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Indochine de Provence. Le silence de la rizière
Duperray Eve ; Daum Pierre ; Wahnich Sophie ; Wiev
ACTES SUD
22,00 €
Épuisé
EAN :9782330012281
S'il est un récit oublié, grand absent de l'inventaire des "lieux de mémoire", c'est bien le témoignage, encombrant mais bouleversant, des travailleurs indochinois en France de 1939 à 1952. Longtemps, l'histoire a fait silence sur le visage de ces hommes qui rentrèrent chez eux après des années d'exil forcé, sans la moindre indemnisation. Longtemps, personne - dans la littérature ou par le biais de l'image - ne s'est soucié de ces vies brimées et abîmées, de ces existences préemptées et confisquées qui rendent peu disert le corps social, collectif, politique. Près de vingt mille hommes furent ainsi mobilisés par l'administration française au début de la "Drôle de guerre" et dispersés dans les poudreries nationales, aux côtés des ouvrières françaises, astreints aux trois-huit et à la manipulation de produits toxiques. En juin 1940, après la débâcle de l'armée française et la signature de l'armistice, ils furent contraints de travailler au service de la France de Vichy qui loua leur force de travail, en particulier aux Allemands. Ils subirent alors une discipline très dure. Sousalimentés, mal chaussés, mal vêtus, ils récoltèrent le sel dans les salines du delta du Rhône. C'est eux qui façonnèrent le paysage de la Camargue et l'identité de son territoire tels que nous les connaissons aujourd'hui en relançant, à une époque de pénurie alimentaire, une riziculture jusqu'alors peu prospère et peu pratiquée en France. Dans le Vaucluse, le camp de regroupement de Sorgues fut le plus important, avec près de quatre mille internés. Les "indigènes" de Sorgues furent affectés aux travaux agricoles et forestiers, en particulier à Sault, au pied du Ventoux, dans la forêt Saint-Lambert, entre Lioux et Murs, à la scierie de Notre-Dame-de-Lumières à Goult. Ils furent également employés dans les briqueteries de Bollène, les ateliers de cartonnage à Valréas, chez les expéditeurs cavaillonnais... La relation métropole-colonies fut marquée par une injustice profonde qu'encadraient diverses formes d'apartheid, de mises à l'écart, de destitutions, d'iniquités, voire de mépris. L'idée d'une condition humaine commune n'a jamais été admise. Il n'y avait pas d'équivalence entre la vie d'un "indigène" et celle d'un Français. Comment alors assumer le passé qui atteste à ce point de l'effondrement des valeurs humanistes d'une société en dégradant l'image qu'elle se donne d'elle-même? On comprend aisément l'aphasie collective de la France vis-à-vis de ses anciens territoires lointains. Plus d'un demi-siècle après la décolonisation, la mémoire reste tronquée, mutilée, quand elle n'est pas neutralisée ou court-circuitée par cette question érigée en négativité absolue qui paralyse la conscience. L'album-recueil, ouvert sur le récit de ces itinéraires d'exil et sur une parole qui commence à peine à circuler, établit un rapport sensible à l'histoire accepté en tant que tel. Indochine de Provence, le silence de la rizière, interroge la mémoire, l'histoire, l'identité d'un département, le Vaucluse, façonné par les flux migratoires. Il pose les enjeux d'une éthique fondée sur la pensée critique revendiquée comme seule légitime pour traiter des mémoires douloureuses et oubliées du XXe siècle.
Résumé : Bien au-delà des années dites " d'apprentissage ", Henry James (1843-1916), romancier prolixe, trouva dans la forme courte un champ d'expérimentation privilégié. Il lui arrivera même de se la donner pour modèle : " Écrire comme si, à n'importe lequel de ses stades, mon récit devait être une nouvelle. Seul moyen d'avancer et de tout inclure. " En effet, s'il ne cesse de succomber avec délices à la tentation de développer, l'exigence de brièveté répond à un idéal de maîtrise indissociable pour lui de la création littéraire, de sorte que chaque nouvelle tentative vient ressusciter le rêve d'un " triomphe de concision vigoureuse et vivante ", d'un " pouls ou rythme très bref ", d'" un petit joyau à la forme éclatante, rapide, vive ". Au-delà de la forme, les cent douze nouvelles de James, d'ailleurs plus ou moins brèves, répondent à un même souci : " Dépeindre la vie des gens n'est rien, tant que l'on n'a pas décrit leurs perceptions ". D'incise en parenthèse, d'emboîtements en bifurcations, d'hypothèse en analogie, leur lecteur s'engage dans les méandres de la conscience et du texte, guidé par un art où, selon Maurice Blanchot, " tout est mouvement, effort de découverte et d'investigation, plis, replis, sinuosité, réserve, art qui ne déchiffre pas mais est le chiffre de l'indéchiffrable ".
