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Loin des yeux près du coeur. Les Etats et leurs expatriés
Dufoix Stéphane ; Guerassimoff Carine ; Tinguy Ann
SCIENCES PO
32,50 €
Épuisé
EAN :9782724611472
Les expatriés - citoyens de seconde zone, voire traîtres à la patrie -, souvent privés de tout ou partie de leurs droits politiques, furent, aux XIXe et XXe siècles, les enfants pauvres de la nation. Depuis une trentaine d'années, à la faveur des évolutions du système migratoire mondial et des transformations technologiques permettant des relations à distance, les migrants conservent plus de liens avec leur pays d'origine. Ils participent ainsi activement aux débats sur la définition ou la redéfinition de la nation et favorisent la formation d'un espace transétatique de négociation pour la satisfaction de leurs revendications en termes de nationalité, de représentation politique, etc. Loin des yeux, ils se situent désormais plus près du coeur de la nation. Nombre d'Etats, émergents et développés, mettent en oeuvre des politiques de lien avec leurs ressortissants à l'étranger. C'est précisément l'intérêt de cet ouvrage novateur que de présenter, à partir d'une quinzaine de pays, un panorama de ces transformations anciennes et contemporaines.
Résumé : L'exil est devenu un thème à la mode. Pourtant, l'étude des activités politiques menées par des émigrés contre le régime en place dans leur pays d'origine est rarement entreprise. C'est l'objet central de ce livre à partir du cas des Hongrois, des Polonais et des Tchécoslovaques en France de 1945 aux années 1990. Cette politique d'exil s'inscrit dans un espace politique transétatique fonctionnant en dehors du pays d'origine. Cet espace, qui est à la fois un champ de luttes et un champ de forces, rassemble des individus et des groupes s'affrontant pour la représentation à l'étranger de leur peuple ou de leur nation. L'auteur propose un nouveau concept pour désigner cette arène politique si particulière : l'exopolitie. L'exopolitie obéit à deux logiques contradictoires que tentent de concilier les groupements exilés : la continuité et le décalage. La première est un impératif politique pour légitimer la lutte à distance. La seconde est un impératif de réalité leur rappelant que le pays continue d'exister sans eux. Mais la mise entre parenthèses du temps et de l'espace ne va pas sans risque, y compris quand le retour au pays devient possible. Envisagé comme un objet de recherche inédit, l'exopolitie permet de repenser certains thèmes fondamentaux de la sociologie politique : la politisation, la légitimation, la formation des identités et des règles du jeu politique.
Que se passe-t-il quand cessent l'esclavage et la colonisation? Une approche spontanée laisse à penser que les discriminations disparaissent en même temps que leur interdiction ou leur suppression officielles. Pourtant, l'étude comparée des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni montre que, pendant des périodes très longues, des traces de l'esclavage et la colonisation perdurent dans les pratiques, les statuts et les représentations associées dans nos sociétés contemporaines aux descendants d'esclaves ou de colonisés. Pour la première fois en français, cet ouvrage tente ainsi de dresser un panorama mosaïque des expériences d'esclavage et de la colonisation, de leur suppression, mais aussi de leur impact aujourd'hui en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni, à travers leur persistance dans des institutions, des représentations ou des politiques publiques. Il s'appuie sur une vingtaine de contributions des meilleurs historiens, sociologues, anthropologues, géographes et politologues de ces trois pays. De la philosophie des Lumières aux politiques de réparation, ils dessinent une histoire aussi riche que complexe de ces traumatismes historiques.
Résumé : Ce livre est le récit de l'aventure extraordinaire qui a conduit Pierre Rabhi, au début des années quatre-vingt, à la rencontre du Burkina Faso, où il a enseigné ses méthodes d'agroécologie auprès des paysans les plus pauvres. Cette expérience lui a permis de mettre en regard la désertification des sols et celle de l'âme. Il appelle à une évolution des consciences pour que l'être prenne le pas sur l'avoir. Les pénuries et les famines ne peuvent être une fatalité alors que notre planète recèle de quoi satisfaire les besoins de l'ensemble de l'humanité. Véritable hymne à la vie et à la terre-mère, L'offrande au crépuscule a reçu le prix des Sciences sociales agricoles du ministère de l'Agriculture en 1989". L'avenir est plus que jamais au respect du vivant, avec un humanisme construit sur la solidarité des êtres humains".
