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Grain de sable sous le capot. Résistance & contre-culture ouvrière : les chaînes de montage de Peuge
Durand Marcel ; Pialoux Michel
AGONE
23,40 €
Épuisé
EAN :9782748900606
D'autres ouvriers auraient pu écrire cette chronique de la chaîne à Peugeot-Sochaux, que j'ai signée du pseudonyme de Marcel Durand pour ne pas m'approprier cette mémoire collective. Je prenais des notes à l'occasion d'événements marquants: prises de gueule avec le chef, rigolades entre collègues, débrayages, grèves. Je voulais garder une trace de cette vie à la chaîne, décrire l'ambiance du travail. Pour moi. Pour les copains de galère aussi. Pour faire une sorte d'album de famille de la dizaine de vrais copains de la Carrosserie. Huit heures par jour au boulot, ce n'est pas rien. Même si on résiste, la chaîne déteint sur nous. En ville, on continue de courir comme si on était toujours à s'agiter autour des carcasses de bagnoles. On parle fort parce que les machines ne s'arrêtent jamais de nous vriller les oreilles. On laisse des plumes au boulot. Plusieurs copains y ont laissé leur peau. Ecrit par un ouvrier de Sochaux qui a passé trente ans en chaîne, ce livre raconte la vie au jour le jour d'un OS de base. Il montre comment l'usine ne cesse d'exercer sa violence et comment une résistance, à la fois spontanée et organisée, se manifeste sous des formes toujours nouvelles face aux "innovations" du management. La singularité de ce texte tient à ce qu'il nous fait entendre la voix d'un "ouvrier ordinaire", c'est-à-dire celui qui d'habitude n'est pas entendu parce qu'il n'a pas de légitimité particulière pour prendre la parole. L'auteur, Hubert Truxler (alias Marcel Durand), incarne la figure du travailleur récalcitrant, conscient qu'il vaut autant que les autres.
Le 3 septembre 1939, la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Allemagne. Le 8 mai 1945, le représentant de la France reçoit la capitulation du Reich nazi à Berlin, aux côtés des trois " Grands ". Entre ces deux dates : la drôle de guerre, la débâcle, l'armistice, l'Occupation, Pétain, l'État français, la Révolution nationale, la collaboration, la Résistance, de Gaulle, Giraud, le CNR, la Libération ont marqué les étapes d'un effondrement suivi d'un difficile redressement. Aujourd'hui encore, les Français se divisent, les historiens s'interrogent sur cette période de leur histoire qui fut loin d'être uniformément sombre ou glorieuse. Cet ouvrage allie à l'exposé des faits l'analyse des positions prises par les hommes et les milieux dirigeants de l'époque. Il fait le point sur des questions toujours actuelles : les causes de la défaite de juin 1940, les responsabilités de Laval et de Pétain, la nature du régime de Vichy, sa place dans l'Europe hitlérienne, le rôle de la Résistance et de ses composantes. En mettant l'accent sur la vie quotidienne, il accorde au comportement des diverses catégories de la population l'importance dans la construction du destin national que révèle une histoire " vue d'en bas ", à partir d'études locales ou régionales.
Le génie d'un roman est parfois mystérieux. Est-ce l'écriture de son auteur, son thème, la richesse des personnages Il y a de tout cela assurément dans ce livre précieux, La Verrerie. L'apparente modestie du sujet et de ses protagonistes ne rend que plus fascinant le processus du roman. Le portrait de Bèba, cette femme qui se retrouve en charge d'une verrerie artisanale, affligée d'un mari dépressif et de deux vendeurs improductifs - sortes de Bouvard et Pécuchet de la banlieue athénienne -, la force et la résistance qu'elle opposera aux contrariétés de la vie, à ses chutes, sont autant de lignes qui aboutissent à un petit chef-d'?uvre à lire absolument.
Situé au point de rencontre du mont Ventoux, des monts de Vaucluse et du plateau d'Albion, aux confins du Vaucluse, de la Drôme et des Alpes-de-Haute-Provence, le val de Sault constitue un pays original et singulier tant par sa morphologie que par son histoire et le riche patrimoine naturel et architectural qu'il recèle. Des ouvrages récents ont traité de cette région mais aucun n'avait encore utilisé les archives des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle de cet ancien chef-lieu de comté puis de canton. C'est à cette tâche passionnante que s'est consacré depuis quelques années Guy Gérard Durand, dépouillant de manière systématique le fonds d'archives locales - du moins ce qu'il en reste après l'autodafé révolutionnaire des derniers jours de 1793 -, fonds intelligemment rassemblé (et sauvé) à la fin du XIXe siècle par Henri Chrestian, cet érudit dont on ne dira jamais assez ce que Sault lui doit. Cette documentation nouvelle est rassemblée dans ce livre et en fait toute l'originalité. Elle nous apprend beaucoup sur la vie publique et son organisation, du Moyen Age au XXe siècle, dans ce bourg actif et vivant ; sur les retombées des grands mouvements historiques tels qu'ils ont été vécus sur place ; sur l'histoire des édifices publics et privés ; sur les anciens métiers et les associations religieuses ou politiques ; sur les noms de lieux du terroir et les sobriquets de ses habitants ; et sur bien d'autres choses encore ! Puisse ce livre témoigner auprès des habitants du pays de Sault et de ses hôtes de la singularité et de l'identité de cette petite région naturelle, de la richesse de son histoire et de la diversité de son patrimoine
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
Avec les centaines de livres publiés par les combattants pour raconter les tranchées, la Grande Guerre marque l'entrée dans "l'ère du témoignage". Et Témoins est le monument fondateur de la littérature de témoignage. Cette oeuvre majeure de la littérature critique du XXe siècle a fait scandale au moment de sa première publication en 1929, et elle provoque encore aujourd'hui des débats très vifs. Sa manière de mettre au premier plan la simple vérité du témoignage heurte de plein fouet les visions enchantées de la guerre colportées par la littérature. En dressant le témoin face au littérateur de métier, en sommant les historiens de lui faire une juste part, le livre de Norton Cru dérange depuis presque cent ans les règles établies dans le monde intellectuel.