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L'IRONIE PROUSTIENNE. LA VISION STEREOSCOPIQUE.
DUVAL SOPHIE
CHAMPION
99,00 €
Épuisé
EAN :9782745309631
Paradoxalement, Proust réprouve et ridiculise l'ironie quand elle est pratiquée par ses personnages alors qu'il la fait fructifier dans son écriture. Cette contradiction se dénoue si l'on distingue dans la Recherche plusieurs types d'ironie, dont on peut analyser l'agencement grâce au modèle du trope ironique : de même que le signe ironique se structure sur au moins deux degrés, le second dominant le premier, les diverses ironies du roman se greffent les unes sur les autres, chacune critiquant la précédente et fournissant une cible à la suivante. Selon ce dynamisme propre à la régressivité ironique, la Recherche s'organise sur quatre niveaux. Au premier, celui de l'histoire, se situe l'ironie des personnages - notamment le bel esprit -, qui est ridiculisée par l'ironie de deuxième niveau, la satire, maniée par la persona satirique du narrateur. Celle-ci est elle-même prise pour objet par l'ironie romanesque, qui occupe le troisième niveau : exercée par un narrateur pédagogue et chargée de dégager lois et vérités des travers satirisés, elle permet au héros de mener à bien sa quête romanesque. L'ironie du démiurge domine le tout sur le quatrième niveau, où elle reflète le fonctionnement et la fictionnalité du roman en prenant pour cible l'illusion référentielle. La structure polyphonique et échelonnée de la Recherche est construite au moyen de la mention d'une ironie par une autre. La vision stéréoscopique de l'ironie consiste alors à déployer les différents niveaux : tout degré supérieur réfute sans l'annuler le degré inférieur, ce qui produit des effets de rémanence, et appelle un degré supplémentaire, ce qui suscite un recul perpétuel du sens. La conception de l'ironie comme représentation critique d'une représentation première permet ainsi d'appréhender la complexité voire l'ambiguïté de l'oeuvre, ses rapports avec le roman traditionnel, sa nature d'autofiction et l'évolution du système esthétique de Proust qui aboutit à ce roman de fuite qu'est la Recherche.
Résumé : En raison de sa visée morale et militante, la satire n'est guère considérée comme une catégorie esthétique : on y voit surtout une critique moqueuse, voire féroce, dirigée contre des personnes réelles ou contre des cibles stéréotypées. Or, dès les années cinquante, des théoriciens anglo-saxons ont contesté cette perspective naïve et simplificatrice pour s'intéresser à l'aspect littéraire de la satire. Selon eux, la causticité du satiriste résulte d'une stratégie rhétorique et la représentation du monde satirique relève d'une esthétique de la déformation et de la dégradation. Dans la vision satirique, toutes les hiérarchies se brouillent, s'inversent, se nivellent. La satire se complaît dans le bas corporel, affectionne le monstrueux, lève tous les tabous. C'est pourquoi l'imaginaire lui a donné comme emblème le satyre lubrique à la parole acerbe. Cette créature capricieuse illustre aussi l'instabilité propre à l'écriture satirique, qui, contrairement aux idées reçues, subvertit les catégories logiques, idéologiques et littéraires. Cet ouvrage porte sur deux domaines, français et anglais, pour appliquer les théories anglo-saxonnes à la littérature qui les a fait naître ainsi qu'aux textes français. Il étudie l'esthétique satirique dans des ?uvres qui ne sont pas toujours considérées comme des satires, puisque la satire, de nature protéiforme et parasitaire, se loge dans tous les cadres et dans tous les genres. La première partie examine les origines rituelles et magiques de l'esprit satirique et leurs survivances littéraires ; la deuxième retrace l'histoire du genre versifié en France et en Angleterre ; la troisième explore le mode de représentation satirique dans les littératures des deux pays.
