Ariadna Efron (1912-1975), fille de la grande poétesse Marina Tsvetaeva, aura passé quinze ans de sa vie reléguée dans un univers inhumain... et elle aura réussi à y vivre libre - intérieurement s'entend. Cette "Chronique" l'y aide: en fait de chronique, une riche succession de lettres qu'elle adresse à ses proches, ignorant que l'horreur, dans le monde ordinaire qui lui est désormais interdit, a fait aussi des progrès (dès la première de ces lettres, datée d'avril 1942, on a le coeur serré:Ariadna demande des nouvelles de sa mère, l'être qui lui tient le plus à coeur... laquelle s'est suicidée l'été précédent). Emprisonnée en 1939, "libérée" en 1947 mais presque aussitôt renvoyée dans un camp du Grand Nord, la jeune femme écrit aux siens comme si sa vie dépendait de ces feuillets jetés au vent. Elle consacre aussi un texte de souvenirs à son enfance et à la figure de sa mère: un document poignant qui éclaire en particulier d'un jour neuf le destin pathétique de Marina Tsvetaeva - dont Ariadna, dans les dernières années de sa vie, rassemblera patiemment l'oeuvre dispersée. Au total, ce livre intime et fervent nous laisse une impression étrange celle d'avoir connu comme une amie, comme une soeur, cette jeune fille puis cette femme à qui toute liberté pendant quinze ans aura été refusée, et qui malgré cela va droitement son chemin... et trouve encore le moyen de nous aider, par-delà la distance et les années, à conduire le nôtre.
Ulysse", c'est le surnom donné par l'autorité militaire israélienne à ce drôle de prisonnier, attrapé en pleine mer sur un radeau fait de bouteilles en plastique. Cet Israélien a tenté de forcer le blocus infligé à la bande de Gaza. Professeur, il partait (dit-il) pour enseigner la littérature russe. Parce qu'un million et demi de personnes enfermées sur cette bande de terre si étroite ont besoin d'espace, d'étendues infinies, que seule la littérature russe peut leur offrir : "C'est un vent qui s'élève plus haut que leurs cerfs-volants sur la plage..." Ulysse à Gaza se déroule de nos jours en Israël et interroge la responsabilité collective dans l'enfermement des Gazaouis. A travers le personnage d'Isakov, l'avocat d'Ulysse, acculé dans sa vie professionnelle et personnelle par un procureur cynique, un associé douteux et une femme volage, Gilad Evron livre le paradoxe de l'Israélien et montre l'universalité de cette question. Utopique et politique, cette pièce révèle la clairvoyance de l'auteur sur la complexité de la société dans laquelle il vit, portant un regard aguerri sur le conflit du Proche-Orient.
Terriblement humain met en scène deux couples de voisins et un médecin confrontés au problème des migrants. Si le premier couple appartient à la bourgeoisie aisée, ouverte sur le monde et a priori éclairée, le second est issu d'un milieu rural, populaire et pratiquant. Le migrant est incarné par un homme noir venu à pied de la Corne de l'Afrique pour témoigner de l'injustice qui lui a été faite et mourir. Quant au médecin, ancien bénévole dans une ONG en Afrique, il ne peut que constater, une fois de plus, son impuissance.
Un ouvrage indispensable pour répondre aux questions croissantes des enseignants sur les unités d'enseignement, pour lesquelles la formation est souvent insuffisante. Depuis une quinzaine d'années, la France rattrape son retard dans la scolarisation des enfants en situation de handicap. Plus de 100 000 élèves sont désormais scolarisés dans les unités d'enseignement au sein d'établissements médicosociaux et de santé. Si enseigner dans ces classes se révèle être souvent une belle aventure humaine et professionnelle , la mise en oeuvre nécessite de bien connaitre le public des enfants qui y est accueilli , les spécificités de chaque établissement et le r ôle des différents partenaires . L'auteur s'adresse à tous les enseignants , spécialisés ou non, avec une intention particulière pour celles et ceux qui débutent en unités d'enseignement. Il explique ce qu'implique concrètement d'enseigner en UE car le travail y est complexe et varié . Cet ouvrage en aborde toutes les particularités. Après avoir explicité la notion de handicap et rappelé l'organisation de la scolarisation pour les enfants handicapés, l'auteur décrit en détail qui sont ces élèves si particuliers dans leurs fonctionnements, comment identifier leurs besoins et comprendre leurs troubles (avec un focus sur les pistes pédagogiques les plus appropriées à chaque type de trouble). Il donne des exemples pratiques d'adaptations pédagogiques à mettre en place, et explicite comment travailler en partenariat pour promouvoir l'inclusion scolaire, accompagner la formation professionnelle et favoriser l'insertion sociale .