Résumé : " Décolonial " ou " décolonialisme " : des mots omniprésents dans le débat public français, mais dont le sens réel et la portée heuristique semblent ignorés ou instrumentalisés. Ce nouvel opus de la collection Le mot est faible permet d'y voir plus clair. Depuis quelques années, les mots " décolonial " et " décolonialisme " ont fait leur apparition dans le débat public français : dans les tribunes, discours, essais ou encore éditoriaux divers. Ils y occupent une place très particulière, celle du mot qui divise en prétendant défendre l'unité, celle du mot qui agit en prétendant se contenter de décrire, celle de la victime contre l'ennemi qui menace. Comme nombre de titres de la collection Le mot est faible, l'objectif de l'ouvrage est de réussir à tenir ensemble et à montrer dans leur complexité, dans un essai très argumenté, les transformations de la visibilité de certaines approches épistémiques contre-hégémoniques à l'échelle mondiale (le mouvement décolonial n'étant pas le seul existant, mais sans doute l'un des plus repris actuellement dans d'autres régions du monde, notamment en raison de son affinité sémantique avec l'idée de décolonisation) et les logiques de résistance - politiques et intellectuelles - qui s'exercent en France à l'égard de ces transformation en raison de l'homologie discursive entre la défense de l'universalisme républicain et la défense de l'universalisme scientifique dans une version calquée sur le " point de vue de nulle part ". L'ouvrage ne vise pas à s'engager pour ou contre telle ou telle approche. Il essaiera non pas de rester neutre, mais de plaider pour un engagement académique (peut-être plus assumé que l'engagement intellectuel qui se pratique au nom d'idées universelles sans dire son nom propre), tout à la fois réflexif et situé, attentif à saisir à quel point et de quelle manière l'ethnocentrisme - pas seulement eurocentré - invite au binarisme pour mieux essayer de réfléchir aux conditions de possibilité de l'instauration d'un dialogue scientifique plus large, ouvert au(x) monde(s) et à une forme d'universalité différente (qu'on l'appelle " pluriverselle " ou tout simplement " plurielle ")
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.
Résumé : La pratique diplomatique a connu plusieurs mutations majeures : elle n'est plus l'apanage de l'Etat et de ses agents, elle use d'instruments d'une technicité croissante, elle investit de nouveaux territoires de négociation. Ces changements ont suscité un regain d'intérêt pour l'analyse de la scène diplomatique par de nombreuses disciplines, de la science politique des relations internationales à l'histoire, en passant par la sociologie. Premier Manuel de diplomatie en langue française, cet ouvrage aborde toutes les dimensions de l'institution diplomatique au XXIe siècle, en la situant dans son évolution historique et en présentant ses aspects classiques comme ses nouvelles formes d'expression. Le livre s'organise en trois parties : vecteurs : bilatéralisme, multilatéralisme, négociation et médiation, nouvelles technologies de l'information et de la communication, diplomaties de clubs et de groupes, paradiplomatie, rituels et protocole ; acteurs : Etat, organisations intergouvernementales, régions (sub- et supra-étatiques), parlements et collectivités territoriales, individus ; secteurs : culture, entertainment, environnement, économie et entreprise, expertise, défense et humanitaire.
Destiné aux étudiants et aux enseignants en relations internationales et en science politique, ainsi qu'aux diplomates et aux journalistes, cet ouvrage se propose d'éclairer la compréhension du monde contemporain à partir des théories des relations internationales. Pédagogique et exhaustif, il rappelle l'environnement intellectuel et historique de cette discipline, présente ses principaux paradigmes, concepts et débats structurants, avant de s'interroger sur les liens entre théorie et pratique, sur les défis que posent les mutations de ce début de XXIe siècle et sur l'état de l'art en France. Chaque chapitre est accompagné de bibliographies commentées qui, jointes à la bibliographie générale, renvoient le lecteur aux textes fondamentaux et de seconde main qui compléteront ce tour d'horizon. Actualisée, cette sixième édition met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.