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LA METEOROLOGIE EN FRANCAIS AU MOYEN AGE (XIIIE-XIVE SIECLES).
DUCOS JOELLE
CHAMPION
77,00 €
Épuisé
EAN :9782852036741
L'homme médiéval a été fasciné par le ciel : ciel astronomique où se dessine le cours régulier des planètes, mais aussi ciel météorologique où l'arc-en-ciel, la pluie et le vent troublent la pureté de l'azur et surgissent pour disparaître aussi vite. Pourtant le discours météorologique du Moyen Age reste méconnu alors que, loin des superstitions, il tente une explication rationnelle de l'éphémère à l'aide de la méthode aristotélicienne. Cet ouvrage veut justement en montrer l'élaboration et les thèmes privilégiés. Météorologie scientifique et donc latine, commentaire des deux traductions médiévales des Météorologiques d'Aristote, elle intègre des développements originaux : on voit ainsi comment, dans une rencontre entre des savoirs multiples est justifiée l'apparition du vent ou de la pluie et comment l'observation du réel devient un élément du raisonnement scolastique. Mais l'originalité principale de la météorologie médiévale est sa diffusion précoce en français : traduction française du traité aristotélicien, encyclopédies multiples contribuent à vulgariser les idées scientifiques. Les clercs nomment, classent, déterminent les phénomènes atmosphériques. Leurs recherches lexicales sont autant de tentatives de fixer l'air en mouvement dans des désignations multiples. Dans cette confrontation entre savoirs et imaginaire, le phénomène météorologique n'est plus seulement un signe de Dieu, mais un objet naturel que l'on peut décrire.
En 1911, Ferdinand Brunot, connu par son Histoire de langue française, fonde avec Emile Pathé, des "Archives de la parole", pour enregistrer et conserver des réalisations orales sur le territoire français, ce qu'il fait les deux années suivantes en 1912 et 1913 dans les Ardennes, le Berry et le Limousin. Il s'agit là d'un témoignage particulièrement précieux sur les langues de France, constitués aussi bien d'interviews que de chansons, que la BnF met à disposition des chercheurs comme du grand public. Ces enregistrements, qui intéressent aussi bien les linguistes que les musicologues, révèlent les variations du français à un siècle de distance, son caractère à la fois proche et lointain, ainsi qu'une méthodologie innovante, fondée sur une technologie en émergence, dont s'inspireront plus tard phonologues, dialectologues, ethnomusicologues. Les regards croisés de linguistes et d'ethnolinguistes mettent en évidence les facettes de ces Archives et en particulier les pistes de recherche qu'elles ouvrent pour l'histoire du français.
Que disent les corps des contemporains de Rembrandt et Vermeer, tels que nous les voyons sur les images parvenues jusqu'à nous ? Les tentatives pour élucider les rapports entre l'apparence extérieure des personnes et leurs émotions, l'idée même qu'elles se font de leur intériorité, se multiplient chez les historiens du XVIIe siècle hollandais. Le Siècle d'or adopta, en effet, mais pour le transformer, l'héritage d'Érasme et de Castiglione quant à l'éducation et au comportement souhaitable des élites. C'est un pan entier de la culture hollandaise qui est en jeu : il s'agit rien de moins que du problème de l'étiquette en république. La nudité et sa représentation en peinture forment-elles, à cet égard, un champ clos ? Le fait que des écrivains hollandais du Siècle d'or, fustigeant l'immoralité du regard porté sur la peinture, aient pris pour exemple la figure biblique de Bethsabée, alors présentée comme suprême tentatrice, n'est pas à sous-estimer... Bethsabée tenant la lettre du roi David, nu grandeur nature peint par Rembrandt en 1654, peut et doit être abordé à la lumière de ces valeurs. En quoi la toile du Louvre se démarque-t-elle justement des représentations traditionnelles de l'histoire de David et Bethsabée ? Pour le comprendre, cet ouvrage tâche de situer la Bethsabée dans la quête artistique du maître d'Amsterdam. Or, cette quête n'est compréhensible qu'après avoir identifié les préjugés voilant le tableau à nos yeux : mythes nés au XIXe siècle sur Rembrandt, sa vie et son génie, mais aussi présupposés actuels sur le corps féminin. Comment donc accéder à la beauté et à l'éloquence de cette peinture religieuse ? Savons-nous encore l'admirer ?
Résumé : La littérature du Moyen Age est réputée pour son orientation didactique. Cette orientation a produit certains de ses chefs-d?oeuvre, comme le Roman de la Rose, dont la partie attribuée à Jean de Meun s?autorise de la fiction allégorique et romanesque de Guillaume de Lorris pour diffuser un grand nombre de connaissances encyclopédiques passées au crible d?une pensée. Les prologues des oeuvres narratives répètent à l?envi que celui qui possède un savoir ne doit pas le garder pour lui, mais le divulguer largement. Trois voies s?ouvrent pour cette divulgation : la voie didactique pure (celle des traités, traduits ou non du latin), la fiction scientifique (conçue ad hoc, généralement en recourant à la technique de l?allégorie), et l?insertion de savoirs dans des oeuvres de fiction. Des savoirs nouveaux peuvent venir irriguer des fictions romanesques, comme on le voit dans des proses de la fin du Moyen Age qui entraînent leur héros vers des terres mises à la mode par les récits de voyages et donc par les savoirs géographiques nouveaux. Ce sont ces problématiques croisées que ce volume veut approfondir sur une longue durée couvrant le Moyen Age et la Renaissance, dans l?esprit d?une continuité et non d?une rupture, en montrant que la sensibilité aux découvertes constitue un mouvement de fond qui produit des efflorescences dès l?émergence de notre littérature en langue vulgaire et qui entretient des rapports complexes avec la fiction, qui ne sont pas des rapports d?opposition, et qui demandent à être décrits et mis en lumière.
L'histoire du français, comme celle de toute langue, est, par nature, de l'ordre du continu, ce qui rend délicate l'assignation de bornes et d'étapes exprimées dans les termes d'une chronologie précise. Néanmoins les linguistes distinguent volontiers le français médiéval - celui qui, sur le territoire de la langue d'oïl, s'inscrit dans l'espace gallo-romain - du français classique, moderne ou encore contemporain. En son sein, la distinction de l'ancien et du moyen français souligne des étapes dans le développement phonétique, morphologique, syntaxique et lexical de la langue. Joëlle Ducos et Olivier Soutet nous invitent à comprendre la formation de la langue française depuis 842 et les Serments de Strasbourg (premier texte officiel écrit en langue romane) jusqu'à l'imprimerie. Ils nous montrent ainsi comment une langue à visée standardisante émerge peu à peu de la diversité des dialectes.