Résumé : Fils de la poétesse Marina Tsvetaeva, Gueorgui Efron, que l'on appelait Murr, est né en Tchécoslovaquie, le 1er février 1925 et a grandi en France jusqu'à l'âge de quatorze ans. En 1937, son père et sa soeur retournent en URSS, suivis en 1939, par Marina et Murr. Après l'arrestation d'Ariadna et de Sergueï Efron, Gueorgui et sa mère restent seuls, contraints de déménager et de vivre des maigres revenus de Tsvetaeva. Au début de la guerre, Marina Tsvetaeva et son fils sont évacués à Elabouga. Submergée par la misère, la solitude et l'incompréhension, elle se suicide le 31 août 1941. Envoyé au front, son fils fut tué au combat le 7 juillet 1944. Murr commence à tenir son Journal dès son arrivée en URSS. Les dernières notes datent d'août 1943, quelques mois avant sa mort. La première partie de ce document plonge dans la réalité soviétique la plus ordinaire et la plus brutale qui soit. Sa force vient de la disproportion entre sa banalité et les grands bouleversements dont il se fait l'écho. Gueorgui Efron ouvre une Fenêtre sur le monde pour se livrer à une observation continue de l'ordinaire soviétique. Il note une foule de pensées et d'émotions, de faits et de détails quotidiens qui évoquent l'atmosphère de Moscou sous la Terreur, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. La seconde partie s'ouvre sur la terrible année 1941. C'est l'invasion de l'URSS par l'Allemagne, l'évacuation précipitée en Tatarie, puis le suicide de Tsvetaeva. Murr, devenu orphelin, désormais livré à lui-même, commence une vie errante et incertaine. Le Journal prend alors une autre dimension et devient un témoignage sur la survie. L'obsession de la faim devient le leitmotiv des années 1942-1943, elle ne le quitte jamais. Quelque chose se brise dans la personnalité du jeune homme. Mais le Journal continue de s'écrire. La vie devient plus oppressante, et se trouve suspendue aux ordres arbitraires. La descente aux enfers se fait en temps réel ; le document est saisissant, non par la puissance de l'émotion, mais par l'adhérence matérielle à la situation, face aux horreurs impassibles du quotidien. L'écriture devient un état second. Le cahier s'arrête lorsque son auteur est happé par la guerre, lorsqu'il n'y a plus de papier ni de crayon.
Son père est une ombre solitaire. sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit clans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil? Elle aimerait poser des questions. ruais on est taiseux dans le Finistère. Livrée à ses doutes et à ses intuitions., elle écoute les murmures, rassemble les bribes. Tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance. mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité. D'une plume à la fois vibrante et pudique. Marie Le Gall décrypte l'échec d'une relation père-fille et touche au coeur.
Présentation de l'éditeur L'histoire est celle d'une violente rencontre entre deux êtres. Celle d'une agression commise par Mino Torrès sur la personne d'Ariane un soir de novembre alors qu'elle rentrait chez elle. Sa vie bascule. Quelques mois plus tard, c'est depuis le fond de sa cellule que Mino Torrès décharge son fiel, contre la vie, les femmes et ses victimes. Quant à Ariane, c'est entre Munich et Berlin qu'elle renoue avec ses sens, avec le corps des autres et avec le sien. Deux versions complémentaires racontées l'une après l'autre, d'un même évènement, vues avec brio et pertinence par Marie Hélène Poitras qui a su parfaitement et sans faux-semblants se glisser aussi bien dans la peau de l'agresseur que dans celle de sa victime
Résumé : Nous sommes en 2003. Lily est taxi. Elle accompagne un couple de vieux agriculteurs sur la route de Cannes, en pleine fournaise. Et si la canicule se prolongeait indéfiniment ? Sur l'autoroute, les bolides klaxonnent de loin, fusillent le rétroviseur d'appels de phare et passent en trombe. A mesure que la température monte, les personnages se dévoilent, entre amour et violence. Lily songe à sa plus grande fille, Jessica, que l'adolescence expose aux premières déconvenues sentimentales. A son ex-mari, qui l'a quittée pour une femme plus jeune. A leurs anciens jeux érotiques... Il y a quelque chose de pourri dans l'atmosphère. La vie semble se résumer à une peur de souffrir. Et le lecteur est loin d'imaginer ce qui l'attend?