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Mauvais genre : la satire littéraire moderne
Duval Sophie ; Saïdah Jean-Pierre ; Bogel Fredric
PU BORDEAUX
26,00 €
Épuisé
EAN :9782867814884
Mauvais genre que celui de la satire, qui se complaît à dégrader les valeurs, à outrepasser les tabous, à recourir aux coups les plus bas et à se rire du bon goût pour ridiculiser ses cibles. Mais genre douteux, la satire l'est aussi sur le plan de la théorie littéraire, depuis que la forme générique en vers a périclité au XVIIe siècle, laissant le champ libre à des formes mal définies, parasitaires et inventives, aptes à investir - et à subvertir - les genres canoniques : échappant à toute codification, entité fuyante, frondeuse, transgénérique et métamorphique, la satire moderne semble défier les tentatives de conceptualisation critique. Telle est la double raison pour laquelle la satire n'est guère comprise comme une catégorie esthétique. Cet ouvrage collectif vise donc à explorer la satire en tant que mode de représentation littéraire propre, dans un champ allant du déclin du genre jusqu'à l'époque contemporaine. Entre un prologue métacritique et un épilogue réflexif sur la satire de l'Université française, il confronte, à travers des ?uvres majeures et mineures, le mode satirique à la poésie, au roman et au théâtre, et il examine des points particuliers à la poétique satirique: les rapports qui lient le satiriste à ses cibles et à ses valeurs, la stabilité et la déstabilisation axiologiques et sémantiques, les perspectives éthiques, la tendance à la réflexivité, le polymorphisme et l'hybridation générique, les rôles de l'ironie et de la parodie marquent les étapes d'une réflexion qui mène à interroger les capacités de mutation du mode au XXe siècle. En proposant un tel parcours, cet ouvrage voudrait contribuer à sensibiliser à la complexité des réalisations et des problématiques de l'art satirique, à diffuser la réflexion qu'il appelle et stimule et ainsi à réhabiliter ce mauvais genre qu'est la satire littéraire moderne.
Duval Sophie ; Jeandillou Jean-François ; Mühletha
Résumé : Les essais réunis dans ce volume interrogent aussi bien le temps des ?uvres que le temps à l'?uvre, c'est-à-dire sa formulation narrative mais également son pouvoir d'érosion et de genèse qui affecte les hommes, auteurs et lecteurs, les livres qu'ils écrivent ou qu'ils lisent et les genres littéraires qu'ils pratiquent. Si l'on veut explorer l'?uvre du temps, on ne peut s'en tenir à l'hypothèse que les intrigues se contentent de mettre en ordre l'histoire et de la doter d'un sens, il nous faut à l'inverse définir les fondements d'une poétique de la discordance narrative qui permette de suivre le glissement du sens dans le temps. Cette réflexion sur le temps soulève une question subsidiaire mais non moins essentielle : " D'où vient le récit et où va-t-il ? " Tenter de répondre à cette question exige de sortir de l'emprisonnement textualiste pour (re)penser la manière dont la narration émerge de la vie et retourne à elle. Il s'agit aussi de marquer la différence qui existe entre les récits qui visent à clarifier le passé, ceux qui veulent en témoigner fidèlement, et ceux enfin qui tentent de mettre en scène le caractère tâtonnant et ouvert des histoires inachevées, tournées vers un avenir à vivre, à écrire ou à lire. Face à la crise que connaissent aujourd'hui les études littéraires et à l'inquiétude que génèrent les usages médiatiques, politiques ou économiques du storytelling, il s'agit de rappeler que la théorie narrative permet de reconnaître dans la littérature le plus fascinant des laboratoires du récit. Si l'homme n'est pas autre chose qu'un faisceau d'histoires, alors 'analyse narratologique des ?uvres littéraires demeure la voie royale pour accéder à son humanité.
Paradoxalement, Proust réprouve et ridiculise l'ironie quand elle est pratiquée par ses personnages alors qu'il la fait fructifier dans son écriture. Cette contradiction se dénoue si l'on distingue dans la Recherche plusieurs types d'ironie, dont on peut analyser l'agencement grâce au modèle du trope ironique : de même que le signe ironique se structure sur au moins deux degrés, le second dominant le premier, les diverses ironies du roman se greffent les unes sur les autres, chacune critiquant la précédente et fournissant une cible à la suivante. Selon ce dynamisme propre à la régressivité ironique, la Recherche s'organise sur quatre niveaux. Au premier, celui de l'histoire, se situe l'ironie des personnages - notamment le bel esprit -, qui est ridiculisée par l'ironie de deuxième niveau, la satire, maniée par la persona satirique du narrateur. Celle-ci est elle-même prise pour objet par l'ironie romanesque, qui occupe le troisième niveau : exercée par un narrateur pédagogue et chargée de dégager lois et vérités des travers satirisés, elle permet au héros de mener à bien sa quête romanesque. L'ironie du démiurge domine le tout sur le quatrième niveau, où elle reflète le fonctionnement et la fictionnalité du roman en prenant pour cible l'illusion référentielle. La structure polyphonique et échelonnée de la Recherche est construite au moyen de la mention d'une ironie par une autre. La vision stéréoscopique de l'ironie consiste alors à déployer les différents niveaux : tout degré supérieur réfute sans l'annuler le degré inférieur, ce qui produit des effets de rémanence, et appelle un degré supplémentaire, ce qui suscite un recul perpétuel du sens. La conception de l'ironie comme représentation critique d'une représentation première permet ainsi d'appréhender la complexité voire l'ambiguïté de l'oeuvre, ses rapports avec le roman traditionnel, sa nature d'autofiction et l'évolution du système esthétique de Proust qui aboutit à ce roman de fuite qu'est la Recherche.