Le Département de Vaucluse a choisi d'organiser une journée d'étude - 1905-2005 ou les Lumières voilées - pour commémorer le centenaire de la Loi de Séparation des Églises et de l'État. Aussi, qu'en est-il aujourd'hui de la laïcité, idéal que l'on dit " voilé ", fragile, voire menacé qui serait de plus en plus contesté par des forces sombres, régressives ? Tandis que les uns voient se multiplier les signes d'une " sortie du religieux ", d'autres, plus nombreux, perçoivent ceux de son réveil et de sa prégnance sur les esprits et sur les États. Qui des partisans de la fin ou du retour avance la thèse la plus plausible ? Force est de constater que notre monde s'organise selon des polarités politiques qui redécouvrent les divisions religieuses. Nous sommes plutôt frappés par la diminution, sur la scène internationale, du nombre des États dits laïques. Il y a comme une coexistence tendue et déchirée entre le politique et le religieux qui ne sont jamais entièrement séparés ni séparables à commencer par notre État français, parangon sans frontières de l'égalité des droits et de la liberté de conscience dont la posture met en évidence bien des paradoxes et des compromis. D'ailleurs, celui qui se veut exemplaire est-il aussi laïque que nous l'affirmons ? Demeure-t-il parfaitement neutre ou est-il interventionniste dans l'organisation des cultes ? Fait-il preuve d'une impartialité et d'une égalité de traitement à l'égard de toutes les confessions ? Que faut-il croire de la menace, ou des manipulations qui en sont faites, du communautarisme, de l'intégrisme, de l'éclatement du tissu social dans un apartheid choisi ou imposé par les uns et par les autres ? Que faut-il penser du discours sur la mise sous tutelle des femmes ou pire de leur sujétion revendiquée ? Sous Les Lumières voilées, il y a donc une multitude d'interrogations qui nourrissent la matière de cet ouvrage consacré au débat fondamental sur l'état de la laïcité en France.
Personnage énigmatique de l'Histoire Sainte, Marie Madeleine traverse comme un emblème notre culture occidentale. Sa beauté, sa séduction, son repentir, ses larmes sur les pieds du Christ qu'elle essuya de ses longs cheveux, le vase de parfum qu'elle répandit, le pardon qu'elle en obtint, sa douleur près de la croix et du sépulcre, sa présence privilégiée à la résurrection, son arrivée en Provence et sa solitude contemplative au désert de la Sainte-Baume en font le modèle de l'amour absolu. La figure de Marie Madeleine fascine : elle est une interrogation sur l'amour, le péché, la féminité et le sacré. Le Musée Pétrarque a organisé un colloque international en juillet 1988 à l'Institut de la Communication d'Avignon conjointement à une exposition : "Marie Madeleine figure inspiratrice dans la Mystique, les Arts et les Lettres" . On appréciera la densité et l'originalité des interventions suscitées par les interprétations passionnées et controversées de l'historie de la Sainte, les voies de recherche amorçant une synthèse interdisciplinaire entre l'image unitaire du Moyen Age, la critique rationnelle de la Renaissance, les contradictions de la période baroque, l'expression de la modernité. Nul doute que la publication des Actes du colloque rencontrera le meilleur accueil en proposant une somme d'études variées et approfondies sur l'exégèse et l'histoire, les traditions hermétiques et mystiques, l'esthétique et la représentation, les aspects analytiques, le mythe littéraire et poétique.