Résumé : Mauvais genre que celui de la satire, qui se complaît à dégrader les valeurs, à outrepasser les tabous, à recourir aux coups les plus bas et à se rire du bon goût pour ridiculiser ses cibles. Mais genre douteux, la satire l'est aussi sur le plan de la théorie littéraire, depuis que la forme générique en vers a périclité au XVIIe siècle, laissant le champ libre à des formes mal définies, parasitaires et inventives, aptes à investir - et à subvertir - les genres canoniques : échappant à toute codification, entité fuyante, frondeuse, transgénérique et métamorphique, la satire moderne semble défier les tentatives de conceptualisation critique. Telle est la double raison pour laquelle la satire n'est guère comprise comme une catégorie esthétique. Cet ouvrage collectif vise donc à explorer la satire en tant que mode de représentation littéraire propre, dans un champ allant du déclin du genre jusqu'à l'époque contemporaine. Entre un prologue métacritique et un épilogue réflexif sur la satire de l'Université française, il confronte, à travers des ?uvres majeures et mineures, le mode satirique à la poésie, au roman et au théâtre, et il examine des points particuliers à la poétique satirique: les rapports qui lient le satiriste à ses cibles et à ses valeurs, la stabilité et la déstabilisation axiologiques et sémantiques, les perspectives éthiques, la tendance à la réflexivité, le polymorphisme et l'hybridation générique, les rôles de l'ironie et de la parodie marquent les étapes d'une réflexion qui mène à interroger les capacités de mutation du mode au XXe siècle. En proposant un tel parcours, cet ouvrage voudrait contribuer à sensibiliser à la complexité des réalisations et des problématiques de l'art satirique, à diffuser la réflexion qu'il appelle et stimule et ainsi à réhabiliter ce mauvais genre qu'est la satire littéraire moderne.
C'est toi le héros ! Aujourd'hui, on est samedi. Et le samedi, c'est poney-club ! Mais alors que tu te balades tranquillement en forêt sur le dos d'Altesse, ta fidèle jument, tu aperçois une magnifique licorne au loin... Oui, une licorne ! Emportée comme par magie dans un monde enchanté, tu vas devoir choisir les bons chemins et faire confiance aux bonnes personnes pour trouver la licorne de tes rêves... Tu es prête ? A toi de jouer !
Darwin Charles ; Tort Patrick ; Bernard Christiane
Patrick Tortavec la collaboration deClaude RouquetteUN VOILIER NOMMÉ DÉSIRUn coeur à marée hauteAu cours de la première quinzaine du mois d'août 1831, tandis que le jeune Charles Darwin, âgé d'un peu plus de 22 ans, fraîchement diplômé de Cambridge et converti à la géologie par son cher et respecté maître et ami John Stevens Henslow (1796-1861), se livrait à des études de terrain dans le nord du pays de Galles en compagnie d'un autre professeur de la même université, Adam Sedgwick (1785-1873) - ou bien l'avait déjà quitté pour rejoindre des camarades à Barmouth -, une lettre, écrite par un certain George Peacock (1791-1858), proche de ce dernier et mathématicien influent, parvint à Henslow. L'offre qu'elle contenait devait jouer dans la vie et la carrière de Darwin un rôle absolument décisif:George Peacock à J.S. Henslow [samedi 6 ou samedi 13 août 1831]Mon cher HenslowLe Capitaine Fitz Roy est sur le point de partir pour effectuer les relevés de la côte méridionale de la Terre de Feu, visiter ensuite de nombreuses îles de la Mer du Sud & revenir par l'Archipel indien: le vaisseau est équipé expressément à des fins scientifiques, combinées avec le relevé [,]: il fournira donc une occasion rare pour un naturaliste et ce serait un grand malheur si elle devait être perdue:On m'a proposé de recommander une personne appropriée pour partir à titre de naturaliste avec cette expédition; elle sera traitée avec tous les égards; le Capitaine est un jeune homme aux manières très avenantes (un neveu du duc de Grafton), d'un grand zèle dans sa profession et dont on parle avec une très haute estime; si Léonard Jenyns pouvait partir, quels trésors il pourrait rapporter avec lui à son retour, étant donné que le navire serait mis à sa disposition chaque fois que ses recherches le rendrait nécessaire ou souhaitable; faute d'un naturaliste aussi accompli, est-il une personne que vous pourriez recommander fortement: une personne d'une qualité telle qu'elle ferait honneur à notre recommandationRéfléchissez-y: ce serait une perte grave pour la cause de la science naturelle si cette belle occasion était perdue Le navire appareille vers la fin de septembre].Pauvre Ramsay! Quelle perte pour nous tous et particulièrement pour vousÉcrivez-moi immédiatement et dites-moi ce que l'on peut faire Croyez-moi | Mon cher Henslow | Très sincèrement vôtre | George Peacock.7, Suffolk Street | Pall Mall East[P.S.]Mon cher HenslowJ'ai écrit cette lettre samedi, mais c'était trop tard pour la Poste: Quelle magnifique occasion ce serait de former des collections pour nos musées: écrivez-moi immédiatement et veillez à ce que cette occasion ne soit pas perdueCroyez-moi | Mon cher Henslow | Très sincèrement vôtre |Geo Peacock 7, Suffolk St. |Lundi