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La baie des singes
Dugrand Alain
GRASSET
20,10 €
Épuisé
EAN :9782246467410
Le véritable héros du roman d'Alain Dugrand, c'est une ville, qui ressemble à s'y méprendre à Marseille : ville fascinante entre toutes, tendre et grecque, orientale, civilisée et française. Et voici Louis Ducasse, attaché de mission, ex-voyageur "seventies" ; et Pierre Rousselin, journaliste rompu à toutes les intrigues de la vie de province. Tous deux nous font pénétrer les arcanes de la ville, au moment où le maire brigue un nouveau mandat. Que de forts en gueule, de fripons hâlés et de politiques circonspects peuplent ce roman ! Puis Auguste Espérandieu, dit "l'Auguste", hâbleur, manipulateur et corrupteur ; et encore Sixte Sacouman, "golden-boy" de retour au pays, prêt à mettre son charisme au service du candidat à la mairie et qui couvrira la retraite anticipée de ses deux amis, Rousselin et Ducasse. Agitation, complots, champ de cannabis cultivé en plein XVe arrondissement marseillais, chasse au thon qui s'achève en tuerie, soirée à l'Opéra qui bascule en meurtre rituel, tout ce petit monde virevolte, les escrocs comme les fainéants, et se rafraîchit à l'ombre du soleil qui toujours embrase la ville.
Il est temps que tu reviennes, n'est-ce pas ? " Lorsque Denis reçoit cette lettre de son père, il se trouve à l'autre bout du monde, dans les Caraïbes. Mais la question ressemble trop à une prière pour être éludée. Denis fait ses bagages. Aimé va mourir. Sans qu'un mot soit échangé, le père demande au fils de lui pardonner et de l'accompagner doucement. Qu'a-t-il donc à se reprocher ? Ce fils de paysan a passé sa vie à surveiller sa lavande et ses truffes, au pied du Mont Ventoux. Parce qu'il s'est rendu sans combattre à l'envahisseur allemand, il est convaincu que son fils le méprise. Aimé et Denis s'aiment. Entre eux, le malentendu est total. Roman conradien, le 14e Zouave peut se lire, à travers les vies croisées d'Aimé et Denis, comme une méditation sur le courage et la violence. C'est aussi un admirable portrait de la Provence, proche et lointaine comme un visage.
Pendant dix ans, Alain Dugrand a sillonné l'Asie centrale, cette zone de fracture où se joue peut-être l'avenir du monde, dans les décombres de l'Empire russe. Mais plutôt que d'asséner de péremptoires synthèses, l'auteur a préféré flâner dans les bazars et les ruelles, s'abandonner à l'inattendu, tendre l'oreille aux mille voix de la rue, sans préjugés ni parti pris. Bien des surprises et des bonheurs, dès lors, attendent le lecteur, des rivages anatoliens de la mer Noire au chaos des nouvelles républiques d'Arménie, de Géorgie et d'Abkhazie; puis deTéhéran, caucasienne et caspienne, jusqu'à Yazd, l'une des plus anciennes cités du monde, d'où sont originaires la plupart des élites chiites de l'Iran théocratique. Avec pour boussole l'histoire des religions et des cent petites communautés qui constituent cet extraordinaire puzzle des confins, Alain Dugrand emporte son lecteur dans la réalité vécue du postcommunisme, rappelle des guerres oubliées, sillonne des paysages grandioses, dresse d'inoubliables portraits. Et, mine de rien, retourne le gant de la géopolitique, nous parle, tranquillement enfin, de peuples qui n'aspirent qu'à la paix et à la prospérité. Au terme de son aventure, Alain Dugrand nous rapproche de cette grande absente des médias occidentaux: les opinions publiques de l'Asie centrale.
Résumé : L'air de rien, le rhum-limonade était plus sec que le mandarin-seltz. C'est le roman de quelques saisons drolatiques en province, à Villeurbanne et ailleurs. D'un côté, un morceau de famille soumis ; de dl'autre, un clan d'aventuriers dominé par l'éclairante figure de Jean la-Gueule-en-or. Entre deux séjours à l'ombre, l'irrégulier se fait placer de coûteuses prothèses dans la bouche. Le récit d'une adolescence qui hésite entre le retrait paisible d'un père " pupille de la nation " et les tribulations d'une tribu brindezingue. A l'époque, on disait encore " classe dangereuse ". Ou " famille tuyau-de-poêle ". Quelles fripouilles que les honnêtes gens ! Dilemme : devenir mouton noir ou loup malin ? Dans la vie comme dans les romans, rien de ce qui était inscrit n'arrive. Notre héros dévie, s'installe en marge, au hasard, dans une parenthèse entrouverte. Cinquante années de rigolades, en se moquant des aléas de l'Histoire, du mol choc des révolutions. Jouant de la paresse, des erreurs d'aiguillage. Voyage ininterrompu avec un amour fou pour la littérature. Rhum Limonade, comme deux petites notes d'une rengaine de Mouloudji : " J'ai pas tué, j'ai pas volé ". Le roman d'un demi-siècle dédié à ceux qui n'auront jamais d'histoire : escrocs, demi-sel, irréguliers. Ecrit dans l'admiration de La Jument verte et des Fleurs bleues. Par l'un des inventeurs de Libération.
Résumé : Dix heures de désert sur une autoroute parfaite, trois voies vides. Pour atteindre Bagdad de Jordanie. A l'horizon, la route spéciale, réservée à la noria des camions-citernes de 40 tonnes. Ils traversent un désert dantesque pour livrer le naphte brut à Amman. Pétrole contre nourriture, selon la Résolution 986 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Foyer de la Mésopotamie, Bagdad vit sa dixième année d'embargo. Une ville et un peuple exsangues dans la série "Carnets d'Orient". A l'affût de la rue, des souks, des palais des kalifes, des mosquées et des universités, rien de politique dans ce Carnet. Mais la grâce, la qualité des êtres rencontrés sur les berges du Tigre, en sirotant du thé, du café à la cardamone ; dans les restaurants bondés à l'heure de la rupture du jeûne, puisque sous Saddam Hussein le ramadan est devenu obligatoire. Régime sec, le vin est interdit à table, tandis que le pays se couvre de mosquées. Nous longerons les palais du "Guide" en nous promenant, par exemple dans les ruines de Babylone... Partout, de gigantesques portraits de Saddam, que les Bagdadis prénomment "Cousin" pour n'en pas prononcer le nom. En forme de résistance passive. A la manière des "choses vues" du père Hugo, dont la fresque orne les murs de l'Université. Un instantané ému d'un peuple et d'une ville épuisés après la guerre du Golf. L'année 2001 marque le dixième anniversaire de l'opération "Bouclier du désert" (7 août 1991). Un livre plein de sensibilité, pour nous faire découvrir un pays et son peuple. Un pays dont nos médias parlent presque tous les jours... mais que sait-on des gens qui y vivent ?
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
L'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer, j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant. Et leurs "morts inhabituelles" ! J'ai essayé de varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du temps perdu, j'ai cherché ce que ce roman n'est pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain ("Green"), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre ("Les Misérables"). Il y a des pour et des contre ("Céline", "La Princesse de Clèves"), certains articles servent à parler d'autre chose que de l'auteur même ("Bourges"), on y rencontre "un des romans célèbres les plus mal écrits de la littérature française". La grande majorité des auteurs est du XXème siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.