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Alternatives Sud Volume 16-2009/3 : La Bolivie d'Evo. Démocratique, indianiste et socialiste ? Point
DUTERME, BERNAR
SYLLEPSE
13,18 €
Épuisé
EAN :9782849502426
Habituellement épinglé comme l'un des pays les plus pauvres de l'hémisphère occidental en dépit de ses importantes richesses naturelles. la Bolivie affiche aujourd'hui l'image d'un Etat engagé dans une dynamique historique de refondation de ses structures économiques. sociales et institutionnelles. Priorités du gouvernement d'Evo Morales: la récupération de la souveraineté nationale. la redistribution sociale des revenus. la reconnaissance de la diversité culturelle et la revalorisation de la démocratie. Elu président de la Bolivie à la majorité absolue en 2005. plébiscité par 67% de ses concitoyens lors du référendum révocatoire d'août 2008 et peut-être en route pour un deuxième mandat de chef d'Etat. l'ancien militant syndicaliste cocalero, l'indigène aymara Morales incarne d'abord l'aboutissement politique d'un long processus d'organisation populaire généré dans la contestation sociale des années néolibérales. Il révèle aussi toute la fragilité. la difficulté et les aléas d'une entreprise ambitieuse de décolonisation des institutions et des pratiques. Trop conciliant ou pragmatique pour les uns. centralisateur ou inefficace pour d'autres. son nationalisme de gauche. son idéal socialiste aux accents indianistes effraie avant tout l'élite blanche des riches régions orientales de la Bolivie. ainsi qu'une certaine communauté internationale. Renégociation des contrats avec les multinationales d'exploitation des hydrocarbures. refonte complète de la Constitution nationale. nouvelles répartitions agraires... la liste des acquis s'allonge. Mais un projet aussi " populaire " peut-il s'inscrire dans la durée ?
La Chine a repris pied en Afrique. Bousculant l'agenda du développement et redéfinissant les équilibres géostratégiques. elle s'impose comme l'un des principaux partenaires commerciaux. fournisseurs d'aide et investisseurs du continent. Menace ou opportunité, cette présence croissante et multiforme suscite la polémique. La Chine sape-t-elle les efforts de la "communauté internationale" en faveur de la "bonne gouvernante", des "droits de l'homme" et de la "démocratie"? N'oeuvre-t-elle pas, derrière un discours de solidarité Sud-Sud. à la seule poursuite de ses intérêts: accaparement des ressources. conquête de nouveaux marchés. élargissement de ses appuis diplomatiques? La Chine ne reproduit-elle pas en Afrique les formes de dépendance et de division internationale du travail héritées de la période coloniale? A l'inverse, n'offre-t-elle pas plutôt une alternative salutaire au modèle de développement occidental et à la "tyrannie de la dette et des conditionnalités", après trois décennies d'ajustements structurels désastreux sur le plan économique et social? Quels sont les véritables enjeux et les implications de l'engagement chinois en Afrique? Au-delà de la diabolisation a priori ou de l'acceptation béate, quel est le regard porté par les premiers concernés. sur la nature de ce nouveau rapprochement sino-africain. sur ses effets et sur les défis qu'il pose aux populations locales?
L'économie sociale et solidaire serait-elle la solution à la crise financière mondiale ? Constitue-t-elle, dans les pays du Sud, la clé de transition de l'économie informelle vers le travail décent, comme l'affirme un texte récent des Nations unies ? En tout cas, depuis 2008, du fait principalement de sa résilience aux chocs économiques, elle jouit d'un regain d'intérêt et a gagné du terrain dans les esprits comme dans les stratégies institutionnelles. Espace hétérogène, l'économie sociale et solidaire regroupe un large éventail d'entités - associations, mutuelles, coopératives, entreprises sociales, fondations... -, de secteurs et d'activités, et développe une pensée théorique non univoque, qui emprunte un vocabulaire différent selon les contextes - économie "sociale", "populaire", etc. Plutôt qu'un manque de cohérence, cette multiplicité traduit un positionnement, dont les contours et ressorts participent de sa définition, en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Tiraillée, d'une part, entre des injonctions et ambitions contradictoires ou complémentaires - créer des emplois, inventer un "capitalisme à visage humain" ou construire une véritable alternative -, d'autre part, entre ses prétentions globales et ses pratiques locales plus prosaïques, l'économie sociale et solidaire n'a pas de frontière naturelle ou étanche avec l'économie informelle et l'entreprise capitaliste. Dans quelle mesure, sur quelles bases et à quelles conditions se distingue-t-elle d'une simple moralisation de l'économie pour opérer comme un véritable levier de changement social ?
