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LE ROMAN EST UN SONGE
DUFOUR PHILIPPE
SEUIL
26,40 €
Épuisé
EAN :9782021011722
La vocation du roman est de donner à penser. Prodigue en détails qui laissent songeur, il en dit à la fois trop et trop peu: il esquisse et esquive la pensée. Son langage consiste en idées esthétiques, non en concepts: suggestives, impossibles à circonscrire, comme ouvertes sur l'incertain. La fiction se méfie du discours de la vérité. Le XIXe siècle français représente de ce point de vue un tournant dans l'histoire du genre, le moment où se manifeste son essence: le romancier, bon gré mal gré, renonce à la pensée catégorique. Alors que, dans un tourbillon d'idéologies en concurrence, s'édifie le monde nouveau de la société démocratique, le roman explore "le présent qui marche", comme dit Balzac. Il s'interroge sur la place de l'homme dans cette société mouvante, sur ses désirs et ses angoisses. Pour ce faire, il se renouvelle lui-même: apparaissent le roman intime, le roman historique, le roman réaliste. Face au discours spécialisé du savant, du psychologue, du sociologue, de l'historien (de Maine de Biran, de Tocqueville, de Michelet, par exemple), le romancier se pose en "docteur ès sciences sociales", cherchant à saisir le réel dans sa complexité - et avouant sa perplexité. Le roman donne à penser, mais ne prétend plus instruire. Tel est le paradoxe de la pensée romanesque: à la fois prolixe et sceptique.
Racontant des histoires, Flaubert sonde le langage : il écrit l'histoire des langages de son temps (le langage de la science, de la religion, du politique, comme la conversation quotidienne), et dit leur faillite ou leur vide désespérant.
C'est un essai à partir de l'opposition que fait Balzac entre ce qu'il appelle la littérature des Idées, qui prévalait au XVIIIe siècle, et la littérature des Images, qu'il voit se dessiner au XIXe siècle. Philippe Dufour interroge cette dernière notion et montre que le vide métaphysique qui s'installe au XIXe siècle (Dieu est mort) donne lieu à un nouveau rapport au monde sensible, à la Nature (sachant que Dieu n'y est plus lisible) et au langage ainsi qu'à de nouveaux régimes de l'analogie, du symbolisme, etc. Il revisite dans cette perspective les différents mouvements littéraires du XIXe siècle, romantisme, réalisme, symbolisme, à travers des auteurs comme Lamartine, Baudelaire, Flaubert, Maupassant, Laforgue, Verlaine, Rimbaud, etc. , mais aussi à travers la littérature et le lied allemands, des aperçus sur la littérature anglaise, portugaise, la peinture d'un K. D. Friedrich ou d'un Maurice Denis, etc. En bref, c'est à la fois de l'histoire culturelle (européenne) et de la poétique, d'un très haut niveau. Des microlectures à la Jean-Pierre Richard se combinent avec de grandes synthèses très convaincantes, car Philippe Dufour a le sens du raccourci synthétique et de la formule bien frappée. Il a une belle écriture, vive et élégante, et non dénuée d'humour.
Dufour Philippe ; Mozet Nicole ; Borderie Régine ;
Résumé : Balzac géographe pense le territoire. Il y mesure les changements de l'Histoire, les transformations économiques, les évolutions sociales. Historien des m?urs, Balzac repère aussi les petits territoires, fabriqués par des castes qui y affirment leur identité en excluant les intrus, occupés, eux, à en contester la clôture. On sait que l'auteur de La Comédie humaine, entre éthologie et sociologie, aime, à comparer les espèces sociales et animales. Aussi fallait-il la diversité des spécialistes ici réunis et la multiplication des points de vue pour cerner cette représentation complexe, qui va de la stratégie militaire à celle du boudoir, dans un va-et-vient constant entre espace public et espace privé. Tous les textes de Balzac ou presque, se trouvent convoqués, à commencer par l'Avant-propos, en confrontation avec les discours scientifiques de Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Malte-Brun ou Humboldt. Presque tous les romans : des Chouans, " scène de la vie militaire ", à La Recherche de l'Absolu et à Séraphita, d'Albert Savarus au Curé de village et au Médecin de campagne, d'Une passion dans le désert à la trilogie provinciale des Célibataires - Pierrette, Le Curé de Tours, La Rabouilleuse. Paris, lieu de pouvoir par excellence, est omniprésent, car cette géographie est politique.
Chacun de nous, dit un proverbe chinois, va se coucher chaque nuit auprès d'un tigre. On ne peut savoir si, au réveil, il voudra nous lécher ou nous dévorer. C'est une belle image de la relation que nous avons avec nos propres limites. Mais ce tigre peut-il devenir un sage? Il faudrait qu'il cultive son adresse et approfondisse ses connaissances. À cet égard, on pourrait lui conseiller de lire ce livre. Il y prendra connaissance des trois principales traditions qui nous proposent des stratagèmes pour atteindre nos objectifs: la tradition grecque de l'intelligence rusée (celle d'Ulysse), l'art chinois de la guerre, et la rhétorique de la persuasion, des Sophistes à Pascal. De ces stratagèmes, Giorgio Nardone s'est efforcé de saisir la structure, car ce ne sont pas de simples recettes à copier, mais des principes à partir desquels on peut construire des interventions particulières. Ils nous aideront à surmonter les obstacles et à dénouer les inextricables enchevêtrements de la vie avec une élégance. toute orientale et, pourquoi pas? un brin de légèreté Biographie: Giorgio Nardone, psychothérapeute, psychologue, dirige le Centre de thérapie stratégique d'Arezzo (Italie) et enseigne la psychologie clinique à l'université de Florence. Il est l'un des principaux représentants de la thérapie brève stratégique, dans la lignée de l'école de Palo Alto. Auteur notamment de L'Art du changement (L'Esprit du temps, 1993) et de Stratégie de la thérapie brève (Seuil, 2000), écrits en collaboration avec Paul Watzlawick
Résumé : Il s'agit de la réédition en un volume des trois tomes de l'ouvrage Soulages, L'Ouvre complet, Peintures ; t. 1 (1946-195) ; t. 2 (1959-1978) ; t. 3 (1979-1997), de Pierre Encrevé. Le volume reprend intégralement le texte qui accompagnait les reproductions des 1 174 toiles référencées du catalogue raisonné des peintures sur toile de Pierre Soulages. Cette édition est augmentée d'un nouveau chapitre consacré à la période 1997-2006, années durant lesquelles Soulages a peint plus de 130 nouvelles toiles dans un renouvellement continu de son travail. Ce texte retrace l'oeuvre de Soulages : l'analyse des toiles produites, les différentes techniques développées et leur évolution, ainsi que sa réception critique et sa diffusion nationale et internationale. Le texte est accompagné de 120 reproductions choisies pour illustrer les analyses proposées et offrir un panorama complet des peintures de Soulages. C'est l'étude la plus complète sur l'oeuvre de ce peintre majeur. Pierre Encrevé, professeur de linguistique à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est aussi le spécialiste incontesté de l'oeuvre de Soulages. Il publiera à l'automne 2007, au Seuil, des Entretiens avec le peintre dont il est un ami proche depuis trente ans.