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Du réel
Duportail Guy-Félix ; Benoist Jocelyn
HERMANN
24,70 €
Épuisé
EAN :9782705693503
Le réalisme ou, comme on dit encore, le nouveau réalisme, apparaît aujourd'hui comme l'orientation philosophique dominante dans les discussions et ouvrages de recherche. D'Hilary Putnam à Maurizio Ferraris, en passant par Jocelyn Benoist ou Quentin Meillassoux, le courant réaliste, même s'il recouvre à l'évidence des options et des analyses très diverses, apporte des questions neuves. Après le moment sceptique de la pensée post-moderne, un puissant désir de réalité se fait entendre dans les milieux philosophiques à l'échelle internationale. Il s'inscrit lui-même dans le prolongement de la critique philosophique de la notion de "représentation", telle qu'elle s'est développée aux XIXe et XXe siècles, de Hegel à Foucault. A cet égard, la distinction psychanalytique élémentaire du réel et de la réalité a, de toute évidence, un rôle critique à jouer dans un débat qui ne fait que commencer. Car, au fond, s'agit-il vraiment du réel, ou bien d'un fantasme dans ce qui est visé aujourd'hui sous le nom de réalité ?
Guy-Félix Duportail a voulu poursuivre la conversation entamée par Jacques Lacan et Maurice Merleau-Ponty au siècle dernier. Car il est juste de penser que cet échange amical et critique - où psychanalyse et phénoménologie s'entrecroisaient - n'a pas dit son dernier mot. La topologie des nœuds de Lacan nous aide en effet à saisir la structure spatiale du champ d'être originaire que Merleau-Ponty cherchait à la fin de son œuvre sous le nom d'ontologie de la chair. Inversement, grâce à la phénoménologie archéologique de Merleau-Ponty, la psychanalyse lacanienne se voit débarrassée de son dogmatisme mathématique pour honorer enfin sa prétention philosophique légitime : contribuer à la raison depuis Freud, par-delà l'éclipse des Lumières. Ainsi, si la chair est bien l'autre nom de l'inconscient, sa schématisation topologique ressortit d'une rigueur qui n'a pas à singer l'exactitude des sciences, pas plus qu'elle n'a à proroger le mythe de la conscience pure. Et de le montrer en trois temps : Par le corps de chair, tout d'abord. Où il est montré que le chiasma qui unit le corps au monde est institué par le nouage des trois mouvements fondamentaux de la vie (Patocka) et, au premier chef, celui du narcissisme fondamental de la perception. Par l'amour, ensuite. Où le sentiment se donne comme institué par le ravissement imaginaire et dont la métaphore ouvre la fête des corps. L'amour n'est ni une pathologie de l'âme, ni une idée confuse, mais bien une forme de reconnaissance et de connaissance de ce que l'autre et nous-mêmes avons d'inconnus, notre être même. Par le Nom-du-Père, enfin. Où la négation symbolique caractéristique de la fonction du père découvre ses racines dans les plis archaïques de l'Être sensible Là où l'invisible paternel apparaît : dans la voix ou encore dans la musique. Le corps, l'amour, le Nom-du-père, sont ainsi les premières institutions du monde dans lequel nous vivons, mais que nous sommes toujours tenté d'oublier.
Ce livre de Guy-Félix Duportail explicite le sens et la valeur ontologique de la topologie lacanienne du noeud borroméen. Fonder la psychanalyse sur le seul versant mathématique de la topologie serait en effet une illusion. Si les évidences formelles des objets mathématiques sont riches en exactitude, elle restent cependant pauvres en phénoménalité. Elles ne permettent pas de comprendre pourquoi et comment Jacques Lacan pouvait voir dans les chaînes borroméennes un espace habitable et habité par l'être parlant, comment un corps de chair peut faire noeud avec le monde. Pour parer au risque patent d'une crise de sens de la psychanalyse lacanienne, Guy-Félix Duportail reconduit les idéalités topologiques à leur origine dans le monde sensible, c'est-à-dire dans les mouvements de la corporéité vers ses possibilités d'être, dans la temporalité d'une écriture qui scande la répétition et délivre le sujet des trous noirs de la compulsion. Le noeud borroméen n'est plus alors un espace positif, au-delà de tout point de vue. Il est une spatialité vivante : celle d'un corps en mouvement qui entrecroise le dedans et le dehors, le propre et l'étranger. C'est la donation phénoménologique de la chair qui fonde la topologie du désir et qui nous dévoile l'origine de la psychanalyse.
Lorsque Wittgenstein meurt à Cambridge en 1951, Lacan tient à son domicile parisien un séminaire consacré à l'homme aux loups, l'une des plus célèbres psychanalyses de Freud. L'un a créé une nouvelle manière de penser grâce à ses analyses et descriptions de nos manières de nous débrouiller ou de nous embrouiller avec les mots ; l'autre vient d'entamer un retour à Freud placé sous le signe du langage. Leur rencontre n'aura pas lieu, mais plusieurs années après le décès de Wittgenstein, Lacan s'y référera dans son Séminaire à plusieurs reprises (1966, 1969, 1972). Ces interventions du philosophe dans l'itinéraire de pensée du psychanalyste sont décisives et permettent de faire signe vers une hypothèse : si l'inconscient est structuré comme un langage, alors il doit avoir une grammaire. Selon cette conjecture, le champ commun entre Wittgenstein et Lacan n'est plus délimité par la seule proposition négative de l'absence de métalangage (1969), mais il épouse la forme véritablement positive du concept de grammaire.
Résumé : Après une rupture amoureuse, Judith Duportail s'inscrit sur l'application de rencontre Tinder. Pluie de textos, dizaines d'hommes à ses pieds, ego boosté... Elle jubile. Jusqu'au jour où une information la scandalise : l'application délivre secrètement aux utilisateurs une note de "désirabilité" et les classe en exploitant leurs données personnelles. Autrement dit, Tinder décide pour eux, à leur insu. La journaliste prend alors le pas sur l'amoureuse. Elle se lance dans une recherche qui l'amène à plonger son intimité et dans les rouages des algorithmes... et découvre un document susceptible de faire trembler Tinder. Un livre aussi fascinant pour ce qu'il dit de Tinder que de la place des femmes dans les mécanismes de domination liés à l'amour et à la séduction. Vice. Une enquête racontée à la première personne, déboires sentimentaux et confidences à la clé. Le tout fichant un sacré bazar chez le géant de la Silicon Valley. France Inter. Une enquête édifiante. Le Point.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.