Éditorial de François PoletExpansion des agrocarburants au Sud: dynamique et impactsLes cultures pour agrocarburants gagnent du terrain dans la majorité des pays du Sud. Dominées par des plantations industrielles, elles génèrent d'importants impacts problématiques: concentration des terres, destruction des écosystèmes, fragilisation de la sécurité alimentaire. Les systèmes de certification volontaire visant à faire émerger un agrocarburant industriel «durable» aident surtout à «verdir» l'image du secteur.À la croisée d'enjeux énergétiques, environnementaux, agricoles et commerciaux majeurs, les agrocarburants suscitent de vifs débats depuis plusieurs années. Leurs détracteurs ont gagné de l'audience depuis la crise alimentaire de 2007 et la mise en cause des cultures énergétiques dans l'explosion du prix des denrées alimentaires. La chute des prix mi-2008 n'a pourtant pas réduit la pression sur les avocats des cultures énergétiques, car deux nouvelles accusations émergent depuis peu, étayées par un nombre croissant d'études et de rapports. La prise en compte du «changement d'affectation des sols» causé directement ou indirectement par les agrocarburants remettrait en question leur bilan carbone positif, principal «argument de vente» auprès du grand public. Et la quête de surfaces agricoles qu'ils occasionnent serait une des causes majeures de l'inquiétant phénomène d'«accaparement des terres» dans les pays du Sud. Malgré l'intensité de la controverse, la Commission européenne et les États du Nord comme du Sud gardent le cap et relativisent les impacts... ou misent sur l'application de critères de durabilité pour faire émerger des filières «propres».Cette livraison d'Alternatives Sud revient plus spécifiquement sur la dynamique de l'expansion des agrocarburants dans les pays du Sud et les impacts variés qu'elle génère. Quels sont les principaux moteurs de la «fièvre des agrocarburants» au Sud et quels sont les discours de légitimation avancés pour convaincre les opinions publiques locales du bien-fondé de l'affectation de terres à des cultures énergétiques? Quels sont ensuite les impacts concrets pour les populations, en particulier pour les groupes les plus pauvres? Sont-ils en mesure de bénéficier d'un secteur largement dominé par les monocultures industrielles ou sont-ils condamnés à n'en connaître que les inconvénients, sous la forme d'une fragilisation de la sécurité alimentaire et de leurs droits d'accès aux ressources naturelles? Cette expansion est-elle par ailleurs compatible avec la préservation des écosystèmes sensibles? Au-delà, les effets sociaux et environnementaux «en cascade» de l'expansion des agrocarburants sont-ils maîtrisables par les instruments - critères de durabilité et systèmes de certification - avancés par les acteurs de la filière et les pouvoirs publics?(...)
Un productivisme frénétique conduit à des pratiques dommageables pour des milliards de personnes dans les pays du Sud, mais également et de plus en plus, dans les pays industrialisés. Sans que les paysans en aient fait la demande et sans qu'ils aient été consultés, un modèle leur a été imposé. Septembre 2011, l'Agence des Etats-Unis pour le développement international annonce avoir conclu un accord avec la multinationale Monsanto et le ministère de l'agriculture du Népal visant à introduire un maïs hybride auprès de 20 000 paysans. "Très vite, écrit le magazine Le Point, les protestations ont fusé. [...]. Outre l'enjeu des stratégies agricoles, c'est le nom même de Monsanto qui fait frémir les contestataires. "Cette firme a une histoire controversée, dénonce l'activiste Sabin Ninglekhu. Et quand Monsanto s'implante dans un pays, elle finit souvent par tester ou par vendre des OGM. Chez notre voisin, l'Inde, les baisses de rendement de son coton transgénique BT ont poussé des paysans au suicide. Nous ne voulons pas de Monsanto."" Architectes et principales bénéficiaires de la libéralisation des échanges agricoles, les firmes de l'agrobusiness, ne cessent de renforcer leur emprise sur le système agroalimentaire mondial. Fortes de leur poids économique et de leur influence politique, favorisées par une batterie de normes internationales taillées sur mesure, les firmes de l'agrobusiness poursuivent leurs stratégies de concentration à l'échelle de la planète, prélevant une part grandissante de valeur ajoutée tout au long des chaînes productives. Dopées par la hausse des prix agricoles et le boom des agrocarburants, elles gagnent du terrain au Sud, via l'acquisition de grandes superficies fertiles ou la prise de contrôle des opérateurs locaux. Et y imposent "leur" modèle de développement : productiviste, tourné vers l'exportation, socialement excluant et écologiquement destructeur. L'adhésion des gouvernements et des organismes internationaux au discours des grandes firmes sur la "pénurie alimentaire globale qui vient" n'en finit pas d'étonner. Parées de vertus prométhéennes que leur conféreraient leurs avances technologiques, seules ces firmes seraient capables de dynamiser des secteurs agricoles traditionnels "improductifs", en vue de nourrir le monde. Les mouvements paysans dénoncent cette imposture qui occulte les causes structurelles de la faim. Au nom de la souveraineté alimentaire et de la diversité agricole, ils s'opposent à un modèle qui signe la fin des agricultures paysannes et la marginalisation des millions qui en vivent.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux Etats-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une "arythmie" , c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une "arythmie" systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.