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Métaphysique de l'altérité. Levinas et la libération latino-américaine
Dussel Enrique
HERMANN
35,15 €
Épuisé
EAN :9791037031853
Comment l'Amérique latine et les autres pays du Sud peuvent-ils s'affranchir de la situation de dépendance économique, politique et culturelle dans laquelle ils restent plongés ? Au fil d'une relecture incessante de l'éthique d'Emmanuel Levinas depuis 1970, le philosophe argentino-mexicain Enrique Dussel a soutenu que cette libération devait prendre pour point de départ notre responsabilité pour les Autres, maintenus dans l'extériorité du système social et que cette dépendance opprime. "Métaphysique de l'altérité" contre "ontologie de la totalité" , la Philosophie de la libération propose une traduction politique des grandes catégories de la pensée levinassienne. Nourrie par la tradition occidentale (la phénoménologie, Marx, Nietzsche et l'Ecole de Francfort), la pensée juive et la théorie latino-américaine de son temps, cette éthique critique se veut à la fois méthode philosophique et philosophie engagée. Jamais traduits en français, les textes réunis dans ce recueil présentent une des lectures les plus anciennes et les plus originales de Levinas. Grâce à des documents inédits, elle expose aussi l'écho que cette réception latino-américaine eut dans l'oeuvre levinassienne. Ils en montrent enfin toute la fécondité pour penser les questions contemporaines de la crise écologique, du dialogue interculturel et de la solidarité envers les victimes de violence et d'exclusion.
Dans cet ouvrage enfin traduit en français, Enrique Dussel expose la philosophie de la libération qui le rendit célèbre et fit de lui l'un des fondateurs des études décoloniales. Le livre s'ouvre sur une histoire géopolitique de la philosophie retraçant la genèse et justifiant la nécessité d'une métaphysique ancrée dans la périphérie latino-américaine. Nourrie de phénoménologie, de marxisme et de théories latino-américaines, la pensée critique d'Enrique Dussel vise ? à nous libérer des aliénations que produisent inévitablement les systèmes de domination. La métaphysique de la libération partira de la parole des Autres, des exclus, des dominés, pour mettre en question l'impérialisme, le machisme, l'eurocentrisme et les fondamentalismes. Ces luttes devront même mettre les productions économiques, culturelles et technologiques au service des victimes de la domination et d'une écologie décoloniale. ? Philosophie de la libération" indique ce chemin et promet rien de moins qu'une nouvelle manière de philosopher.
L'ouvrage dont les chapitres de synthèse sont publiés en français, à partir de l'édition espagnole, s'ouvre sur une introduction historique qui désire dépasser l'eurocentrisme et situe la problématique de la modernité à l'intérieur du système-monde excluant la majeure partie de l'humanité. Après avoir critiqué les morales formelles (Kant, Rawls, Apel, Habermas), l'ouvrage propose une éthique sur la base d'une exigence de produire et de développer la vie humaine en communauté. C'est ce qui permet à l'éthicité de prétendre à la bonté. Or, on découvre ceux qui souffrent dans leur corporalité l'impossibilité de vivre. Il s'agit des victimes dont parlent Marx, Horkheimer, Benjamin, Nietzsche, Freud ou Lévinas. C'est en partant des victimes que se construit une éthique de la libération, ou le principe-libération, qui inspire les transformations cherchant la justice. L'ouvrage aborde une série de principes qui s'articulent dans une complexité graduelle, tout en essayant de dépasser les philosophies éthiques contemporaines.
La personnalité et l'oeuvre de Mikhaël Ivanoff dit Omraam Mikhaël Aïvanhov (1900-1986) ont séduit des millions de personnes en quête de spiritualité, sans compter les membres de la Fraternité blanche universelle, mouvement dont il est le véritable fondateur. Assurément le Maître aurait admis, souhaité, peut-être, un débat contradictoire. L'auteur du Maître du Soleil s'est donc risqué à une critique raisonnée de son enseignement, conscient de la difficulté, voire de l'impossibilité de concilier croyance et doute cartésien. Jacques Dussel s'est retiré dans les Landes à l'issue d'une carrière de directeur d'hôpital. En dehors de son activité journalistique, il a publié plusieurs ouvrages dont le dernier en date, Cocosates, a été coécrit avec Michel Ohl, le "least-seller" le plus célèbre de France, disparu en 2014.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.
Malgré des avancées politiques et juridiques en faveur de l'égalité, la progression et la rétention des femmes dans les secteurs traditionnellement masculins demeurent inégales. Comment expliquer les écarts de progression de carrière des femmes dans ces milieux ? Dans les trajectoires de carrière, quels sont les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes ? Quelles sont les pratiques organisationnelles porteuses de changement ? Ce livre présente les résultats d'une recherche multidisciplinaire réalisée sur le terrain auprès d'organisations de divers secteurs. Dépassant l'étude des trajectoires individuelles, cette recherche permet de découvrir les dimensions contextuelles et culturelles des organisations qui influencent les parcours de carrière des femmes et la rétention en emploi. Loin de présenter une recette miracle ou un modèle unique pour corriger les situations inégalitaires au travail, la démarche proposée repose sur un processus dynamique et transformatif visant à répertorier au sein des organisations et de leur écosystème les éléments favorables à une meilleure inclusion des femmes dans différentes professions.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.