux qui permettront ensuite à l'enfant, puis au jeune adulte, de trouver sa place dans la société.
Commentaires L'enfance est de plus en plus protégée. Les multiples formes de maltraitance sont de mieux en mieux dépistées. En quelques années le mur du silence, dans les familles comme dans des institutions, s'est largement effrité. On ne pourrait que se féliciter de cette évolution des mœurs si elle n'était elle-même porteuse de nouvelles formes de violence. La victimisation des enfants s'accompagne en effet trop souvent d'une diabolisation des "mauvais parents". Dans l'opinion publique, bien sûr, mais malheureusement aussi dans les institutions d'accueil où sont placés les enfants ou encore à travers les décisions de justice. Comme on le sait depuis À corps et à cri, Caroline Eliacheff, psychanalyste et pédopsychiatre, travaille avec des nourrissons et de très jeunes enfants dans une pouponnière de l'Aide sociale à l'enfance. Confrontée quotidiennement aux effets ravageurs de la violence parentale, elle témoigne dans Vies privées des conséquences destructrices de cette stigmatisation des parents fautifs. C'est ajouter au malheur d'un enfant que de lui retirer symboliquement son père et sa mère en le traitant comme un orphelin. Protéger l'enfant maltraité sans disqualifier la fonction parentale dont tout être a besoin, voilà la voie difficile qu'il faudrait savoir suivre. Parce qu'une vie ne saurait être privée de ses origines, l'auteur dénonce également les conditions dans lesquelles l'accouchement sous X est pratiqué en France. --Émilio Balturi
L'enfance est de plus en plus protégée. Les multiples formes de maltraitance sont de mieux en mieux dépistées. En quelques années le mur du silence, dans les familles comme dans des institutions, s'est largement effrité. On ne pourrait que se féliciter de cette évolution des m?urs si elle n'était elle-même porteuse de nouvelles formes de violence. La victimisation des enfants s'accompagne en effet trop souvent d'une diabolisation des "mauvais parents". Dans l'opinion publique, bien sûr, mais malheureusement aussi dans les institutions d'accueil où sont placés les enfants ou encore à travers les décisions de justice. Comme on le sait depuis À corps et à cri, Caroline Eliacheff, psychanalyste et pédopsychiatre, travaille avec des nourrissons et de très jeunes enfants dans une pouponnière de l'Aide sociale à l'enfance. Confrontée quotidiennement aux effets ravageurs de la violence parentale, elle témoigne dans Vies privées des conséquences destructrices de cette stigmatisation des parents fautifs. C'est ajouter au malheur d'un enfant que de lui retirer symboliquement son père et sa mère en le traitant comme un orphelin. Protéger l'enfant maltraité sans disqualifier la fonction parentale dont tout être a besoin, voilà la voie difficile qu'il faudrait savoir suivre. Parce qu'une vie ne saurait être privée de ses origines, l'auteur dénonce également les conditions dans lesquelles l'accouchement sous X est pratiqué en France. --Émilio Balturi
Psychanalyste et pédopsychiatre, Caroline Eliacheff, dans la lignée de Françoise Dolto, pratique la psychanalyse des nourrissons. Dans À corps et à cris, elle relate des fragments de cures avec les tout-petits, au sein de sa consultation dans une pouponnière parisienne qui accueille des bébés abandonnés ou qui devront l'être pour bénéficier d'une adoption. Dans ces situations extrêmement douloureuses où les enfants n'ont pas encore accès au langage, elle présente le travail du psychanalyste comme consistant à offrir aux nourrissons les conditions indispensables à la symbolisation de leur souffrance pour qu'ils puissent s'en libérer. Parce que le thérapeute, porteur de paroles, aura considéré ces enfants comme des sujets, il pourra transformer leurs troubles corporels en expériences psychiques.Ce livre émouvant, de lecture aisée, s'adresse autant à des thérapeutes qu'à des lecteurs non initiés qui pourront découvrir à quel point les enfants ont besoin de paroles bien avant de savoir parler. --Emilio Balturi
La crèche Baby-loup, créée il y a vingt ans par Natalia Balleato, une réfugiée chilienne, à Chanteloup les Vignes (78), a été condamnée par les prudhommes pour avoir licencié une femme qui voulait travailler voilée. Elle a gagné en appel mais la cour de cassation a cassé le jugement, provoquant un tollé. Un nouveau procès en appel aura lieu le 16 octobre 2013 à Paris et le jugement sera rendu à partir du 16 novembre 2013. Expérience unique d?intégration, cette crèche met en oeuvre: L'accueil des enfants en fonction des besoins des parents, notamment de ceux qui ont des horaires décalés. La formation professionnelle de femmes qui, du fait de leur âge, de leur situation familiale et de leur faible niveau scolaire n'entrent pas dans les critères classiques de réinsertion. Mais peu à peu, le fondamentalisme est entré dans la crèche (cette histoire de voile n?en étant qu?un des aspects). Les institutions de tutelle tout comme les politiques se sont voilé la face. Quel que soit le jugement en appel, Baby-Loup va fermer car le climat d?hostilité à Chanteloup aujourd?hui (insultes, menaces, voies de fait) rend sa survie impossible. Cette fermeture qui va signer une défaite est loin d?être un détail dans l?histoire de la laïcité en France.
Djalâl-od-Din Rûmî que le monde de l'islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au XIIIe siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât: comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".
Au XVIe siècle, Miyamoto Musashi, samouraï invaincu par une vie de combats, maître ès armes et esprit de nombreux disciples, se retire dans une grotte quelques mois avant sa mort et rédige ce classique de la littérature universelle: Traité des Cinq Roues.Ce guerrier nous donne en un texte lumineux l'essence des arts martiaux et le secret d'une stratégie victorieuse qui transcende la violence et devient art de vivre et d'agir. Attitude qui explique aujourd'hui les raisons des succès japonais dans tous les domaines.Une leçon à méditer et à pratiquer: car l'esprit de l'art de l'épée peut s'appliquer à tous les gestes de la vie quotidienne.