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Esthétique et philosophie tome 2
Dufrenne Mikel
KLINCKSIECK
37,00 €
Épuisé
EAN :9782252018484
Les tomes 1 et 2 qui rassemblent une trentaine d'articles le premier, rdition d'un livre qui avait inaugur la Collection d'Esthtique en 1967 sont l'oeuvre d'un philosophe qui a dcouvert dans l'esthtique une voie privilgie vers une philosophie de la nature. Mikel Dufrenne y explore des thmes qui hantent la rflexion contemporaine sur l'art : l'art comme [non-]langage, l'oeuvre comme objet ou vnement, l'criture et le style, le jeu, la perception sauvage, le retour vers l'originaire. Chemin faisant, il rencontre les appareils conceptuels en vogue : structuralisme, smiologie, psychanalyse, marxisme ; il en use, mais avec rserve, sans se laisser sduire ou terroriser ; et c'est en solitaire qu'il poursuit sa route, sans moyens, sans pouvoir. Mais il ne s'y sent pas seul : une esthtique non dogmatique dbouche sur le politique, et il veut tre l'cho de tous ceux qui en appellent un art autre, libr et librateur, joyeux, et qui rvent que la pratique de cet art contribue faire la vie autre dans un monde autre. Mikel Dufrenne n'est pas un philosophe triste. Si vous prfrez Thanatos Eros, ne le lisez pas !
Comment éclairer la familiarité et la distance que l'homme entretient avec le monde ? Cet étonnement traverse La notion d'a priori, qui propose de "prendre à notre compte" ce concept d'abord associé au formalisme transcendantal. Poursuivant les réflexions commencées dans La Personnalité de base (1953), Dufrenne montre que cette notion ne saurait se réduire à son acception formelle : elle se découvre aussi dans une certaine expérience du monde. En considérant les acquis des lectures husserlienne et heideggérienne de l'édifice critique, il dégage une dualité de l'a priori, à la fois objet pour l'homme et sujet pour le monde. Mais où donc situer l'origine de ce dédoublement ? Cette interrogation donne lieu au déploiement d'une réflexion profonde et vivante, qui n'en revient pas au formalisme ou à l'ontologie, mais qui se conclut plutôt par un appel à la poésie, lieu du dévoilement du sentiment de l'originaire. Dans cet ouvrage que Paul Ricoeur qualifiait de "livre à l'écorce dure et à l'amande tendre", Dufrenne témoigne des difficultés auxquelles nous conduit une réflexion sur la notion d'a priori, et par là même de sa fécondité heuristique.
Ecrit par un individu masculin, le livre ne porte pas directement sur la féminité. Il interroge les regards que les hommes, en Occident, ont dirigé sur les femmes. Il questionne les manières dont elles ont été figurées et, le plus souvent, défigurées. À partir de peintures, de sculptures, de discours liés à ces ?uvres, il décrit des images de la femme. Ces figurations constituent souvent des instruments qui instaurent la discorde et parfois la haine entre les sexes, rendent les femmes plus malheureuses et par conséquent briment aussi les hommes. L'ouvrage se présente comme une parodie de dictionnaire. L'article Coupeuses de tête suit l'article Cornes et précède l'article Culotte. Il y a aussi Joueuses, Judith, Labyrinthe, Laurier, Leçon de miroirs, Seins, S?urs, Suicidée de la société, Supplices, Suzy, etc
Une philosophie de l'existence comme celle de Karl Jaspers n'est pas seulement l'itinéraire d'une conscience individuelle ; elle fait appel à d'autres consciences individuelles et tente à l'extrême de communiquer avec elles, à la faveur d'un langage commun. Cette conviction est essentielle dans le dialogue fécond que Mikel Dufrenne et Paul Ricoeur ont entamé avec Karl Jaspers. Depuis que cet essai a été écrit (1947), Jaspers n'a cessé de croître au "firmament des philosophes" du XXème siècle, non seulement à cause de la valeur de sa réflexion philosophique, mais aussi en raison de son intégrité morale. Comme le disent les deux auteurs tout à la fin de ce livre, "il n'est pas indifférent que Jaspers n'ait rien eu à renier de lui-même, et que nous puissions saluer la continuité d'une pensée et d'un destin qui, au fond de l'abîme, restent égaux à eux-mêmes".