Le BIP propose en 2023, comme à l'accoutumée, un substantiel dossier d'inédits : plusieurs lettres à divers correspondants ; des fragments narratifs des Plaisirs et les Jours, de Jean Santeuil et de la Recherche, conservés à l'université de l'Illinois ; et les brouillons de l'article décisif du Figaro, "Sentiments filiaux d'un parricide" . Le dossier thématique réuni par P. Moret-Jankus est consacré cette année à la question d'un Proust "interdit" , de l'autocensure à la censure sociale. On trouvera également, du côté de la genèse, les analyses des éditeurs du Cahier 7 et une étude des dissertations de Proust comme laboratoire de son projet littéraire, cependant que J. -Y. Tadié s'intéressera à la phrase courte. Comme toujours, le numéro contiendra les "Notes de lecture" rendant compte de l'actualité des parutions, ainsi que les rubriques des "Ventes" , "Manifestations" et "Publications" pour une année 2022 qui fut particulièrement riche, en raison des commémorations du centenaire.
Lehn Jean-Marie ; Parisot Jean-Paul ; Reisse Jacqu
L'exobiologie a pour objet l'étude des origines de la vie, de son évolution et de sa distribution sur Terre et dans l'Univers. Cette nouvelle discipline s'intéresse aux conditions et aux processus qui ont permis l'émergence du vivant sur notre planète et ont pu ou pourraient le permettre ailleurs. Ce vaste domaine thématique touche à la fois l'astronomie, la géologie, la chimie, la biochimie et la biologie. Le présent ouvrage constitue le second livre d'une collection initiée en 2001 avec la parution de L'environnement de la Terre primitive. Le premier livre a été très favorablement accueilli tant par les scientifiques actifs dans le domaine que par un public moins averti, intéressé par une discipline qui tente d'apporter des réponses à des questions d'importance majeure et que l'homme se pose probablement depuis qu'il est Homo Sapiens. Les traces du vivant est construit sur le même canevas que le livre précédent : un ensemble de chapitres écrits par des spécialistes, mais rédigés de manière telle qu'ils soient compréhensibles par des non-spécialistes du domaine concerné. L'exobiologie est par essence interdisciplinaire et c'est du dialogue entre praticiens de diverses disciplines que sont nés les idées originales, les scénarios plausibles, les hypothèses à tester. Pour que ce dialogue soit fructueux, il faut que le biologiste puisse interagir avec l'astronome, que le chimiste puisse interagir avec le paléo-climatologue... Il est donc impératif pour l'exobiologie elle-même, que les praticiens de cette discipline s'expriment en faisant usage d'un langage qui réduit au maximum le caractère parfois ésotérique des modes d'expression des spécialistes. Le volumineux glossaire en fin d'ouvrage est là aussi pour que le lecteur puisse trouver aisément les définitions de termes et de concepts qui lui sont moins familiers.
Cet ouvrage décrit et analyse les différents emplois de nom mono (chose, objet) en japonais contemporain. Comme le mot français chose, ce terme d'usage très courant a la particularité de ne pas avoir de signifié en propre mais de pouvoir tout aussi bien désigner un objet concret qu'un concept abstrait ou encore une classe d'individus partageant les mêmes traits. Il est aussi fréquemment employé à des fins fonctionnelles, voire purement énonciatives. A travers des observations en discours, cet ouvrage précise les contours de ces deux emplois référentiel et fonctionnel et explore la contribution sémantique de mono à la réalisation de tournures expressives plus ou moins figées.
La nouvelle collection «E18», dédiée aux études sur le 18e siècle et aux écrits produits en ce même siècle, s'ouvre par la publication de quatre textes contemporains (fin des années 1990), inédits en français en totalité ou en partie, de l'historien américain, spécialiste des Lumières françaises. Synthèse du travail et de la pensée de l'historien, elle illustre de manière exemplaire la spécificité de la recherche dix-huitiémiste, époque matricielle d'où sort la modernité. En cela la confrontation avec notre temps est inévitable car comme le dit Darnton "Quiconque a un compte à régler ou une cause à défendre en revient aux Lumières". Deux rubriques regroupent les analyses ; celle de la polémique qui comprend un plaidoyer en faveur des Lumières suivi d'un texte remettant en question les options méthodologiques adoptées par l'historien et favorisant la discussion scientifique ; enfin la rubrique illustrant les méthodes de l'historien dix-huitiémiste (méthodes, outils conceptuels, domaines privilégiés d'études ...).
Pour le notaire, la déontologie fonde aussi sûrement sa fonction que les dispositions juridiques qui la décrivent. Elle en est la justification comme la conséquence. Son respect, également partagé, est le ciment de la confraternité et par là même de l'union de la profession. Sa promotion assure au citoyen la solidité comme l'équilibre du contrat établi ou du conseil prodigué par l'étude. Sa description permet à chaque notaire ou à celui qui aspire à le devenir, de confronter à tout instant son action aux principes qui doivent la guider. C'est assez dire l'importance de l'ouvrage de référence de notre confrère Gilles Rouzet, enseignant à la Faculté de droit de Bordeaux, qui en propose aujourd'hui une nouvelle édition aux étudiants comme à tous les notaires. Le lecteur ne pourra qu'être sensible à l'exceptionnelle qualité du travail accompli, et la profession toute entière y puisera un puissant motif de confiance. (Hubert Gence, Président honoraire du Conseil supérieur du notariat.)