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ADAM DE LA HALLE A LA RECHERCHE DE LUI-MEME SUIVI DE SUR LE JEU DE LA FEUILLEE
DUFOURNET JEAN
CHAMPION
29,00 €
Épuisé
EAN :9782745318411
Avec le Jeu de la Feuillée, Adam de la Halle invente le théâtre de la lucidité qui refuse les prestiges de la littérature courtoise, les mythes et les idéaux du passé. D'une exceptionnelle richesse, c'est une expérience de théâtre total, greffé sur la fête populaire, se déployant dans la rue sans qu'il y ait de scène ni de salle. Dans ce psychodrame qui est la matrice du thé âtre comique médiéval, les personnages et l'auteur lui-même jouent des scènes de leur vie quotidienne, cherchant à exorciser les fantasmes d'une société qui s'interroge sur elle-même. Par-delà le côté anecdotique qui existe, il faut y déceler le jeu dramatique du poète dans la ville dont il se sent prisonnier plutôt que le drame d'un poète nommé Adam de la Halle qui règlerait ses comptes avec les siens et les milieux politiques et poétiques d'Arras qu'il juge responsables de sa déchéance.
L'art de Marie de France, essentiellement poétique, est tout en demi-teintes. Pour suggérer une extrême souffrance morale, elle peint un évanouissement ; pour faire entrevoir que le monde ne se limite pas aux choses de la vie quotidienne, elle introduit de loin en loin dans ses récits un personnage surnaturel. Mais elle sait doser les effets de surprise, usant de retenue dans le recours au mystère, l'emploi du pathétique et les effusions du coeur. Si, pour Marie de France, faire bref, c'est dramatiser et signifier, la brièveté a un sens : esthétique, elle est aussi éthique. De récit en récit, narrateur et lecteur sont contraints, par la loi rigoureuse de la brièveté, à partir d'une histoire à chaque fois nouvelle, à un face à face avec le réel de l'existence et à une reprise constante des interrogations auxquelles chaque lai apporte sa réponse, toujours ouverte, à la question fondamentale du recueil, qui est celle du bonheur. Cette quête s'enracine dans la tension entre deux mondes, entre l'ombre et la lumière, entre les figures malheureuses de l'homme-loup et du chevalier-oiseau et les figures lumineuses de Frêne, de Guildehuec et de Guilliadon, entre une forme de déterminisme aveugle qui vous rive à vous-même et une forme supérieure de liberté qui s'origine dans le don à l'Autre. Les pouvoirs en place y sont confrontés aux contre-pouvoirs que l'imagination leur oppose. Quand les pouvoirs sociaux l'emportent, l'imaginaire offre un refuge aux valeurs individuelles ; quand triomphent les valeurs individuelles, le triomphe est imaginaire.
Résumé : Ecrits pour la plupart au XIIIe siècle, les fabliaux sont des contes à rire, des récits courts et sans prétention symbolique, véritable contrepoint et contrepied de la littérature courtoise. Ils racontent, avec un humour tour à tour cynique et tendre, des aventures plaisantes ou exemplaires, et mettent en scène des épisodes de la vie quotidienne médiévale. C'est, ici, l'histoire d'un paysan trompé, là celle d'un savetier se vengeant du prêtre qui l'a fait cocu. Si les femmes n'ont pas toujours le beau rôle ? elles sont avares, mégères et inconstantes ?, elles apparaissent aussi d'une redoutable habileté... Histoires lestement contées où le dialogue anime le scénario, les fabliaux nous invitent à découvrir un Moyen Age déridé et souriant, dont on méconnaît parfois l'existence.