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Lumières N° 30, 2nd semestre 2017 : La circulation des textes politiques de Rousseau en Asie et dans
Dufourmont Eddy
PU BORDEAUX
23,00 €
Épuisé
EAN :9791030001945
A l'heure où les idées démocratiques sont contestées dans plusieurs parties du monde, il n'est pas inutile de s'interroger sur la manière dont elles se sont diffusées. Cette question, qui est sous-tendue par celle de la traduction des textes de la philosophie politique moderne, est un champ largement inexploré en Asie, notamment au sujet de Jean-Jacques Rousseau. Le présent numéro entend explorer la circulation des textes politiques du Citoyen de Genève dans une Asie comprise au sens le plus large, comprenant aussi bien la Chine et le Japon que les mondes arabe et turc, en passant par le Vietnam. L'objectif a été d'analyser la présence des textes politiques de Rousseau non pas comme le produit d'une réception, dans lequel la traduction serait un phénomène évident et mécanique, où les Asiatiques ne joueraient aucun rôle, mais bien comme celui d'une circulation, dans laquelle les intéressés prennent l'initiative et utilisent les textes dans des buts que le décalage entre texte original et traduction contribue à révéler. Ainsi, la circulation des textes politiques relève du "transfert culturel", avec un objectif de démocratisation.
Résumé : Voici, enfin traduit en français, le texte essentiel qui anticipe les débats politiques du Japon moderne. Printemps 1887. Alors qu'un vent de contestation répond à la constitution autoritaire élaborée par le gouvernement d'Itô Hirobumi, Nakae Chômin publie ses Dialogues. Le succès est foudroyant. Son livre met en scène l'affrontement entre le mouvement démocratique et le camp nationaliste. Trois personnages incarnent cette polémique toujours actuelle : le Gentleman occidentalisé, apôtre du pacifisme intégral, le Vaillant guerrier, champion de l'expansionnisme, et le Professeur, arbitre de la dispute. Miroir des ambitions, des doutes et des conflits de l'esprit nippon, cette satire enlevée s'affirme comme un modèle de dialectique. Une ?uvre exceptionnelle devenue un grand classique de la rencontre des civilisations.
Jean-Jacques Rousseau connut au Japon une fortune trop longtemps restée ignorée : en effet, ce pays, le premier en Asie à se moderniser à la fin du XIXe siècle, fut traversé entre 1874 et 1890 par un mouvement démocratique opposé au gouvernement impérial. Aux troubles politiques et sociaux s'ajouta un intense bouillonnement intellectuel car le Japon découvrit alors la philosophie politique européenne, les principes de liberté et d'égalité. Jean-Jacques Rousseau joua un rôle majeur en la matière grâce au journaliste et intellectuel Nakae Chômin (1847-1901), qui, après avoir été un des premiers étudiants japonais en France, consacra tous ses efforts à faire connaître la Révolution française et le Citoyen de Genève, par ses traductions et ses écrits. Nakae Chômin introduisit également des lecteurs de Rousseau aujourd'hui oubliés, tels que Jules Barni, Emile Acollas ou Alfred Fouillée, qui eurent un rôle central dans l'établissement de la IIIe République française et de la laïcité. Cette entreprise de traduction lui permit aussi de formuler une pensée mettant le vocabulaire confucéen au service de l'affirmation des idées démocratiques et de tenter une alliance du socialisme et du libéralisme proche de la synthèse républicaine française. La première vague d'intérêt pour Rousseau au Japon fut donc celle du Rousseau politique, celui du Contrat social et des deux Discours. Le but de cet ouvrage est de présenter ce pan méconnu de l'histoire contemporaine japonaise. L'auteur est le premier à traiter de la présence de Rousseau au Japon, toutes langues confondues, tout en renouvelant l'histoire intellectuelle par son intérêt pour la question de la traduction.
Résumé : Cet ouvrage est le premier à s'intéresser spécifiquement à l'histoire politique du Japon, depuis son ouverture au monde en 1853 à la catastrophe de Fukushima en 2011. Tout au long de cette période, le Japon fait figure de précurseur : premier pays asiatique à établir une constitution et un parlement, à connaître un mouvement démocratique, seule puissance à bâtir un empire colonial. L'ouvrage offre une périodisation nouvelle, qui s'affranchit des étapes usuelles que sont 1868 et 1945 : entre 1853 et 1889, confronté à la colonisation de l'Asie, un coup d'Etat met à bas le régime shogunal, et la répression du mouvement démocratique accompagne la création d'un régime impérial. Les années suivantes sont dominées par l'autoritarisme et une puissance régionale se développe. Entre 1922 et 1955, les partis triomphent et le Japon s'insère dans la nouvelle société des nations, avant que la contestation fasciste l'en fasse sortir et la défaite l'y ramène. Durant les années de haute croissance, le Japon est marqué par le conservatisme du Parti Libéral Démocrate et une diplomatie centrée sur l'Asie, sous la houlette américaine. A partir de 1993, le Japon, puissance mondialisée, cherche un équilibre entre indépendance et maintien d'un lien fort avec les Etats-Unis, alors que l'hégémonie du PLD laisse place à la recherche d'une alternative.
Le conservatisme semble avoir au Japon une force peu commune, si on en juge par la longévité au pouvoir du Parti Libéral-Démocrate et ses liens avec le monde des affaires. Pourtant, alors que le Japon connaît plus que jamais des tensions avec ses voisins, rares sont les ouvrages à en retracer l'histoire. Par sa trajectoire intellectuelle et politique, entièrement vouée à la défense du confucianisme dans la société moderne et à la défense du régime impérial face à la montée de la démocratie, Yasuoka Masahiro (1898-1983) offre les moyens d'en comprendre les idées et les réseaux humains qui l'animent.
Qu'en est il donc aujourd'hui de l'édition littéraire ? Quels sont ses enjeux ? ses soucis ? Quelles sont ses perspectives ? Ce sont là quelques-unes des questions posées à Michel Tournier, Jean Jacques Pauvert, Maurice Nadeau, Paul Otchokovsky-Laurens, Irène Lindon, Raphaël Sorin, Gérard Bobillier et Georges Monti. Pour connaître enfin l'envers du décor éditorial. Pour savoir comment se prépare la rentrée littéraire. Comment se dirige une maison d'édition, un ¦il sur les manuscrits, l'autre sur les comptes d'exploitation... À ces entretiens, inédits, riches d'anecdotes et d'enseignements, ont été ajoutées une étude sur le comité de lecture chez Gallimard, une autre sur le département littéraire des Éditions du Seuil (à partir d'une plongée dans les archives de la maison), de même qu'une réflexion sur les problèmes de la librairie aujourd'hui.
Pour le notaire, la déontologie fonde aussi sûrement sa fonction que les dispositions juridiques qui la décrivent. Elle en est la justification comme la conséquence. Son respect, également partagé, est le ciment de la confraternité et par là même de l'union de la profession. Sa promotion assure au citoyen la solidité comme l'équilibre du contrat établi ou du conseil prodigué par l'étude. Sa description permet à chaque notaire ou à celui qui aspire à le devenir, de confronter à tout instant son action aux principes qui doivent la guider. C'est assez dire l'importance de l'ouvrage de référence de notre confrère Gilles Rouzet, enseignant à la Faculté de droit de Bordeaux, qui en propose aujourd'hui une nouvelle édition aux étudiants comme à tous les notaires. Le lecteur ne pourra qu'être sensible à l'exceptionnelle qualité du travail accompli, et la profession toute entière y puisera un puissant motif de confiance. (Hubert Gence, Président honoraire du Conseil supérieur du notariat.)