Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Lettrés et pouvoirs. Un procès littéraire dans la Chine impériale
Durand Pierre-Henri
EHESS
31,01 €
Épuisé
EAN :9782713209512
Au printemps de 1713, Dai Mingshi, membre de la prestigieuse Académie de la Forêt des Pinceaux, est décapité sur la place publique ; plusieurs autres grands lettrés se voient réduits en servitude tandis que les restes d'un de leurs aînés sont exhumés et dispersés. Louis XIV venait de laisser profaner les tombes de Port-Royal. Mais si les malheurs des Jansénistes nous sont connus depuis longtemps, le grand procès littéraire du règne de Kangxi - le monarque tant admiré des jésuites - n'a guère laissé que quelques échos échappés à l'étouffement de la censure. Pierre-Henri Durand comble ce vide. De sa lecture dans l'entre-deux des lignes de la prose et des vers des lettrés - ces maîtres prolixes de l'allusion et du pondit - il ne tire pas seulement des clés pour le "procès de La Montagne du Sud" il nous offre une perspective sur les élites chinoises et leurs maîtres mandchous en même temps qu'il nous fait réfléchir sur les pouvoirs de l'écrit, de la mémoire et des préjugés. A partir d'un épisode de l'histoire politique, cette analyse propose d'amples ouvertures sur la sociologie et les mentalités des acteurs, proches ou lointains, de ce que l'on appellera selon ses goûts la comédie ou la tragédie du pouvoir dans la Chine impériale. Ce livre n'est nullement destiné au seul spécialiste ; il s'adresse aussi bien à l'historien soucieux d'élargir ses horizons qu'à l'"honnête lecteur" curieux des choses de la Chine
Enfin te voilà. Trois mots. Trois petits mots derrière lesquels se tapissent de grands sentiments. Ceux d'un homme éperdument amoureux qui a décidé de prendre la plume pour le crier haut et fort. Ceux d'un homme perdu sans elle et qui l'implore : "Reviens un instant dans mon présent, tu me consoleras de cette éternité qui n'a pas tenu parole". Ceux d'un homme en perdition, fatigué, tellement fatigué, qui attend avidement le moment des retrouvailles. Sur des sujets forts et ô combien évocateurs, Pierre Durand livre un recueil d'une intensité certaine, porté par un style précis et recherché, mélancolique et néanmoins dynamique, dans la lignée de Des brindilles de nos vies. Tantôt vive et impactante, tantôt douce et tendre, sa poésie est à l'image de la vie.
Louise Michel, née en 1830, était la fille naturelle d'une servante et d'un châtelain. Très vite elle est révoltée par l'exploitation des ouvriers et par la situation faite aux femmes. " Esclave est le prolétaire, esclave entre tous est la femme du prolétaire$ ", écrira-t-elle plus tard. Bientôt, elle va essayer de contribuer à l'émancipation des femmes. D'abord en devenant institutrice " libre " (c'est-à-dire ayant refusé de prêter serment à Napoléon III). Elle s'occupe ainsi de 200 fillettes aux Batignoles. C'est à cette époque qu'elle se lie avec les milieux révolutionnaires. Puis vient la guerre de 1870, le siège de Paris par les troupes prussiennes et la capitulation. Elle participe au soulèvement du peuple de Paris qui proclame la Commune et se lance dans l'action. Volontaire comme infirmière, elle revêt l'uniforme de la garde nationale et se bat pour défendre Paris insurgé. Lors de la semaine sanglante pendant laquelle les versaillais ont massacré des milliers de communards, elle est arrêtée. Devant les juges du Tribunal militaire, au lieu de chercher à minimiser son rôle, elle revendique fièrement sa participation à la Commune. C'est à l'issue de ce procès que son ami Victor Hugo va lui dédier son poème " Viro major ". Condamnée à la déportation vers la Nouvelle-Calédonie, malgré des conditions de détention pénibles, elle s'intéresse à la faune et à la flore, ainsi qu'à la condition des Kanaks et organise une école pour leurs enfants. En 1880, suite à l'amnistie des communards, elle rentre à Paris où elle reçoit un accueil triomphal. Militante infatigable, elle multiplie les conférences, les meetings, les appels à la révolution. A sa mort, en 1905, 120 000 personnes vont suivre son cercueil de la gare de Lyon au cimetière de Levallois-Perret.
Le désir, la passion, l'amour, le souvenir, l'enfance... sont autant de brindilles qui composent nos vies. Judicieusement assemblées par le poète, elles se transforment en un nid douillet dans lequel les vers, libres, tissent soigneusement la toile de notre existence et de notre imaginaire. Tout devient alors possible. Les fenêtres des immeubles ont les yeux chastement baissés tandis que les enfants rêvent de voitures bleues qui roulent à l'énergie la plus renouvelable des renouvelables, les bisous. Avec un style fin et délicatement enlevé, Pierre Durand partage ces petits morceaux de lui, qui, par la magie de la poésie, deviennent instantanément des petits morceaux de nous, aussi.
Résumé : S'il vous plaît de suivre ce guide pour un vagabondage poétique le long des rives du Morbihan, celles du golfe et des presqu'îles qui le bordent, aussi celles d'Hoëdic, de Houat et de Belle-Ile. Là mer et terres et ciels jouent avec le silence et les lumières ; là aussi les arbres, les ajoncs, les bruyères et les aubépines fleurissent les ombrages de leurs senteurs sucrées.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.