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Une dramatique vérité familiale dévoilée par deux jeunes gens dans une maison-mausolée élevée à la mémoire de ceux qui ont péri dans un incendie. Etrange et obsédant. Prix polar international de Cognac 2010.Notes Biographiques : Né en 1958 à Osaka, Keigo Higashino est l'une des figures majeures du roman policier japonais. Son oeuvre, composée d'une soixantaine de romans et d'une vingtaine de recueils de nouvelles, connait un succès considérable. Plus d'une vingtaine de ses ouvrages ont été porté à l'écran et il a remporté de nombreux prix littéraires dont le prestigieux prix Edogawa Rampo ainsi que le prix du meilleur roman international du Festival Polar de Cognac 2010 pour La maison où je suis mort autrefois. Le Nouveau est son neuvième roman à paraître dans la collection "Actes Noirs".
A bord du Grand Train, puissant, immense, tout de verre et d'acier. En échange de la vie des passagers, un modeste employé accepte de devenir le dépositaire d'un terrible secret : l'emplacement de la clé qui pourrait détruire Dieu. Or, l'Homme craint Dieu et Dieu ne craint que la clé? Terreur, mystère, fantastique, tous les genres se mêlent dans ce voyage hallucinant à travers les zones d'ombre de la foi d'où l'on revient avec une seule certitude : cet écrivain est diabolique. Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7h45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge de sang aux pieds d'un passager. Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la ?Clé? qui pourrait détruire Dieu, détruire surtout la crainte qu'il inspire aux hommes. Flatté, menacé ou manipulé par deux bandes rivales qui se disputent cette boîte de Pandore, Daniel s'immerge dans un univers peuplé d'ombres, traverse des ténèbres et affronte des mythes et des divinités archaïques. Tels Verne, Stevenson ou Lovecraft, José Carlos Somoza conduit ce thriller futuriste vers des terres inexplorées, des continents entourés de marais, des océans contenus dans des cercueils de verre, orchestrant l'éternelle bataille, ici magistralement renouvelée, entre les armées du bien et du mal. De ce voyage hallucinant dans les méandres de la foi, on revient riche d'une seule certitude : ce ?pour ou contre? Dieu qui a forgé notre conscience d'être au monde, cette croyance ou le déni qui règlent nos vies, il faudra admettre qu'ils reposent sur la seule puissance fabulatrice des hommes. Un postulat bâti sur une légende !
Dvorák a cinquante et un ans lorsqu'il débarque sur le sol américain. Il est ébloui par le port de New York, sa rumeur, le brouhaha et les émanations musicales qui s'en élèvent çà et là. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie intégrant partiellement ces éléments. Aussi son oeuvre se colore-t-elle de thèmes inspirés de la musique noire ou indienne, mais également du folklore porté par les immigrants venant des quatre coins de l'Europe, le tout mêlé aux réminiscences de sa vieille Bohème. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine mais, par sa symphonie aux accents pluriculturels, il en cristalise l'esprit, lequel fera école chez Gershwin, Copland, Cage ou Bernstein... La Symphonie n°9 s'imposera vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur et deviendra l'un des monuments de la littérature pour orchestre. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare Sérénade en ré mineur complète l'enregistrement.
Battaggion Victor ; Sarmant Thierry ; Stéfanini La
Véritable voyage dans le monde prestigieux et mystérieux des anciennes cours, ce volume offre à ses lecteurs l'insigne honneur d'être reçu à la cour de Pharaon en Egypte, à celle des empereurs de Chine et du Japon, à celle du roi des rois perse - de Darius au dernier shah d'Iran -, à celles de Rome et de Byzance, de la Sublime Porte, des Grands Moghols indiens, du Vatican, de France bien sûr, mais aussi à celles d'Angleterre, d'Autriche, d'Espagne et de Russie, ou encore dans les royaumes et principautés allemands, scandinaves et balkaniques. Comment elles ont été constituées, comment elles ont évolué, qui les compose - famille, domesticité, dignitaires -, quel est leur écrin - Versailles, Westminster, le Sérail de Constantinople, la Cité interdite de Pékin... -, quels en sont les rites et les usages - le souverain est un être sacré, devant qui la prosternation, "proskynése" en Europe et en Asie, "kow-tow" en Chine, est de rigueur -, quels sont leurs liens ; enfin pourquoi et comment - pour la plupart - elles ont disparu : pour la première fois, les meilleurs spécialistes, réunis par Victor Battaggion et Thierry Sarmant, répondent à toutes ces interrogations et brossent d'une plume alerte et érudite l'histoire de ces cours, tout à la fois instrument et manifestation du pouvoir, de l'Egypte antique à l'Europe contemporaine.
De tous temps, les codes secrets ont été un outil indispensable dans les affaires d'ordre politique, diplomatique, militaire. Ils ont décidé du sort des peuples, des armées, quelquefois des amants... De l'arrestation de Marie Stuart à l'entrée en guerre des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, des messages cachés dans la chevelure des émissaires grecs aux salles de calcul de la National Security Agency, ce livre, aussi excitant qu'un roman policier, déploie une véritable fresque historique. Il nous montre aussi comment la guerre continuelle du codage et du décodage a entraîné des découvertes et des progrès multiples en linguistique, en mathématiques, et, pour finir, dans la mise au point des ordinateurs. Mais surtout, il attire notre attention sur un enjeu capital de notre civilisation. A l'ère des satellites et de l'Internet, jamais la notion de cryptage n'a été aussi centrale dans la protection de la vie privée...
Dès l'assassinat du tsar Alexandre II, les pogroms se multiplient et leurs victimes se comptent par milliers. Son successeur promulgue les Lois de Mai, très répressives envers les Juifs, pourtant étrangers à l'attentat. Entre 1881 et 1914, deux millions et demi d'entre eux fuiront alors la Russie. Evsei-Leib Doubrovsky, né en 1882 à Tshnigoff, au nord de Kiev, se réfugiera en 1905 dans la France des Droits de l'homme. Pour mieux s'intégrer, il francisera son prénom en Léon et, pour parachever son intégration, s'engagera dans la Légion étrangère pour la Grande Guerre. Il mourra en 1928. Son histoire, proche de celle de beaucoup d'émigrés juifs de cette époque, peut sembler banale. Elle est néanmoins singulière, car elle n'est que celle d'un seul homme, qui plus est le grand-père de l'auteur. Tout en relatant la vie de Léon et de sa famille dans le milieu de la confection parisienne, elle s'inscrit dans le contexte général de l'Europe de cette époque, de la Russie tsariste à la France des Années folles, en passant par les bouleversements de la Grande Guerre et de ses conséquences. Mais, pour l'auteur, il s'agit avant tout d'élucider une légende qui a bercé sa vie et dont il n'a réussi à percer le mystère qu'en menant une véritable enquête à partir de témoignages, de documents cachés, de recoupements et de ses propres souvenirs. La forme autobiographique et posthume à la fois fait du récit un roman. La mélancolie du sujet est contrebalancée par un humour sous-jacent, typiquement ashkénaze. Un cahier de 8 pages de photos de famille, plus une carte et un arbre généalogique éclaire cet itinéraire.
Des pèlerinages aux randonnées, des drailles transhumantes aux manifestations politiques, il n'y aura guère eu d'interruption dans la pratique de la marche. La circulation pédestre fait l'homme. Elle est une activité constitutive de l'être humain. Pour en faire l'histoire, Antoine de Baecque part à la rencontre de toutes les formes de marches, et des hommes qui les pratiquent : les peuples et les métiers dont l'identité même semble nomade et pédestre, des Lapons aux Sioux, des colporteurs aux bergers ; les pèlerins, selon toutes les traditions, ceux qui remontent aux sources du Gange ou empruntent le Tôkaidô, comme les marcheurs de Compostelle et de La Mecque. Et si la marche a quasiment perdu ses professionnels, elle a inventé ses praticiens du week-end, ses usagers du temps libre, les randonneurs. Mais l'on chemine aussi en ville, depuis l'apparition des promenades urbaines du XVIIe jusqu'aux " manifs " les plus récentes. Qu'elle permette de mieux vivre, de survivre ou qu'elle soit le support incarné de revendications, la marche a une histoire. Antoine de Baecque, nourri aux sources les plus diverses, déploie ses talents d'historien et de conteur pour offrir un livre profondément original et vivant.